Bonjour Rav,
Pourquoi l'homme est-il jugé le jour du couronnement d'Hachem ?
Merci beaucoup pour votre réponse.
Chalom Ouvrakha,
Excellente question !
Mais je commencerais par la prendre à l’envers, c’est-à-dire : pourquoi, précisément le jour du jugement, devons-nous couronner Hachem ?
Pourtant, pour les autres "Roch Hachana", comme Roch Hachana des arbres à Tou Bichevat, il n’y a pas de notion de couronnement. Alors pourquoi, à Roch Hachana de l’homme, devons-nous couronner Hachem à la même occasion ?
Une des réponses que nous pouvons proposer, avec l’aide d’Hachem, est la suivante :
Que veut dire "couronner Hachem" ?
Hachem est déjà Roi ! Nous Le proclamons Roi tous les jours, une fois le matin et une autre fois le soir, dans la lecture du Chéma' Israël. Alors, qu’est-ce que ce "couronnement" exactement ?
Hachem est omniprésent, immanent et transcendant. Y a-t-il un endroit où Il ne règne pas ? Nous le disons dans nos prières : Il est le Maître et le Roi de tout ce qui existe !
Nous devons donc comprendre qu’il existe, en quelque sorte, un endroit où Sa royauté n’est pas encore pleinement exprimée. Où cela ?
Dans notre cœur.
En effet, Hachem nous a donné le libre arbitre. Il nous laisse le choix de nos décisions et de nos actes. Il nous donne donc la possibilité de choisir de faire Sa volonté ou, à l’inverse, de suivre notre propre volonté.
C’est dans ce sens que nous couronnons Hachem.
Nous Lui disons en quelque sorte : 'Nous décidons de mettre notre libre arbitre au diapason de Ta volonté. Nous acceptons que Tu sois le Roi de nos choix, de nos décisions et de notre vie."
Nous n’intronisons donc pas Hachem comme Roi du monde — Il l’est déjà —, mais nous L’intronisons comme Roi de notre libre arbitre.
Et c’est précisément là que le jugement prend tout son sens.
Car si, à Roch Hachana, je couronne Hachem sur mon libre arbitre, je reconnais en même temps que mes choix ont une importance. Je reconnais que l’année écoulée a été constituée de décisions, de choix et d’occasions où j’ai pu faire entrer — ou non — la volonté d’Hachem dans ma vie.
Le jugement devient alors une question essentielle : dans quelle mesure ai-je réellement reconnu Sa royauté au cours de l’année écoulée ? Dans quelle mesure mes choix ont-ils été véritablement soumis à Sa volonté ?
Ainsi, le couronnement d’Hachem et le jugement ne sont finalement pas deux événements distincts : ils sont intimement liés.
Nous couronnons Hachem, et en Le couronnant, nous acceptons également d’être jugés sur la manière dont nous avons exercé le libre arbitre qu’Il nous a donné.
Peut-être est-ce justement pour cela que le couronnement et le jugement sont liés à Roch Hachana de l’homme : parce que c’est précisément l’homme, avec son libre arbitre, qui peut reconnaître la royauté d’Hachem dans ses propres choix.
Kol Touv et Chana Tova !