Il ne m'a toujours pas remboursé !

Rédigé le Dimanche 28 Juin 2015
La question de Aaron B.

Bonjour Rav,

J'ai prêté une somme d'argent importante à un ami (entre 200 et 400 euros) avant Pessa'h, et il devait me les rendre avant Chavou'ot.

Ce n'est toujours pas le cas aujourd'hui, mais je sais qu'il a des difficultés financières.

Que dit la Halakha dans ce cas ?

Merci.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
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Bonjour,

Vous posez une question très intéressante.

La Torah nous demande de ne pas nous conduire comme un créancier envers celui qui nous a emprunté de l'argent. Voir Chémot, chapitre 22, verset 24. Ceci risque de lui faire honte et de le tourmenter.

Nos Sages expliquent : il est interdit de lui réclamer l'argent avec violence si l'on sait qu'il n'a pas de quoi rembourser.

D'autre part, il est interdit de se montrer envers lui comme quelqu'un qui lui a prêté de l'argent.

Voir Rachi sur le verset précité et Choul'han 'Aroukh - 'Hochen Michpat, chapitre 97, Halakha 2.

Voici quelques détails :

1. Il est interdit de réclamer l'argent si l'on sait pertinemment que l'emprunteur n'est pas en mesure de rembourser sa dette. Choul'han 'Aroukh - 'Hochen Michpat, chapitre 97, Halakha 2.

2. Si l'on a un doute, la réclamation est absolument permise. Apparemment, ceci est clairement mentionné dans le Choul'han 'Aroukh précité ['Hochen Michpat 97, 2]. Voir Min'hat 'Hinoukh, Mitsva 67, passage 1 et Séfer Taryag Mitsvot Hachalem, page 621.

3. De nos jours, nombreuses sont les personnes qui sont dans l'obligation d'emprunter mais qui, une fois l'échéance arrivée, font preuve de paresse, de négligence et de nonchalance face à la Mitsva de rembourser leur dette.

Dans un tel cas, si l'on n'est pas certain que l'emprunteur n'a pas les moyens, il est permis de s'adresser à lui afin de lui faire comprendre [aimablement et gentiment] qu'il doit s'acquitter de son obligation, de lui proposer une nouvelle échéance ou un remboursement échelonné.

4. Si l'emprunteur prétend qu'il n'a pas d'argent, le prêteur n'a pas l'obligation de le croire tant qu'il n'a pas de preuves à l'appui. Il est donc permis de lui réclamer la dette.

5. L'interdiction en question n'est en vigueur que pour un prêt et non pas pour tous les autres types de dettes [loyer, salaire, achat à crédit, etc.]. La violence est toujours interdite.

6. Il est interdit de se montrer à l'emprunteur. Il faut éviter de passer à proximité de lui, même si l'on n'a pas l'intention de lui réclamer la dette.

7. Il est permis de réclamer sa dette ou de se rendre au Beth-Din [si l'arrangement à l'amiable n'est pas envisageable] afin que l'emprunteur s'acquitte de son obligation d'une autre manière [biens mobiliers par exemple]. Voir Choul'han 'Aroukh - 'Hochen Michpat, chapitre 97, Halakha 23 et chapitre 101 et Rambam, Hilkhot Malva Velové, chapitre 1, Halakha 4.

8. D'après certains décisionnaires, même si l'emprunteur n'est pas en mesure de rembourser sa dette, il est permis de la lui réclamer si cela va le pousser à emprunter de l'argent pour pouvoir rembourser.

Si l'on sait que personne ne lui prêtera de l'argent, cela est interdit. Voir passage précédent.

Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.

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