Logo Torah-Box
Aujourd'hui à Paris
07:22 : Mise des Téfilines
08:28 : Lever du soleil
13:03 : Heure de milieu du jour
17:38 : Coucher du soleil
18:26 : Tombée de la nuit

Paracha Michpatim
Vendredi 28 Janvier 2022 à 17:23
Sortie du Chabbath à 18:34
Afficher le calendrier

Sarah Iménou est-elle vraiment morte de chagrin ?

Rédigé le Dimanche 22 Novembre 2020
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Le Rav Binyamin Benhamou a expliqué au nom du Rav Moché Sternbuch que notre matriarche Sarah avait atteint un très haut niveau de Emouna (foi en D.ieu). Elle acceptait tout ce qui lui arrivait avec une joie et une foi parfaites.

Comme nos Sages l’enseignent : « On a l’obligation de remercier Hachem pour le mal, autant qu’on le fait pour le bien » (Brakhot 33b). Dans chaque moment difficile, Sarah ressentait une joie intérieure du même niveau que dans les moments plus simples, car tout ce qui vient de Lui est « Tov », bien.

Mais j’ai entendu que Sarah est morte de chagrin à l’écoute du récit de la ‘Akéda. Comment est-ce possible ?

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
28964 réponses

Bonjour,

Vous posez une excellente question.

Le Radal [Rabbi David Louria], l’auteur d’un extraordinaire commentaire sur le Pirké Derabbi Eliézer [chapitre 32], nous offre plusieurs réponses permettant de comprendre la manière dont il faut aborder les écrits de nos Sages, les ‘Hakhamim, et, plus particulièrement, ce qu’ils écrivent à propos de Sarah Iménou.

PREMIÈRE RÉPONSE

Il est vrai que Sarah Iménou était une grande Tsadéket et avait atteint un très haut niveau de prophétie [lien étroit avec le Créateur] ; mais après tout, c’était une FEMME au cœur très sensible et lorsqu’il s’agit du récit de la ‘Akéda concernant son très cher fils, des sentiments très forts l’envahirent et son état affectif se dégrada à l’écoute de la mauvaise nouvelle, au point qu’elle en mourra.

Une PREUVE à cela : Juste avant qu’Avraham Avinou égorge son fils Its’hak, ce dernier dit à son père : « Papa ! Lorsque tu annonceras la nouvelle à maman, fais en sorte qu’elle ne soit pas au bord d’un puits ou sur un toit, elle risque de se jeter à l’écoute de la nouvelle et de se donner la mort.

Voir Yalkout Chimoni, Parachat Vaéra, passage 98 et Midrash Tan’houma, Parachat Vaéra, chapitre 23.

Une autre PREUVE : lorsqu’Avraham Avinou reçut l’ordre d’égorger son fils Its’hak, il se dit : « Si j’en informe Sarah, elle risque de m’empêcher. Si je ne lui dis rien, elle risque de se donner la mort lorsqu’elle ne le verra pas à la maison, etc. »

Nous voyons, donc, que Sarah Iménou avec toute sa pureté d’âme, à l’écoute d’une telle nouvelle, sa nature féminine prit le dessus et l’emporta.

SECONDE RÉPONSE

L’auteur du Séfer Hayachar affirme que, en effet, Sarah accepta, avec joie, le décret divin et à l’écoute de la nouvelle, elle fut envahie d’une immense joie. MAIS, plus tard, lorsqu’elle s’aperçut qu’Its’hak était vivant, sa joie fut tellement grande qu’elle ne supporta pas le choc et son âme la quitta [elle n’est pas morte de chagrin].

TROISIÈME RÉPONSE

Hachem créa, dans ce monde, des « forces du mal » [Mazikin et Ko’hot Hatouma] qui, de temps à autres ont une emprise sur notre entourage. Nous avons l’obligation de respecter de très nombreuses lois afin de ne pas y être confrontés. Voir, par exemple, Talmud Nidda 17a, Talmud Pessa’him 110a, Kaf Ha’haïm, chapitre 2, passage 3, Michna Broura, chapitre 260, passage 6 [à propos des femmes qui marchent sur des ongles].

Lorsque le Satan vit qu’Avraham Avinou réussit, merveilleusement, son épreuve [malgré les efforts qu’il déploya pour l’en empêcher] et qu’Hachem se vanta de sa grandeur, il fut envahi d’une jalousie furieuse et dévorante.

Il décida de se venger en allant faire du mal à Sarah Iménou qui n’était pas au courant de l’ordre divin de la ‘Akéda, en lui racontant l’histoire de la ‘Akéda D’UNE MANIÈRE INEXACTE. Voir Yalkout Chimoni, Parachat Vaéra, passage 98 et Midrash Tan’houma, Parachat Vaéra, chapitre 23.

A l’écoute de SON RÉCIT DÉFORMÉ, Sarah Iménou fut envahie d’une immense peine car elle remarqua qu’il ne s’agissait pas d’un décret divin [ce qui n’était pas vrai] ; et c’est cette peine [injustifiée] qui l’emporta à l’âge de 127 ans.

Mais il est évident que si elle savait que l’ordre venait de la « bouche d’Hachem », elle se serait réjouie comme c’était le cas durant les 127 ans de sa vie.

Il s’agit d’une explication faisant apparaître une certaine « injustice » MAIS qui sommes-nous pour oser remettre en question de telles explications, données par nos Sages, les ‘Hakhamim.

Machia’h arrive très bientôt, il versera une lumière éclatante sur tous ces enseignements.

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu’Hachem vous protège et vous bénisse.

Avez-vous aimé ?
Soyez le premier à commenter cette réponse Rav Gabriel DAYAN