Bonjour Rav,
Avez-vous une traduction et l'explication du "Okèd Véhané'ékad" de Roch Hachana ?
Qui est l'auteur de ce chant si émouvant ?
Merci beaucoup pour votre réponse.
Chalom Ouvrakha,
Le chant auquel vous faites référence est généralement appelé "Oked Véhané’akad Véhamizbéa’h" ("L’homme qui lie, celui qui est lié et l’autel"). Il s’agit du célèbre Piyout "Ete Cha’aré Ratsone Léhipatéa’h", récité dans de nombreuses communautés à Roch Hachana, généralement avant les sonneries du Chofar.
L’auteur de ce Piyout est probablement Rabbi Yéhouda ben Chmouel Ibn Abbas, l’un des grands poètes juifs de la période médiévale, qui vivait a Fez.
Ce Piyout est particulièrement émouvant car il développe le récit de la 'Akédat Its’hak en s’appuyant notamment sur les enseignements de nos Sages et sur des sources midrachiques. Le poète ne se contente pas de reprendre le récit de la Torah : il décrit également les pensées et les sentiments des différentes personnes présentes, donnant ainsi au récit une grande profondeur.
Le refrain :
"Oked Véhané’akad Véhamizbéa’h" met en avant trois éléments : Avraham, celui qui accomplit l’action de la 'Akéda ; Its’hak, celui qui est attaché ; et le Mizbéa’h, l’autel.
L’objectif du Piyout à Roch Hachana est de nous rappeler la 'Akédat Its’hak et de demander à Hachem de se souvenir de ce grand mérite. C’est pourquoi ce texte prend une place particulièrement importante avant les sonneries du Chofar.
Le Piyout commence par ces mots :
"עת שערי רצון להיפתח,
יום אהיה כפי לאל שוטח,
אנא זכור נא לי ביום הוכח,
עוקד והנעקד והמזבח"
On peut les traduire ainsi :
"Lorsque vient le moment où les portes de la faveur s’ouvrent,
en ce jour, je déploierai mes mains devant D.ieu.
Je Te supplie : souviens-Toi de moi en ce jour de jugement,
de celui qui lie, de celui qui est lié et de l’autel."
L’idée centrale est donc une grande supplication : en ce jour où nous nous présentons devant Hachem, nous demandons que le mérite de la 'Akéda soit évoqué en notre faveur.
C’est également ce qui explique la force particulière de ce Piyout : après chaque partie, le refrain nous ramène à la 'Akéda et à la demande de miséricorde.
Pour la traduction de la suite de ce chant, vous pouvez la trouver dans des Siddourim. Si vous n'y parvenez pas, veuillez nous recontacter.
Kol Touv et Chana Tova.