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Faire le Maasser sur les fruits d'Israël

Rédigé le Mardi 27 Janvier 2015
La question de Jessica F.

Bonjour,

En dehors de la période de Chemita, lorsqu'on achète des fruits provenant d'Israël, dois-je effectuer le protocole de prélèvement ?

Si oui, merci de nous expliquer précisément le procédé pour être dans la loi.

Je vous remercie vivement.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
14883 réponses

Bonjour,

1. Il va sans dire qu'il faut prélever les Troumot et les Maasserot des fruits ayant été cultivés en Israël avant de les consommer.

Selon Rav Ovadia Yossef, si les fruits sont destinés à l'exportation, cela n'est pas nécessaire. Voir 'Hazon Ovadia - Troumot Oumaasserot, page 44 et Yabia Omer, volume 10, Yoré Déa, question 46 et Mikvé Hamayim, volume 4, Yoré Déa, question 34.

2. Dans certains cas, cela n'est plus nécessaire si on fait ses achats chez un commerçant bénéficiant de la surveillance d'une autorité rabbinique compétente.

3. En cas de doute, il faut faire les prélèvements sans réciter les bénédictions appropriées.

4. En ce qui concerne les fruits des arbres : il faut être vigilent car des fruits "Orla" [interdits à la consommation] se trouvent sur le marché.

Ci-dessous, les détails essentiels à connaître afin de pouvoir consommer des fruits desquels aucun prélèvement n'a été réalisé, ou des fruits à propos desquels on a un doute.

1. Des fruits ou des légumes se trouvant dans un jardin attenant à une maison particulière,

2. Des fruits ou des légumes sur lesquels il n'y a pas eu de prélèvements,

3. En cas de doute, on fait les prélèvements sans réciter les bénédictions.

Il est assez difficile de mettre en pratique ces détails sans avoir été en contact au préalable avec un Rav compétent qui saura guider celui qui est prêt à tout pour réussir.

Les fruits provenant d'une terre se trouvant en Israël sont Tévèl tant que les différents prélèvements n'ont pas été effectués. Si du Tévèl a été cuit dans une marmite, il faut la cachériser avant de l'utiliser à nouveau. Si on s'aperçoit de l'erreur dans les 24 heures qui suivent la cuisson, il est possible de cachériser l'ustensile sans être obligé de faire Hag'ala ou Liboun.

Selon la Torah, c'est uniquement les cinq céréales, les olives et les raisins qui sont soumis à l'obligation des Troumot et Ma'asserot.

Selon nos Sages, tous les autres produits agricoles sont assujettis aux Troumot et Ma'asserot. D'après certains décisionnaires, tous les fruits des arbres sont assujettis aux Troumot et Ma'asserot Midéoraïta.

Pour que les fruits ne soient plus Tévèl et qu'ils soient consommables, il est obligatoire de prélever :

La Terouma Guédola,

Le Ma'asser Richone,

La Troumat Maasser,

Le Ma'asser Chéni [si les fruits appartiennent à la 1e, 2e, 4e, 5e année suivant la Chémita],

Le Ma'asser 'Ani [si les fruits appartiennent à la 3e ou à la 6e année suivant la Chémita],

[Pour savoir si un fruit de l'arbre appartient à telle ou telle année, ce n'est pas le moment de la cueillette qui est décisif, c'est le moment où il atteint le tiers de son développement. La date charnière pour cela est Tou Bichevat. Si le fruit atteint le tiers de son développement avant Tou Bichevat, il appartient à l'année qui précède. Si le fruit atteint le tiers de son développement après Tou Bichevat, il appartient à l'année en question. Généralement, tous les fruits atteignent le tiers de leur développement après Tou Bichevat. Exemple : les grenades atteignent le tiers de leur développement vers le mois de Sivan-Tamouz. Donc, si on les cueille en Eloul 5774  [la 6e année qui suit la Chémita], ils appartiennent à cette année puisqu'ils ont atteint le שליש גידול après Tou Bichevat de l'année 5774. C'est donc le Ma'asser Chéni qu'il faudra prélever et non pas le Ma'asser 'Ani.]

Dans certains cas, il est permis de consommer des fruits avant d'avoir prélever les Troumot et Ma'asserot à condition que ce soit une Akhilat Aray. Cependant, lorsqu'il s'agit de fruits qui poussent dans un jardin attenant à une maison particulière, il est préférable de ne pas en consommer [même s'il s'agit d'un seul fruit] sans en prélever les Troumot et Ma'asserot.

Dès que les différents prélèvements ont été effectués, les fruits ne sont plus Tévèl même si les Matanot n'ont pas été données aux Cohanim et Léviim. Il n'est pas obligatoire de les donner afin de pouvoir manger les fruits. Le fait de les donner constitue une Mitsva tout à fait indépendante de la Mitsva consistant à faire le prélèvement.

Au temps où les Matanot étaient transmises aux Cohanim et Léviim, les quantités à prélever étaient les suivantes :

1/50e = Terouma Guedola des fruits [2%] donné aux Cohanim.

1/10e = Ma'asser Richon du restant des fruits [10%] donné aux Léviim,

Lorsque le Lévi reçoit son Ma'asser, il prélève 10 % et le donne au Cohen. c'est la Teroumat Ma'asser.

1/10e = Ma'asser Chéni du restant des fruits étaient prélevés par le propriétaire et consommés à Jérusalem [s'ils appartiennent à la 1e, 2e, 4e, 5e année suivant la Chémita],

1/10e = Ma'asser 'Ani du restant des fruits étaient prélevés par le propriétaire et donnés aux pauvres [s'ils appartiennent à la 3e ou 6e année suivant la Chemita].

De nos jours, on ne donne pas les Troumot et Ma'asserot. On se suffit de faire la Kriat Chem; c'est le texte récité au moment du prélèvement, dans lequel on nomme chacun des prélèvements [cela équivaut à une Hafracha]. Ensuite, on laisse pourrir la partie des fruits prélevée avant de la jeter dans une poubelle ordinaire. D'après certains décisionnaires, il est possible de mettre la partie des fruits prélevée dans un sachet avant de le mettre dans une poubelle [sans attendre qu'elle pourrisse].

La Terouma et la Teroumat Ma'asser ne sont pas données puisque les Cohanim sont impurs. C'est d'ailleurs pourquoi on ne prélève plus 1/50e mais uniquement une toute petite quantité [qui est suffisante Min Hatorah]. D'autre part, il n'est pas certain que tous les Cohanim soient des vrais Cohanim.

Le Ma'asser Richon ne peut pas être consommé tant que la Teroumat Ma'asser n'a pas été retirée.

Une fois que la Teroumat Ma'asser a été retirée du Ma'asser Richon, c'est au Lévi de prouver que c'est un vrai Lévi, sans quoi, le propriétaire des fruits lui dira : "Prouve-moi que tu es un vrai Lévi ! ".

Le Ma'asser Chéni n'est pas consommé car il est saint et que l'on est tous impurs de l'impureté de mort. De nos jours, on le prélève uniquement en faisant la Kriat Chem et ensuite on retire la sainteté en la transférant dans une pièce de monnaie. C'est le Pidyone Ma'asser Chéni.

Le Ma'asser 'Ani doit être donné aux pauvres s'il s'agit de fruits qui appartiennent à la 3e ou à la 6e année :

Soit on le donne à une personne nécessiteuse que l'on connait,

Soit on le donne à des associations qui le donnent à des personnes nécessiteuses,

Etant donné que le Ma'asser 'Ani n'est pas saint, il est également possible de le consommer soi-même à condition de donner aux pauvres la contrepartie monétaire. Avant d'agir de la sorte, il faut obligatoirement contacter une personne compétente qui informera le propriétaire des fruits de la procédure [exacte] qu'il faut suivre.

Pratiquement :

Pour éviter certains problèmes, il faut absolument que les fruits aient au moins une valeur de 2 Chékels.

Les détails suivants sont valables uniquement pour des fruits qui sont Tévèl Vaday. C’est-à-dire que l'on est certain qu'aucun prélèvement n'a été fait.

On introduit tout d'abord les fruits à l'intérieur de la maison,

On prélève 1/100e des fruits et "un peu plus" [le 1/100e est la Teroumat Ma'asser - le "un peu plus" est la Terouma Guédola - d'après la Torah],

On place la partie prélevée au nord des autres fruits. Il est préférable qu'elle soit dans le même ustensile que les autres fruits. Si les fruits ne sont pas dans un ustensile, la partie prélevée doit être à côté des fruits. Si on a omis d'agir ainsi, le prélèvement est tout de même valable,

Si les fruits ont poussé à Jérusalem [et que l'on s'y trouve], il faut mouiller avec de l'eau, la partie des fruits - 1/10e - qui sera nommée מעשר שני [elle se trouve au sud des fruits] et toucher chacun des fruits [il suffit de mouiller une partie de chaque fruit]. D'après certains décisionnaires, il est préférable de mouiller [et toucher] également la partie qui est destinée à devenir תרומה גדולה [le "un peu plus"],

Il n'est pas nécessaire de toucher les fruits à l'endroit où ils sont mouillés,

On réserve une pièce de monnaie [pas un billet] dont la valeur est au moins égale à une Prouta pour y transférer la sainteté du Ma'asser Chéni [1/40e de gramme d'argent ≈ 20 Agourot. La valeur de la Prouta varie en fonction du prix de l'argent]. Cette pièce ne doit pas être mélangée avec d'autres. On la garde dans un endroit prévu à cet effet jusqu'à la veille de Pessa'h de la 4e année de la Chemita. Si le Pidyon a été fait pour des fruits de la 4e année de la Chemita, on garde la pièce jusqu'à la veille de Pessa'h de la 7e année [ce sont les années du Bi'our, durant lesquelles il faut faire disparaître les pièces en les jetant à la mer - de préférence avant le premier jour de Yom Tov de Pessa'h - d'après certains : avant le dernier jour de Yom Tov de Pessa'h],

Il est possible de réserver une pièce de 5 ou 10 Chékels sur laquelle on fera le Pidyon autant de fois qu'il y a des Proutot dans la pièce [≈ 25 fois pour une pièce de 5  ₪ou 50 fois pour une pièce de 10 ₪],

On récite le texte ci-dessous en s'efforçant de comprendre le sens de chaque phrase.

בָּרוּךְ אַתָּה השם, אֱ|לֹהֵינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו, וְצִוָּנוּ לְהַפְרִישׁ תְּרוּמוֹת וּמַעַשְׂרוֹת:

הַיוֹתֵר מֵאֶחָד מִמֵּאָה שֶׁיֵּשׁ כָּאן בְּצַד צָפוֹן, הֲרֵי הוּא תְּרוּמָה גְּדוֹלָה. (כָּל־מִין עַל מִינו)

En disant cette phrase, on nomme la partie supérieure au 100e [le "un peu plus"] en tant que Terouma. Cela équivaut à une Hafracha.

וְאוֹתוֹ אֶחָד מִמֵּאָה שֶׁיֵּשׁ כָּאן, וְעוֹד תִּשְׁעָה חֲלָקִים כְּמוֹתוֹ בְּצַד צָפוֹן שֶׁל הַפֵּרוֹת, (כָּל־מִין עַל מִינוֹ), הֲרֵי הֵם מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן.

En disant cette phrase, on nomme le 100e des fruits [prélevé] et 9 autres parties équivalentes [en tout 10 x 1/100e = 1/10e] en tant que מעשר ראשון. Cela équivaut à une Hafracha.

וְאוֹתוֹ אֶחָד מִמֵּאָה שֶׁעֲשִׂיתִיו מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן, עָשׂוּי תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר. (כָּל־מִין עַל מִינו)

Une fois que le Ma'asser Richon a été nommé dans l'étape précédente, on nomme à présent la Teroumat Ma'asser [qui, de nos jours, est interdite à la consommation pour tous]. Cela équivaut à une Hafracha.

Si l'on est certain que les fruits appartiennent à la 3e ou à la 6e année, on ne dit pas ce qui suit, on dit uniquement la dernière phrase de la formule du Ma'asser 'Ani. Si l'on a un doute, on dit ce qui suit sans réciter la Brakha au préalable.

מַעֲשֵׂר שֵׁנִי יִהְיֶה בְּצַּד דָּרוֹם שֶׁל הַפֵּרוֹת. (כָּל־מִין עַל מִינוֹ)

En disant cette phrase, on nomme 1/10e des fruits [situés au sud] en tant que Ma'asser Chéni. Cela équivaut à une Hafracha.

Etant donné qu'il est interdit de consommer le Ma'asser Chéni sans transférer la sainteté qui s'y trouve, on la transfère dans une pièce de monnaie; c'est l'étape suivante : le Pidyon Ma'asser Chéni.

בָּרוּךְ אַתָּה השם, אֱ|לֹהֵֽינוּ מֶלֶךְ הָעוֹלָם, אֲשֶׁר קִדְּשָׁנוּ בְּמִצְוֹתָיו, וְצִוָּנוּ עַל פִּדְיוֹן מַעֲשֵׂר שֵׁנִי:

הַמַּעֲשֵׂר שֵׁנִי שֶׁיֵּשׁ כָּאן יִהְיֶה מְחֻלָּל, הוּא וְחֻמשׁוֹ, עַל פְּרוּטָה בַּמַּטְבֵּעַ שֶׁיִּחַדְתִּי לְחַלֵּל עָלָיו.

En disant cette phrase, on transfère la sainteté des fruits sur la pièce de monnaie prévue à cet effet.

מַעֲשֵׂר עָנִי יִהְיֶה בְּצַד דָּרוֹם שֶׁל הַפֵּרוֹת. (כָּל־מִין עַל מִינוֹ)

En disant cette phrase, on nomme 1/10e des fruits [situés au sud] en tant que Ma'asser 'Ani. Cela équivaut à une Hafracha. Après avoir fini de réciter ce passage, on retire 1/10e des fruits situés au sud pour le donner aux pauvres.

Lorsque l'on fait la Hafracha des Troumot et Ma'asserot de plusieurs fruits en même temps, il faut rajouter les mots כל מין על מינו là où cela est mentionné dans la formule.

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