Monsieur le Rabbin,
Je me permets de vous poser une question concernant le miel.
Mon père et mon oncle (ils ne sont pas juifs) possèdent des abeilles dans le terrain familial et récoltent le miel et la cire pour la consommation de leurs propres familles. Il s’agit de miel 100 % pur et brut, sans aucun additif ni substance ajoutée. Le miel et la cire sont simplement passés à froid dans un filtre qui sépare la cire du miel, puis le miel est mis en pots en verre.
Le filtre utilisé pour séparer la cire du miel n’a réellement aucun autre usage. Il a été acquis exclusivement pour cette fonction et n’est utilisé pour aucune autre substance ni aucun autre aliment. Il n’est en contact avec aucun autre instrument ni employé dans un autre processus, car il reste en permanence sur le terrain, dans la cabane destinée à l’entretien des ruches et des abeilles. Il est même lavé sur place et n’est jamais déplacé ailleurs.
Mon mari estime que nous ne pouvons pas consommer ce miel, car nous n’avons pas la certitude — puisqu’aucun rabbin n’a été présent — que les instruments n’aient pas été contaminés, étant donné qu’il n’y a pas eu de certification formelle de la cacherout, même si le miel en lui-même est cacher puisqu’il est 100 % brut et sans additifs.
Pour ma part, je suis certaine que ces instruments ne sont utilisés pour rien d’autre. J’ai entière confiance en mon père ; il ne me mentirait pas et n’aurait aucune raison de le faire.
À mon avis, mon mari applique une rigueur excessive à une situation qui ne le nécessite pas, car il s’agit d’une activité entièrement locale et domestique, et non d’une production industrielle ou commerciale.
D’après ce que j’ai compris — si je ne me trompe pas — les produits figurant sur les listes du consistoire ou sur la liste néerlandaise sont autorisés en fonction de leurs ingrédients, même lorsqu’ils ne portent pas de tampon de cacherout et qu’ils sont fabriqués industriellement.
Mon mari consomme ces produits sur cette base. C’est pourquoi j’ai du mal à comprendre la différence dans notre situation. Si un produit industriel peut être considéré comme autorisé uniquement en raison de la composition de ses ingrédients, pourquoi ne pourrait-on pas appliquer le même raisonnement à un miel 100 % pur, brut, sans additifs, filtré à froid avec un instrument dont je sais avec certitude qu’il n’a aucun autre usage et n’entre en contact avec aucun autre aliment ?
De mon point de vue, les conditions de production de ce miel semblent même plus simples et plus maîtrisées que celles de nombreux produits industriels qui sont néanmoins permis. J’aimerais donc comprendre quelle est la différence halakhique qui justifierait d’interdire ce miel tout en autorisant d’autres produits sans certification formelle.
Je pense que nous pouvons consommer ce miel, tandis que mon mari pense que non. Qui a raison ?
Je vous remercie par avance pour votre éclairage.
Hanna Scarcelli
Bonjour,
Vraisemblablement, le miel en question est conforme aux exigences mentionnées dans la liste du Consistoire de Paris, donc, il est strictement cachère.
TOUTES MARQUES : : de préférence lorsque l’Origine (France , Hollande ...) est précisée. A l’exclusion des Origines Inde ou asiatiques ( Chine, Thaïlande... ) et de la mention «HORS U.E.»... A l’exclusion des miels de sapin, de forêt, de montagne et de châtaignier, pouvant contenir du miellat (gouttelettes sucrées rejetées par des insectes suceurs de sève sur les arbres, butinées par les abeilles).
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.