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Roch Hachana : pourquoi faire Techouva si certains semblent vivre sereinement sans pratiquer ?

Rédigé le Lundi 31 Août 2026
La question de David M.

Bonjour Rav,

À l’approche de Roch Hachana, une question revient chaque année dans mon esprit :

Comment comprendre le jugement de Roch Hachana lorsque nous savons que c’est en ce jour que nous sommes jugés sur l’année à venir, sur notre vie, notre santé, nos réussites, nos joies, etc. ?

Nous constatons autour de nous que certaines personnes, parfois très éloignées de la Torah, semblent connaître une année paisible et prospère, sans difficulté particulière.

À l’inverse, nous voyons des gens très attachés à Hachem, traverser des épreuves et connaître des souffrances au cours de l’année.

Et surtout, comment nous motiver à faire véritablement Téchouva en nous disant que nous allons être jugés, alors que la réalité semble parfois montrer que ceux qui sont indifférents à ce jugement peuvent eux aussi connaître une très bonne année, tandis que ceux qui servent Hachem peuvent être confrontés à de grandes difficultés ?

Merci beaucoup pour votre éclairage.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
45502 réponses

Bonjour,

Autrement dit, si les justes connaissent des difficultés et que d’autres prospèrent, à quoi servent la Techouva et le jugement de Roch Hachana ?

Bonne question !

Le Rav Elie Munk y répond : "Même après avoir atteint le plus haut degré de prophétie accessible à un être humain et s'être élevé jusqu'au niveau où Hachem s'entretenait avec lui, Moché demeurait perplexe devant ce problème. Ni ses dons prophétiques, ni ses propres facultés intellectuelles ne lui permettaient d'en trouver la solution. La réponse d'Hachem exprimait d'une manière assez claire l'impossibilité dans laquelle se trouve l'être humain de connaître et de comprendre les motifs de la justice [divine]" La voix de la Torah sur Chémot, chapitre 33, versets 13 et 19.

Et c’est pour cette raison qu'entre Roch Hachana et Yom Kippour, nous disons "Hamélekh Hamichpat" [le Roi de justice] à la place de "Mélekh Ohev Tsédaka Oumichpat" [le Roi Qui aime la droiture et la justice]. Cette modification vient mettre en évidence l'importance toute particulière de cette période : Hachem est le Juge par excellence, Celui dont le jugement dépasse infiniment les limites de notre compréhension. À la tête de la nouvelle année, nous devons nous imprégner profondément de cette vérité. Car le fait même de prendre conscience qu’Hachem est le Juge par excellence et que notre année est entre Ses mains constitue déjà, en soi, un grand mérite pour être jugé favorablement et bénéficier d’une bonne année.

Voici quelques enseignements de la Torah écrite et de la Torah orale qui pourront vous aider à adoucir la difficulté évoquée dans votre question :

1. L’abondance n’est pas toujours la meilleure des bénédictions. Pirké Avot, chapitre 2, Michna 7.

2. Nos Sages disent : « La "pauvreté" est aussi belle [pour les juifs] qu’un turban rouge sur un cheval blanc. » Le manque n'est pas toujours une mauvaise chose. Parfois, Hachem limite l'abondance d’une personne pour l'aider à ne pas tomber dans l'orgueil, à ne pas se laisser entraîner par les envies matérielles et à rester attachée à l'essentiel. Ce qui nous semble être un manque peut donc parfois être une forme de protection, qui permet à la personne de rester concentrée sur la véritable mission dans ce monde. Talmud ‘Haguiga 9b, Dévarim, chapitre 8, versets 17-18 et Michlé, chapitre 30, verset 9.

3. Votre question, d'importance majeure, est traitée par nos Sages dans les Midrashim et développée par de très nombreux commentateurs.

« Lorsqu'Hachem accepta la prière de Moché, après la faute du veau d'or, celui-ci comprit que c'était un moment de bienveillance céleste. Il profita, donc, de l'occasion pour présenter une requête personnelle. Je T'en prie, montre-moi le plan selon lequel Tu traites les affaires du monde, supplia-t-il. Pourquoi y a-t-il des Tsadikim qui mènent une vie de souffrance ? Et pourquoi y a-t-il des méchants dont les vies sont paisibles ? Montre-moi la récompense future réservée aux Tsadikim !

Hachem ne souhaitait pas lui accorder cette révélation...

Sache qu'aucun être humain, pas même le plus grand des prophètes, ne peut apercevoir la récompense dans le monde à venir [...]. Hachem dévoila à Moché les règles générales qui guident Sa conduite dans les affaires du monde :

A. Certains vivent une bonne vie dans le monde actuel parce qu'ils sont des Tsadikim parfaits. Ils sont récompensés dans les deux mondes.

B. Il se peut qu'un Tsadik souffre dans ce monde. Il n'a pas atteint la perfection et est puni pour ses fautes dans ce monde afin de pouvoir jouir de toute sa récompense dans le monde futur.

C. Il se peut qu'il y ait des méchants dont la vie est paisible parce qu'ils ne sont pas tout à fait pervers [ou : ils ont accompli certaines bonnes actions]. Ils sont récompensés dans ce monde afin d'être privés de leur part dans le monde futur, s’ils ne font pas Téchouva.

D. Parfois un méchant souffre dans ce monde, car il est complètement perverti et est puni dans ce monde ainsi que dans le monde futur. »

E. Selon Rabbi Meïr, dans le Talmud Brakhot 7a, Hachem rejeta la demande de Moché en insinuant qu'il est impossible d'en percer le secret.

4. Parfois, ce que l’on pense être une souffrance ou un manque pour l’autre, ne l’est, en fait, absolument pas.

5. En conclusion : il ne faut pas que ce que nous observons autour de nous nous détourne de notre propre devoir. Nous ne sommes pas capables de comprendre pourquoi telle personne connaît l’abondance et telle autre traverse des épreuves, ni de déterminer comment Hachem conduit le jugement de chacun.

6. A l’approche de Roch Hachana et Yom Kippour, nous devons examiner notre comportement, reconnaître nos manques, nous améliorer et prendre de bonnes résolutions concrètes pour l’année à venir.

Même lorsque nous ne comprenons pas les événements qui nous entourent, nous pouvons montrer à Hachem que nous reconnaissons Sa puissance et que nous acceptons Son jugement avec confiance. C’est précisément dans cette attitude que se trouve la véritable soumission à Hachem : ne pas conditionner notre fidélité à ce que nous comprenons ou à ce que nous voyons, mais continuer à faire notre devoir parce que telle est Sa volonté.

Cette soumission sincère, accompagnée d’une véritable Téchouva et de bonnes résolutions, est l’une des meilleures façons de nous présenter devant Hachem à Roch Hachana et de mériter, Bé'ézrat Hachem, une année de bénédiction, de réussite, de santé et de bonnes nouvelles.

C’est, en fait, le message du Chofar de Roch Hachana : il doit être courbé, pour nous rappeler que plus l’homme sait se courber devant Hachem, plus il accepte de plier sa volonté à la Sienne, plus il se rapproche de la Brakha.

Nous ne nous présentons pas devant Lui pour Lui expliquer comment le monde devrait fonctionner ; nous nous présentons devant Lui, la tête basse, en reconnaissant qu’Il est le Roi des rois et que Sa sagesse dépasse infiniment la nôtre. Se courber devant Hachem, ce n’est pas s’abaisser : c’est se mettre à la juste place pour pouvoir recevoir Sa Brakha.

C’est l’un des messages les plus profonds du Chofar : pour mériter de nous redresser au cours de l’année, il faut d’abord savoir nous courber devant Lui.

Pour quelques détails supplémentaires, cliquez sur le lien suivant :

http://www.torah-box.com/question/alma-dechikra-c-est-quoi_26632.html

Tout n'a pas été dit à ce sujet.

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.

Mékorot / Sources : La Voix De La Torah, Pirké Avot.
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