Bonjour Rav,
Doit-on obliger nos enfants (avant l'adolescence) à faire ce que l'on veut qu'ils fassent, ou faut-il toujours leur parler sur le mode d'influence, mais pas du contrôle ?
Je parle de choses techniques, comme aller dormir à telle heure.
Merci beaucoup pour votre éclairage.
Bonjour,
L'éducation, c'est tout un art où la douceur vaut plus que le savoir. Assez souvent, le silence est bien plus bénéfique que des longs discours. Il faut influencer et guider autant que possible et décider quand cela est vraiment nécessaire, mais avec le sourire et en douceur.
Explications :
1. En éducation, on n'oblige pas, et surtout, on n'impose pas. Eduquer c'est montrer plus que parler. On guide et on fait part de nos "souhaits" ou comme vous le dites, on influence.
2. Il faut, aussi, tout faire pour que l'enfant sente qu'il gagnera à écouter et à suivre les conseils de ses parents. Il faut qu'il ressente que suivre les conseils de ses parents est une source de bénéfice pour lui. Ils doivent s’efforcer de préserver, aux yeux de l’enfant, une image d’honneur et de respect afin que l’enfant ressente naturellement qu’il a face à lui des personnes agréables et dignes de confiance [et ce n'est pas en étant toujours avec son IPhone en main ou au travail, que cela sera possible]. Lorsqu'ils apparaissent comme des personnes bienveillantes plutôt que comme des opposants systématiques, l'enfant ne les perçoit plus comme des adversaires qui freinent ses envies, mais comme des associés qui cherchent son bien. De cette manière, l'autorité parentale n'est pas vécue comme une contrainte, mais comme une relation où les conseils sont accueillis avec plaisir. Si les parents ignorent ceci, c'est le début de la fin.
3. Même si parfois, les parents doivent avoir le dernier mot et décider, c'est avec douceur et patience qu'il faut agir, avec une main de fer, certes, mais dans un gant de velours.
4. Si l'enfant résiste et refuse de faire plaisir à ses parents, il est préférable de chercher à le convaincre. Rangez votre bâton et sortez vos "carottes" [ayez toujours des "carottes" à portée de main] mais jamais en insistant lourdement. On réfléchira à des solutions originales tout en gardant son calme.
5. Dans l'éducation, on ne laisse pas croire l'enfant qu'il décide. Sinon, c'est la porte ouverte aux pires des choses. Ce n’est pas parce qu’on veut l'étouffer, mais parce qu’il n’a tout simplement pas encore les outils pour faire les bons choix.
6. Un enfant ne sait pas toujours ce qui est bon pour lui ou ce qui doit être évité. Il réfléchit avec une compréhension limitée, et sans recul. Il agit souvent selon ce qui lui fait envie sur le moment, sans voir le bien de ce que l'on attend de lui et les conséquences de ses actes.
7. Les parents, eux, ont l'expérience et une vision plus large. Ils savent le diriger et faire des choix qui le protègent et le construisent correctement. L’enfant a besoin de cet encadrement. Ce n'est pas une contrainte, c’est une sécurité. Grâce à cela, il apprend peu à peu à faire la différence entre ce qui est bien de ce qui ne l'est pas.
8. Plus l'enfant grandit, plus on lui donne de place, plus on développe son autonomie et son sens des responsabilités. Mais au départ, c'est bien aux parents de le guider, car l'enfant n'a pas encore les outils pour se diriger seul.
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.