Bonjour Rav,
Est-ce qu'un non-juif est ordonné par la Mitsva de "Lifné 'Iver Lo Titène Mikhchol" s'il fait tomber une autre personne dans l'interdit ?
Merci Rav.
Bonjour,
Votre question comporte deux volets : le premier concerne si un non-Juif est soumis à la Mitsva de Lifné ‘Iver vis-à-vis d’un autre non-Juif ; le second, s’il l’est lorsqu’il s’agit d’un Juif.
1. Un non-Juif est-il soumis à la Mitsva de Lifné ‘Iver vis-à-vis d’un autre non-Juif ?
Il y a deux avis à ce sujet.
A. Certains décisionnaires pensent que cette Mitsva ne concerne pas le non-juif et ne fait pas partie des sept lois auxquelles ils sont astreints. Tossefot, passage Lé'akoum sur Talmud 'Avoda Zara 15b, Minhat 'Hinoukh, Mitsva 232.
Certains le prouvent à partir d'un enseignement du Talmud 'Avoda Zara 64a : un non-juif était sur le point de se convertir. Rabba Bar Avouh lui conseilla de vendre, tout d'abord, à un non-juif ses effets d'idolâtrie car après la conversion, cette transaction sera touchée par une interdiction. Le Maharil Diskin dans Kountrass A'haron, chapitre 141 prouve, donc, qu'il n'est pas interdit à un non-juif de venir en aide à un autre non-Juif et lui permettre de transgresser l'une de leurs sept lois.
B. Certains de nos maîtres pensent que l'interdiction touche le non-juif car elle fait partie de l'interdiction de tuer : nos Sages disent que la gravité de celui qui fait fauter son prochain "surpasse" celle du meurtrier. Dans une certaine mesure, il est plus grave d’entraîner son prochain à fauter que de lui ôter la vie. Etant donné que le non-juif a l'interdiction de tuer, il a, donc, l'interdiction de l'aider à fauter. Ma'hané 'Haïm, volume 2 - Ora'h 'Haïm, réponse 11, passage 9, Harimou Mikhchol, chapitre 6, Halakha 2 et note 4.
Seconde preuve : le non-juif a l'interdiction de causer un dommage à son prochain [cela fait partie de l'une des sept lois]. Le fait de faire fauter l'autre est une forme de dommage. Donc, l'aider à fauter est également interdit au titre de la loi en question. Harimou Mikhchol, chapitre 6, note 4.
Troisième preuve : le non-juif est également concerné par l’interdiction de donner un mauvais conseil à son prochain, car il s’agit d’un commandement fondé sur une évidence morale que la raison impose à tout un chacun [Mitsva Sikhlit]. Faire fauter autrui constitue en réalité une forme de mauvais conseil, et relève donc de cette même interdiction. Harimou Mikhchol, chapitre 6, note 4.
2. A. Un non-Juif est-il soumis à la Mitsva de Lifné ‘Iver vis-à-vis d’un Juif ?
Si nous considérons la troisième preuve rapportée précédemment, on peut affirmer que le non-Juif est touché par l'interdiction de "faire fauter" un Juif, car après tout, il s'agit de donner un mauvais conseil à son prochain [Lifné 'Iver]. Harimou Mikhchol, chapitre 6, note 4.
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.