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J'invite souvent mes belles-filles, mais elles se sentent à l'hôtel !

Rédigé le Lundi 22 Juin 2026
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Le Chabbath et les fêtes, je reçois régulièrement mes enfants mariés. À la fin du Chabbath, je suis très frustrée du fait que mes belles-filles se sentent comme des invitées. J'ai de très bonnes relations avec elles, mais je n'ose rien leur dire. Mes filles ou moi-même faisons la vaisselle pendant que tout le monde discute sur le fauteuil.

J'ai voulu en parler à mes fils, mais mon mari me dit que cela risque de provoquer des problèmes de Chalom Bayit. Du coup, je prends sur moi et cela me fait beaucoup de peine. J'ai du mal à comprendre l'attitude des jeunes couples d'aujourd'hui.

Je pense que dans les cours de préparation au mariage, on devrait aussi aborder ce sujet. Aller chez les beaux-parents, ce n'est pas aller à l'hôtel !

Merci de m'aider à gérer cette situation sans conflit, Lachone Hara' (médisance), ou manque de respect.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
45009 réponses

Bonjour,

Je comprends votre ressenti qui est absolument légitime. Sachez que vous n'êtes pas la seule à vivre cette situation. Beaucoup de parents qui reçoivent régulièrement leurs enfants mariés ressentent la même frustration. Il s'agit malheureusement d'un phénomène assez répandu aujourd'hui.

Il est vrai que certains enfants ont parfois l'impression qu'il est naturel d'être reçus, servis et pris en charge par leurs parents, même après leur mariage. Cela ne part pas forcément d'une mauvaise intention, mais plutôt d'une habitude ou d'un manque de réflexion sur la charge que cela représente mais aller chez ses parents ou beaux-parents n'est effectivement pas un séjour à l'hôtel.

Cela dit, il faut faire très attention à préserver les bonnes relations avec les belles-filles, les gendres et les enfants. Une remarque directe, même faite avec de bonnes intentions, peut être mal reçue, créer une gêne et laisser des traces pour longtemps. C'est pourquoi je ne pense pas qu'il soit souhaitable de leur faire des reproches. Par contre, il n'est pas bon non plus de tout garder à l'intérieur jusqu'au jour où l'on finit par exploser. Votre souffrance et votre contrariété doivent être entendues et surtout, disparaître !!!

Ci-dessous quelques conseils [très] pratiques :

1. Vous n’êtes absolument pas obligée d’accepter de les recevoir à chaque fois qu’ils le demandent. Apprenez, dès à présent, à dire de temps en temps que vous ou votre mari êtes trop fatigués pour assumer toute la charge d'un Chabbath. En espaçant gentiment les invitations, ils réaliseront que votre accueil est un privilège et non un dû automatique. Prenez les devants et n'attendez pas qu'ils vous appellent vendredi matin ou jeudi en fin de soirée [là, vous ne serez plus maître de la situation].

2. Simplifiez l'organisation lorsque vous les recevez : lorsqu'ils viennent, n’utilisez plus votre belle vaisselle. Optez pour de la vaisselle jetable. Cela changera un peu le standing du Chabbath, mais cela enverra un signal subtil. Si une question se pose, répondez simplement et avec un grand sourire, sans critique et sans aucun reproche : "C’est tellement plus pratique à la fin de Chabbath ! Au lieu de passer une heure et demie devant l’évier ou le lave-vaisselle, on met tout dans un sac et on peut profiter ensemble du Mélavé Malka."

3. Vous n'êtes pas obligée de vous imposer à chaque fois une préparation digne d'une grande réception. "Rien" ne vous oblige à préparer des dizaines de salades, de nombreux plats ou un repas particulièrement élaboré à chaque invitation. Pour les prochains Chabbath, réduisez volontairement le nombre d'entrées et simplifiez le menu. Ce changement subtil sur la table enverra un signal clair : vous réduisez votre charge de travail. Cela leur fera prendre conscience, sans qu'un seul mot soit prononcé, que l'accueil demande un effort considérable et qu'il est temps pour eux d'alléger votre tâche ou de proposer leur aide. Recevoir ses enfants est une Mitsva et une joie, mais cela ne doit pas devenir une charge qui vous épuise.

4. Vous pouvez demander à vos fils de retrousser les manches et d'intervenir auprès de leur épouse, mais à une condition stricte : ils doivent parler en leur nom propre, et surtout pas en votre nom. Ils peuvent leur dire gentiment : "Tu sais, j’ai remarqué que ma mère est un peu fatiguée ces derniers temps, on devrait lui faire une surprise et l'aider un peu plus à débarrasser ou à ranger après Chabbath." L'initiative doit sembler venir d'eux afin de protéger votre relation avec vos belles-filles.

En agissant ainsi, cela vous soulagera et cela vous évitera d’accumuler de l'amertume et de la frustration. C'est le meilleur moyen de vous calmer intérieurement et d'éviter une "explosion" future qui, elle, ferait d'immenses dégâts dans la famille.

5. Votre mari doit obligatoirement valider ce que vous ressentez. Il ne peut pas simplement vous demander de vous taire et de tout garder pour vous. Il a le devoir de s'impliquer, de comprendre votre peine et de coopérer pleinement avec vous dans la mise en place de ces nouvelles habitudes.

6. Ce qui vous touche essentiellement, c'est l'indifférence de vos belles-filles, et c'est compréhensible, mais votre mari devrait, lui aussi, retrousser ses manches. Apparemment, il porte des chemises sans manches, donc, je ne vous dirige pas vers lui.

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.

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