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Différence entre le travail sur la colère et la patience

Rédigé le Lundi 22 Octobre 2018
La question de David P.

Bonjour,

En quoi le travail sur la patience diffère-t-l du travail sur la colère ?

La réponse de Rav Emmanuel BOUKOBZA
Rav Emmanuel BOUKOBZA
169 réponses

Chalom,

Pour répondre à votre question, il est nécessaire dans un premier temps d'éclairer les différents contextes où la patience est utile. La patience est une qualité dans certains contextes, notamment dans un contexte éducatif et familial, au sens où elle vous permettra d'avoir une relation sereine avec vos frères et sœurs, vos parents, vos élèves ; elle vous permettra aussi de gérer avec sérénité vos relations avec vos amis. Dans une large mesure, la patience vous permettra aussi de développer vis-à-vis de vous-même une relation sereine.

En clair, il s'agit de vous adapter à votre entourage et de ne pas avoir d'attentes démesurées vis-à-vis d'eux. Il en est de même dans votre relation vis-à-vis de votre personne ; la patience vous évitera de sombrer dans une forme de dépression que pourrait engendrer un sentiment trop intense de déception. Concrètement, cela vous impose de recourir à deux notions, Emouna et Bita'hon (foi et confiance en D.ieu).

Emouna au sens où vous devez être conscient que l'entourage dans lequel vous vivez a été voulu et mis en place par D.ieu. Il constitue votre milieu naturel et le cadre idéal de votre progression spirituelle ; cadre idéal ne rimant pas forcément avec facilité.

Bita'hon parce que vous devez mettre votre confiance en D.ieu, sachant que vos succès ou vos échecs éventuels dans vos relations interpersonnelles ainsi que votre courbe de progression dans la vie dépendent de D.ieu.

La colère, quant à elle, est un grave défaut implanté en l'homme et qui est la conséquence d'une vision déformée de la réalité. Nos Sages comparent la colère à de l'idolâtrie (Chabbath 105b), car l'homme qui se met en colère est victime d'une illusion d'optique : il oublie que son emprise sur le monde est très limitée et ne supporte pas que l'on en vienne à contredire sa volonté. En quoi est-ce de l'idolâtrie ? C'est parce qu'il oublie momentanément que le monde a un Maître, le Créateur de l'univers, et que Seul ce Créateur peut réaliser Sa volonté de manière absolue. Nous autres, simples créatures, ne pouvons que constater nos insuffisances et nos déficiences.

Une fois ces notions définies, le travail sur la patience ainsi que sur la colère devient parallèle et nous amène à développer notre humilité ; l'humilité est une qualité majeure puisqu'elle amène à la crainte de D.ieu, ainsi que le dit le verset : "A la suite de l'humilité (se trouve) la crainte de D.ieu" (Michlé 22,4). Quand la Torah veut nous décrire la grandeur de Moché Rabbénou, elle ne trouve pas de définition plus pertinente que celle-ci : "Et l'homme Moché était le plus humble parmi les habitants de la terre" (Bamidbar 12,3).

Le Ramban (Na'hmanide), dans sa célèbre lettre, développe longuement ce thème et explique que l'humilité est la clé du service authentique de D.ieu et que celui qui s'enorgueillit et se croit supérieur aux autres créatures, rejette le joug de la royauté Divine.

En conclusion, je vous conseille de lire quotidiennement la lettre du Ramban (Iguéret Haramban) et d'intégrer ses profondes leçons qui vous permettront, avec l'aide de D.ieu, d'acquérir l'humilité, de vous éloigner de la colère et de faire preuve de patience vis-à-vis de votre entourage et de vous-même.

Mékorot / Sources : Rav Moché Ben Na'hman.
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