Bonjour Rav,
Depuis longtemps déjà, mon parent affirme qu'il faut faire la prière de Havdala (celle à la fin de Chabbath) à la fin de chaque jeûne. Le dernier en date était celui d’Esther.
Il dit qu’il faut faire cette Havdala afin de différencier un jour de jeûne d’un jour normal, en disant "Richon Letsion" ainsi que "Boré Péri Haguéfèn", en omettant parfois les Bessamim et le Chemech. Elle nous demande néanmoins de réciter la bénédiction finale "Hamavdil", mais en remplaçant "Ben Kodech Lé'hol" par "Ben 'Hol Lé'hol".
Dans votre réponse la plus constructive possible, pourriez-vous expliquer pourquoi cette pratique est infondée et n’a pas lieu d’être, hormis pour le jeûne de Tich’a Béav ?
Merci Rav.
Bonjour,
La réponse est simple : il nous est interdit d’inventer des Mitsvot qui ne sont pas mentionnées dans la Torah ou qui n'ont pas été instaurées par nos Prophètes ou par nos Sages, les ‘Hakhamim.
La Havdala a une définition claire : elle est une séparation entre un jour saint et un jour profane, "Ben Kodech Le’hol". Elle marque la sortie de Yom Kippour, du Chabbath ou d’un Yom Tov, c’est-à-dire d’un temps investi d’une sainteté intrinsèque.
Un jour de jeûne, comme le jeûne d’Esther, par exemple, n’est pas un jour saint au sens Halakhique du terme. Il n’y a pas d’interdiction de travailler, ni de statut de Kedoucha comparable à celui du Chabbath ou d’un Yom Tov. Il s’agit d’un jour de prières et de Téchouva, mais non d’un jour saint nécessitant une Havdala à sa sortie.
Lorsque le 9 Av tombe un dimanche [samedi soir] : la Havdala est récitée à la sortie du jeûne [dimanche soir], non pas parce que le jeûne l’exige, mais parce qu'il n'a pas été possible de la réciter samedi soir étant donné que le jeûne avait commencé. La Havdala du dimanche soir est alors liée à la fin du Chabbath, mais absolument pas au jeûne lui-même.
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.