Bonjour Rav,
Je suis marié depuis longtemps, ma femme a pris du poids et cela me dérange réellement. De plus, ce n est pas bon pour sa santé.
Je ne sais pas comment aborder le sujet car j'ai peur d'elle et de sa réaction, et j'ai privilégié le Chalom Bayit au détriment du physique.
Y a-t-il une solution à part supporter, s'effacer et ne rien dire pour le Chalom, ce que je fais depuis trop longtemps ?
Est-ce qu'un homme a le droit de s'exprimer et de faire valoir ses idées dans les temps que nous connaissons où les femmes dominent, ou son rôle se cantonne-t-il à pourvoyeur de Parnassa ?
Merci Rav.
Chalom Ouvrakha,
Votre question est délicate.
Mais le Chalom Bayit n'est pas le silence ni l'effacement d'un des deux conjoints.
Dans la Torah, le couple est une alliance de deux volontés, pas la disparition de l'une au profit de l'autre.
Le mari a le droit d'avoir un ressenti, de l'exprimer, mais il devra le faire avec respect, sagesse et responsabilité .
Se taire pendant des années alors que quelque chose vous pèse n'est pas une Mitsva.
À long terme, cela crée une frustration, distance et parfois amertume — ce qui est l'inverse du Chalom Bayit.
Cela est délicat car si votre épouse traduira votre volonté comme un manque d'amour, alors vous créez blessure, insécurité et fermeture.
En revanche, si le message est :« Je tiens à toi, à ta santé, à notre avenir, et je veux que nous soyons en bonne sante…», alors le dialogue devient possible.
Dans le judaïsme, le corps n'est jamais traité comme un objet esthétique, mais comme un Kéli, un récipient pour la vie, la santé et la mission de chacun.
Le sujet ne peut être abordé que par l'angle du bien-être et du "nous", jamais par la critique ou encore moins 'Has Véchalom la comparaison.
Ne jamais dire les choses avec des mots directs sur le poids et encore moins en mettant la faute sur elle seule.
Il faut vous inclure dans le problème et proposer un chemin commun, par exemple la marches ensemble, repas plus équilibrés à deux, rythme partagé – jamais dire "toi, change", mais "nous, avançons". Le fait même de proposer à son épouse une marche a deux est déjà en soit séduisant et réconfortant.
Votre peur pourrait être compréhensible, mais une relation où l'un a peur de parler n'est pas équilibrée.
Si toute parole entraîne colère ou fermeture, ou que le dialogue est devenu difficile voire impossible, alors ce n'est plus seulement une question de poids, mais de communication conjugale.
Dans ce cas, la meilleure des solutions n'est ni le silence, ni l'affrontement, mais un Rav ou un conseiller, qui est accepte par les deux membres du couple qui traitera du problème dans un cadre respectueux et neutre.
Pour votre dernière question au sujet de la Parnassa, je dois vous dire que le rôle de l'homme ne se limite pas à la Parnassa, l'homme [non plus] n'est pas un distributeur de moyens, la femme n'est pas une dominatrice, mais chacun a une place, et une responsabilité.
L'effacement total n'est pas de l'humilité, c'est une fuite.
Conclusion : Vous devez parler, mais vous n'avez pas le droit de blesser, et le silence prolongé n'est pas une solution.
Le dialogue doit être bienveillant, progressif et centré sur le "nous".
Si seul, c'est trop difficile : faites-vous aider - c'est une force, pas un échec.
Kol Touv.