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Prier dans une synagogue où se trouvent des instruments de musique

Rédigé le Dimanche 6 Novembre 2022
La question de Anonyme

Bonjour,

Je vis en Israël et, à côté de chez moi, il y a une synagogue où il y a une batterie, une guitare électrique et une derbouka dans le coin de la synagogue, pas loin du Hékhal.

J'ai lu qu'il y a une interdiction de faire rentrer des instruments de musique dans une synagogue, mais ils ne les utilisent que pendant des Sma'hot.

Y a-t-il une interdiction de prier dans une synagogue où se trouvent des instruments ? Y a-t-il des décisionnaires qui sont plus souples ?

Merci beaucoup.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
38625 réponses

Bonjour,

Vous pouvez vous rendre dans la synagogue en question.

Dans la mesure du possible, il serait bien de convaincre les responsables de trouver un meilleur endroit pour y déposer les instruments.

Explications :

L'interdiction à laquelle vous faites allusion ne s'applique pas aux synagogues dans lesquelles sont entreposées des instruments de musique [ce qui n'est pas une marque de respect] mais aux synagogues où l'on joue de la musique [surtout de l'orgue, du piano, du violon, de la harpe et certains autres instruments] durant les offices et où le son d'instruments de musique retentit durant les prières.

Iguerot Moché, Ora'h 'Haïm, volume 2, réponse 30, Betsel Ha'hokhma, volume 2, réponse 85.

La grande majorité de nos maîtres, les décisionnaires interdisent d'utiliser des instruments au moment des prières afin de ne pas avoir l’air d’imiter le service dans le Beth Hamikdach. Ce qui est assez grave puisque nous devons garder à l’esprit le deuil de la destruction et d’après certains de nos maitres, l’utilisation d’instruments de musique au moment de la prière est réservée uniquement à l’enceinte du Beth Hamikdach et non en dehors.

Seconde raison : depuis la destruction du Beth Hamikdach, nous prions pour nous faire pardonner et il ne convient pas de demander pardon en utilisant des instruments de musique. A l’époque du Beth Hamikdach, cela était possible car les sacrifices pardonnaient nos fautes ; la grande joie était donc, bien justifiée.

Troisième raison : L’interdiction est devenue plus stricte à partir de l’année 5579, année durant laquelle les réformistes ont apporté certaines modifications dans l’organisation de leurs prières. Ils souhaitèrent imiter les temples idolâtres en introduisant l’orgue dans leurs synagogues.

Comme vous le mentionnez, Rabbi Moché Sofer [volume 5, Hachmatot, réponse 192 et volume 6, réponse 84 et 89] s’est élevé comme un cèdre contre toute pratique rappelant leur manière de faire [‘Houkot Hagoyim]. Michna Broura, chapitre 338, fin du passage 10.

Il est vrai que certains décisionnaires pensent que l’interdiction porte uniquement sur l’orgue ou le piano mais ils ne constituent qu’une infime minorité face à tous ceux qui se sont prononcés très durement à ce sujet.

Dans son Yalkout Yossef, Rav Its’hak Yossef tranche également de la sorte et interdit les instruments de musique au moment de la Téfila. Yalkout Yossef, édition 5750, chapitre 151, Halakha 13 [page 248].

Pour des détails supplémentaires à ce sujet, voir Mibachane Achiv [Rav Yeoshoua Chlomo], volume 2, pages 65-82

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu’Hachem vous protège et vous bénisse.

Mékorot / Sources : Iguérot Moché, Bétsel Ha'hokhma.
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