Ma petite-fille veut mettre des pantalons !

Rédigé le Lundi 16 Juillet 2018
La question de cohen s.

Chalom Rav,

Ma petite-fille de 20 ans Tsniout (maman Tsniout) a fait savoir à sa mère qu'elle voulait porter des pantalons tout en continuant à respecter la Torah et que si elle refusait, elle le ferait de toute façon.

Quels conseils pouvez-vous nous donner dans ce cas Rav ?

Merci encore.

La réponse de Rav Emmanuel BOUKOBZA
Rav Emmanuel BOUKOBZA
289 réponses

Chalom,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt votre question.

Effectivement, il est toujours difficile et frustrant pour des parents (et même des grands-parents !) de voir leur progéniture emprunter une autre voie que celle qu'ils leur ont tracée, surtout lorsque celle-ci est à même de garantir leur bonheur pour toute leur vie ; notamment les lois de la Tsniout, qui garantissent le bien-être et l'épanouissement de la femme juive.

Si pousser un enfant à nous obéir et suivre notre voie n'est pas chose aisée, comme tous les parents du monde peuvent en témoigner, vous comprenez à plus forte raison qu'imposer nos vues à des adultes (car 20 ans est un âge adulte) est une entreprise vouée d'avance à l'échec. Et, ce, même si les vues en question sont celles de la volonté Divine !

Comment imposer à une jeune femme de 20 ans de se vêtir avec pudeur ? De prier ? De manger Cachère ? Si les Sages avaient une solution miracle pour rendre les gens religieux, ils nous l'auraient communiquée. Hélas, c'est impossible, et il vous faut donc accepter la réalité que votre petite-fille ait peut-être choisi une autre voie.

Il est essentiel d'apprendre à "lâcher prise", à accepter que les choses ne se passent pas toujours selon notre volonté. Toute tentative de votre part ou de celle de sa mère de la forcer, ou même de la convaincre, de se vêtir avec pudeur n'aura pour toute conséquence que de la radicaliser davantage.

Ce que je vous conseille, c'est dans un premier temps d'apprendre à écouter ce qu'elle a à dire, voire même d'apprendre à lire entre ses mots. Lorsqu'elle affirme qu'elle ne veut plus porter de jupes, n'est-elle pas en quête d'affirmation de sa personnalité, ou en train d'exprimer une difficulté finalement légitime à observer la Tsniout ? Lorsqu'elle s'exprime de la sorte, il suffit parfois de répondre calmement, sans vous offusquer : "Je comprends tout à fait ce que tu dis. C'est vrai, se vêtir avec Tsniout peut être parfois contraignant" ou encore : "Il n'est effectivement pas facile d'aller à contre-courant", etc. Le seul fait de se sentir écoutée et comprise est à même de la faire renoncer à son projet. En d'autres termes, vous devez pratiquer l'écoute active. Il est possible que jusqu'à présent, vous n'ayez pas eu l'occasion d'avoir avec votre petite-fille un échange de qualité. C'est ici l'occasion pour vous de vous asseoir avec elle et de vous mettre enfin à l'écoute de sa vraie personnalité.

Lors de cet échange, vous vous devrez d'écouter avec intérêt, attention et respect ses propos, même s'ils vous semblent choquants. Vous devrez vous abstenir de toute remarque désobligeante ou même simplement amère, à son propos. Vous vous efforcerez de lui renvoyer ses propres sentiments par des périphrases du style de : "Tu es vraiment en colère", "Ce n'est pas facile", "Dis-en moi davantage" etc. Il est essentiel, pour la réussite de cet échange, que vous n'exprimiez pas de jugement de valeur. Cela donnera à votre petite-fille une assurance et un bien-être moral qui lui permettront ultérieurement, d'évoluer positivement.

Dans un second temps, après que vous ayez bien intériorisé ce qui a été dit plus haut concernant le "lâcher-prise", je vous conseille de prier Hachem sincèrement, en Lui demandant d'éclairer les yeux de votre petite-fille afin qu'elle comprenne d'elle-même où se situe son intérêt et fasse d'elle-même les bons choix ; car ce n'est que lorsqu'elle sera elle-même convaincue du bien-fondé des lois d'Hachem qu'elle pourra les observer de manière pérenne et dans la joie.

En vous souhaitant beaucoup d'Hatsla'ha et de satisfaction de votre descendance.

Avez-vous aimé ?
Soyez le premier à commenter cette réponse Rav Emmanuel BOUKOBZA