Bonjour Rav,
Pourquoi ne fait-on pas de Brakha lorsqu'on assiste à une éclipse ?
Bonjour,
Contrairement à d’autres phénomènes naturels, il n'y a pas de bénédiction à réciter lorsque l’on voit une éclipse solaire.
les bénédictions qu’ils ont instituées sur les phénomènes naturels concernent les manifestations de l’œuvre de la Création, comme les mers, les fleuves, les montagnes et les collines, ainsi que l’arc-en-ciel, le soleil à certaines périodes et la lune lors de son renouvellement. Ils ont également institué des bénédictions sur d’autres phénomènes naturels impressionnants, comme les éclairs, les foudres et, selon certains avis, les tremblements de terre, ainsi que la bénédiction Chéko’ho OuGuevourato Malé ‘Olam : “Sa puissance et Sa force remplissent le monde”. »
La raison est que les éclipses sont considérées comme un phénomène faisant allusion à des choses négatives. Donc, lorsqu’on voit une éclipse solaire, il est préférable et il convient mieux de prier et d’implorer Hachem ; mais réciter une bénédiction exprimant des remerciements et des louanges n'est pas très approprié.
Nos Sages, les ‘Hakhamim, disent : "Lorsque le soleil est éclipsé, c’est un mauvais signe pour le monde entier. À quoi cela peut-il être comparé ? À un roi de chair et de sang qui avait organisé un repas pour ses serviteurs et avait placé devant eux une lampe pour les éclairer ; [mais ensuite,] il s’est mis en colère contre eux et a dit à son serviteur : “Retire la lampe de devant eux et installe-les dans l’obscurité." Talmud Soucca 29a.
La morale de cette parabole est simple : la nature est comme le "serviteur" du Créateur, et le soleil est comme une lampe qui éclaire le monde. Lorsqu’une éclipse solaire se produit, Hachem veut que la lumière du soleil soit cachée pendant un certain temps. C’est un signe qui doit nous pousser à comprendre qu’Hachem est "en colère". Il attend de nous que nous nous remettions en question et que nous améliorions notre comportement.
Nos maîtres posent, à ce sujet, une grande question :
Après tout, il s’agit d’un phénomène astronomique naturel dont on peut calculer avec une précision parfaite le moment et le lieu où il se produira, même plusieurs années à l’avance. De plus, nous savons clairement que nos Sages, les ‘Hakhamim, maîtrisaient parfaitement les calculs astronomiques permettant de prévoir les dates auxquelles les éclipses auraient lieu. Donc, comment peut-on mettre en relation un phénomène naturel et prévisible de cette nature avec les fautes des êtres humains, qui n'ont pas été encore commises ?
L'une des réponses est la suivante :
L’éclipse ne se produit pas à cause des actions des êtres humains. Elle est un phénomène naturel. Cependant, Hachem a voulu qu’elle se produise à certaines périodes afin de nous avertir que certaines tendances négatives peuvent alors se renforcer dans le monde. Elle doit donc nous pousser à faire davantage d’efforts dans l'étude de la Torah et l'accomplissement des Mitsvot pour les surmonter.
C’est également ce que nous apprend le verset qui parle de la création des astres au début du livre de Béréchit : "Et Hachem dit : "Que des luminaires soient dans l’étendue du ciel pour séparer le jour de la nuit ; et qu’ils servent de signes, pour les temps fixés, pour les jours et pour les années."" Les astres sont donc aussi là pour nous donner des "signes", c’est-à-dire pour nous avertir lorsque certaines tendances négatives risquent de se renforcer, afin que nous puissions nous corriger et éviter les conséquences qui pourraient en découler.
Rav 'Haïm David Halévi ajoute :
"Il est donc clair que nos Sages n’ont pas institué de bénédiction particulière sur les éclipses solaires ou lunaires. La raison est que l’éclipse elle-même n’est pas une nouvelle création : le soleil, la lune et les autres éléments naturels qui interviennent dans ce phénomène ont déjà été créés par Hachem et font déjà l’objet de bénédictions spécifiques.
L’éclipse est plutôt un effet impressionnant produit par l’interaction de ces éléments naturels qui existent déjà. Même si ce phénomène est extraordinaire et nous permet de reconnaître la puissance du Créateur, il ne constitue pas en lui-même une nouvelle œuvre de la Création nécessitant une nouvelle bénédiction.
Ainsi, nos Sages ont institué des bénédictions sur les éléments et manifestations de la Création eux-mêmes, comme la mer, les montagnes, les éclairs et les tonnerres, etc. mais ils n’ont pas institué de bénédiction supplémentaire pour les effets naturels produits par ces éléments."
'Assé Lékha Rav, volume 5, réponse 7, 'Hével Na'halato, volume 30, réponse 9.
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.