Bonjour,
Suite à une vidéo qui circule actuellement sur les réseaux sociaux, dans laquelle une commerçante exprime de manière particulièrement désobligeante son agacement face au comportement de certaines familles venues passer leurs vacances dans son village, que peut-on dire de cette situation ?
Au-delà du contenu de ses propos, ne devons-nous pas nous interroger sur l’image que nous donnons de nous-mêmes lorsque nous séjournons dans des villages ou des lieux de vacances où les habitants ne sont pas habitués à voir des familles religieuses, et sur l’importance d’adopter en toutes circonstances une conduite exemplaire, respectueuse et digne de la Torah ?
Merci à vous.
Bonjour,
Oui, il s'agit d'un sujet d'une grande importance et qu'il faut, enfin, traiter sans plus tarder.
Où que nous soyons, dans une rue, un hôtel, un parc, un immeuble, un pays, nous portons un Nom qui n’est pas le nôtre : celui d’Hachem et de Sa Torah. Chaque geste que nous posons en public devient, qu’on le veuille ou non, un témoignage sur ce Nom. C’est une responsabilité immense, mais c’est aussi un honneur.
Nous avons souvent des familles bien plus nombreuses que la moyenne nationale. C’est une bénédiction qui a un prix : plus de passages, plus de bruit, plus de consommation, plus de mouvement, et donc, mécaniquement, moins de contrôle sur chaque détail.
Ce constat est vrai, mais il ne doit jamais devenir une excuse.
Une famille nombreuse n’est pas un prétexte pour être moins soigneux, moins poli ou moins attentif : c’est, au contraire, un appel à redoubler d’exigence.
Ce que cela veut dire concrètement
Le Kiddouch Hachem se joue dans les détails du quotidien :
La propreté des lieux que l’on emprunte. Une salle de fête, un hall d’hôtel, un jardin public : un papier ramassé, une table débarrassée… Ce sont des gestes qui parlent plus fort que des discours.
Le respect du mobilier et des biens que l’on met à notre disposition. Chaises, tables, salles, halls, appartements de vacances : ce que l’on nous prête mérite un soin encore plus grand !
La politesse envers ceux qui nous accueillent. Un mot gentil pour le personnel d’un restaurant, d’un hôtel ou d’un magasin ; de la patience dans une file d’attente ; un sourire plutôt qu’une remarque sèche. Ces petits gestes construisent, jour après jour, l’image du peuple de D.ieu.
Le soutien aux petits commerces locaux. Plutôt que de toujours privilégier les grands supermarchés, prendre le temps d’acheter chez le commerçant du coin, c’est aussi une façon de montrer que nous nous inscrivons dans la vie de l’endroit où nous nous trouvons et que nous en comprenons les enjeux.
La discipline avec les enfants, sans dureté ni laisser-aller. Leur apprendre, avec amour, à respecter un lieu et à dire merci, c’est leur transmettre, en même temps que la Torah, le sens du Kiddouch Hachem.
La vigilance de chaque parent à l’égard de ses propres enfants. Ce n’est pas au voisin, au personnel de l’hôtel ou aux autres familles de surveiller nos enfants à notre place. Chacun est responsable des siens : on ne les laisse pas livrés à eux-mêmes, on sait où ils sont et ce qu’ils font.
Concrètement, au quotidien : on ne crie pas, on ne double pas dans une file d’attente, on n’interrompt pas une activité en cours. Ce sont des détails, mais ce sont eux qui font la différence entre une présence respectée et une présence subie.
Derekh Erets Kadma LaTorah
Nos Sages nous l’enseignent : la politesse, le savoir-vivre et le respect d’autrui précèdent la Torah elle-même. On ne peut pas prétendre incarner la Torah si l’on néglige la Derekh Erets qui en est le socle.
Regarder la réalité en face, sans naïveté ni découragement
Nous savons aussi, avec lucidité, qu’une partie du monde ne nous aimera jamais et cherchera toujours des raisons de nous cibler, quoi que nous fassions. Ce n’est pas une raison de nous cacher ni de renoncer à ce que nous sommes. Nous devons rester fiers de notre identité. Les vacances et les moments de détente ont toute leur place et sont même nécessaires.
Mais c’est une raison supplémentaire de ne jamais offrir, par notre comportement, un prétexte facile à ceux qui n’attendent que cela. Être fiers de ce que nous sommes et être irréprochables dans notre conduite ne sont pas deux exigences contradictoires : ce sont les deux faces d’une même fierté
L’objectif : laisser une bonne odeur après notre passage
Que reste-t-il après notre départ ? Un lieu plus propre, un commerçant qui sourit, un voisin qui dit du bien de nous : voilà ce que signifie laisser une bonne odeur après son passage.
Il faut comprendre l’endroit que l’on visite, ses règles, sa sensibilité et ses habitants, puis s’y adapter avec respect, plutôt que d’imposer nos habitudes sans même y penser.
Puissions-nous être, partout où nous allons, une source de Kiddouch Hachem, visible, tangible et durable.
Au nom de l'équipe Torah-Box et de ses Rabbanim