Bonjour Rav,
Pourriez-vous m’éclairer sur le statut des femmes à l’époque du Tanakh ? Statut financier, économique, et social, mariée et non mariée.
Qu’est-ce qu’il en reste aujourd’hui d’un point de vue halakhique ?
Je vous remercie vivement d’étayer votre réponse par des exemples précis.
Merci infiniment.
Chalom Ouvrakha,
Les exemples précis sont rares, et il est souvent question de sous-entendus. Néanmoins, je m'efforce de répondre à votre question.
Statut social et familial
Femme mariée :
Une femme mariée avait un rôle central dans la gestion du foyer, l'éducation des enfants et la vie familiale en général. Elle ne possédait généralement pas de biens propres, en dehors de ce que son mari lui attribuait, et ses possessions étaient souvent transférées à son époux à l'issue du mariage.
Exemple : Le livre des Proverbes (31 : 10-31) décrit la « femme vertueuse », qui incarne un idéal de femme active, sage et respectée dans son foyer.
Femme non mariée :
Une femme non mariée – qu'elle soit fille ou veuve – dépendait de l'autorité de son père ou de son frère. Si elle restait célibataire ou devenait veuve sans enfants, elle pouvait se retrouver dans une situation sociale et économique vulnérable.
Exemple : Dans le livre de Ruth, Ruth – une veuve – fait appel à la loi du lévirat (Yiboum), selon laquelle le frère du défunt épouse la veuve afin d'assurer sa sécurité et de préserver le nom du défunt.
Droits de propriété et d'héritage
Selon la Halakha, une femme peut hériter des biens de ses parents. Cependant, en pratique, les droits d'héritage sont souvent prioritairement accordés aux fils, sauf dans certains cas particuliers où la fille peut hériter en l'absence de frères.
Exemple : L'histoire des filles de Tsélof'had (Parachat Pin'has, chapitre 27) montre que, dans certaines situations, les filles peuvent revendiquer leur droit à l'héritage.
Évolution dans les temps modernes
De nos jours, beaucoup de choses ont changé. Les femmes travaillent à l'extérieur, tout comme les hommes – parfois même davantage –, ce qui peut leur conférer des droits supplémentaires. La Halakha accepte ces réalités modernes, tant qu'elles ne contredisent pas directement la Torah.
Par exemple, il est tout à fait possible qu'un couple achète un appartement avant de se marier. En cas de divorce, cet appartement peut être partagé entre les deux, déterminé par la Kétouba, car il s'agit d'un bien que le mari ne peut pas revendiquer seul.
De plus, les devoirs minimaux du mari ont évolué. Aujourd'hui, il en a bien plus que ce qui était exigé il y a 100 ou 200 ans.
Exemple : Le Choul'han Aroukh (Even Ha'ézer 73,2) mentionne qu'un mari doit fournir à son épouse un logement minimal de 2 mètres sur 2, avec les toilettes à l'extérieur. De nos jours, un tel logement serait perçu comme un manquement aux obligations de la Kétouba, qui exige que l'épouse soit convenablement logée. Aujourd'hui, cela implique un appartement plus spacieux, avec des toilettes intérieures – voire la climatisation, selon les lieux.
Il en va de même pour les obligations vestimentaires du mari envers sa femme : on ne peut plus se baser uniquement sur les normes établies il y a 500 ou 1000 ans, car les normes de vie actuelles sont bien plus élevées.
Kol Touv.