Bonjour,
Je suis juif par ma mère. Je n'ai pas fait Kippour.
Comment faire pour se faire pardonner ?
Je me questionne sur l'existence de Hachem. J'ai une sœur autiste et handicapée et je me demande pourquoi la vie est si difficile. J'ai une copine non-juive et cela n'arrange rien.
Merci pour votre réponse.
Chalom Ouvrakha,
Permettez-moi de vous répondre à chaque question.
1. Non, il n’est jamais trop tard. Le principe même de Téchouva (le retour vers Hachem) n’est pas limité à Yom Kippour. Le Talmud enseigne : « Celui qui fait Téchouva par amour, ses fautes deviennent des mérites » (Yoma 86b).
Même si vous n’avez pas jeûné ni prié, le simple fait de ressentir du regret et de vouloir vous rapprocher, est déjà un pas immense vers Hachem. Il vous regarde maintenant avec amour, pas avec reproche.
Vous pouvez dire une phrase toute simple, sincère, sans texte particulier :« Maître du monde, je me sens loin, mais je voudrais me rapprocher. Je sais que je n’ai pas fait ce que j’aurais dû, mais je veux reprendre le lien avec Toi. Aide-moi à revenir. »
C’est cela, la vraie Téchouva : repentir et avouer verbalement.
2. Croire en Hachem malgré la souffrance
Votre question — « Pourquoi la vie est si difficile ? » — est une question répandue. La Torah ne nie pas la souffrance. Elle nous apprend plutôt que la vie a un sens, même quand ce sens nous échappe.
Avoir une sœur handicapée est une épreuve, mais c’est aussi une présence d’une pureté rare. Dans la pensée juive, les âmes comme la sienne sont considérées comme très élevées, venues dans ce monde pour des raisons spirituelles qui nous dépassent. Ce que vous ressentez — votre incompréhension, votre révolte, votre compassion — fait aussi partie du chemin spirituel par lequel vous devez passer.
Le Rav de Brisk disait : « La foi ne commence pas quand tout va bien, mais quand l’homme continue à chercher du sens dans l’obscurité. » Votre questionnement devra donc être canalisé pour en arriver à la foi en D.ieu avec encore plus de ferveur et de soumission (en ce qui concerne l'existence de D.ieu, je vous invite à lire et/ou écouter les nombreux articles que Torah-Box a mis en place sur ce sujet).
3. Votre copine non-juive
Je vous en parle avec respect et délicatesse. La Torah demande au peuple juif de se marier au sein du peuple, non pas par rejet de l’autre, mais parce que le mariage juif a une dimension spirituelle très spécifique : construire ensemble une maison où la Présence divine réside.
Cela ne veut pas dire que Hachem vous rejette, ni que tout est “fini”. Cela veut dire que vous êtes invité à réfléchir à ce que vous voulez vraiment pour votre vie spirituelle, et à faire les choses pas à pas, sans honte ni culpabilité, mais avec lucidité. Vous pouvez déjà commencer par reconstruire votre lien avec Hachem, même sans tout changer du jour au lendemain.
4. Par où commencer ?
Voici quelques gestes simples, à votre rythme :
1. Parlez à Hachem chaque jour, même deux minutes. Avec vos mots, sans formules. Il écoute vraiment.
2. Rencontrez un rabbin ou un enseignant bienveillant, avec qui vous pourrez parler sans peur (les Rabbanim de Torah-Box sont extraordinaires !). Il y a des rabbins formidables qui accueillent ceux qui reviennent doucement vers la tradition.
Kol Touv et bonne chance.