Bonjour Rav,
J'ai lu que la récompense pour les femmes qui n'ont pas participé à la faute du Veau d'or sera qu'elles garderont plus Roch 'Hodech que les hommes et que leur jeunesse se renouvellera dans le monde futur.
Mais en quoi cela est-il spécifique aux femmes ? Car dans le monde futur, avec la résurrection, nous aurons tous un corps jeune et parfait, et non seulement les femmes ?
Merci Rav.
Chalom Ouvrakha,
La référence que vous mentionnez se trouve effectivement dans les Pirké deRabbi Eli'ezer, chapitre 45. Consulter aussi Rachi sur Méguila 22b.
Vous avez tout à fait raison : dans le monde futur, chacun sera « renouvelé ». Mais à quel niveau ? Il ne s'agit pas ici du corps, ni du monde matériel, mais bien du niveau spirituel.
Car, comme vous le savez, il existe deux étapes distinctes :
· La résurrection des morts, où l’homme retrouvera son corps matériel,
· Et le 'Olam Haba, le monde futur, qui est un monde purement spirituel.
Avant la faute d’Adam – faute provoquée par la femme – Adam et 'Hava étaient de niveau spirituel égal, comme il est dit :« Lezot Yikaré Icha, ki Méich Louka'ha Zot », c’est pourquoi elle fut appelée « Icha » car issue de l’homme.
Dans le monde futur, Adam retrouvera son niveau spirituel initial, et son épouse également se renouvellera, retrouvant ainsi l’égalité spirituelle qui existait à l’origine entre eux.
Ce principe se retrouve aussi dans la création du monde : La lune (symbole de la femme) et le soleil (symbole de l’homme) étaient, à l'origine, de luminosité égale.
Mais selon le Midrach, c’est la faute de la lune (sa plainte) qui provoqua un déséquilibre, l’obligeant à se diminuer.
Or, dans le monde futur, la lune retrouvera sa splendeur, et brillera comme le soleil — marquant ainsi le retour à une égalité parfaite.
Conclusion : il est ici question d’un renouvellement spirituel, dans lequel la femme accèdera à un niveau identique à celui de son époux, lequel, de son côté, retrouvera aussi sa propre élévation d’origine. Ceci, car l’homme n’a pas été la source première de la faute, mais y a été entraîné, bien qu'il en soit aussi fautif et accusé.
On peut également relier cette idée à la bénédiction que nous récitons sous la 'Houppa : « Saméah Tesa'mah Réim Ahouvim… Kegan 'Eden Mikedem » –
« Réjouissez-vous, bien-aimés compagnons… comme au Gan 'Eden d’antan ».
Cette formule semble indiquer que l’apogée de la Sim'ha dans le couple réside dans le retour à cet état d’égalité spirituelle originelle, où l’homme et la femme sont en parfaite harmonie, à l’image du Gan 'Eden.
Kol Touv.