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Téchouva : faut-il devenir le Rav de la famille ?

Rédigé le Jeudi 8 Octobre 2026
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Je rencontre une situation qui devient compliquée. En effet , j’ai commencé un parcours de Techouva il y a 3 ans, Baroukh Hachem mais ma famille (parents et sœurs) n’avancent pas au même rythme. Ainsi, quand je me retrouve à leur indiquer une Mitsva ou à leur expliquer certaines choses en lien avec la halakha, je me heurte souvent à des réflexions ou alors on me dit que j’exagère, que c’est trop ou on me confronte à d’autres questions en me demandant d’expliquer le pourquoi du comment.

Mon but à chaque fois est d’informer et pas de me retrouver en conflit surtout que parfois c’est mon père qui se « confronte » à moi et qui me dit que j’invente des choses.

Souvent, je ne réponds pas et peu de temps après, le Rav parle du même sujet dans son cours et éclaircit les choses. Mais parfois je tente d’expliquer et je sens que ça met une mauvaise ambiance.

Pour le Lachon Hara c’est pareil, je demande souvent d’éviter et on me dit que j’exagère qu’ils ne disent rien de mal. En cette fin de Souccot, j’ai l’impression d’avoir passé les fêtes en conflit avec mes parents et mes sœurs et de ne pas avoir été joyeuse comme j’aurais dû l’être.

Je cherche à me remettre en question car je me dis que si tout le monde est « contre moi » c’est qu’il y a un problème.

Comment gérer cette situation ?

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
45705 réponses

Bonjour,

1. Tout d’abord, il faut vous rassurer : le fait que votre famille ne réagisse pas comme vous, ne signifie pas nécessairement que vous êtes dans l’erreur. Vous avez commencé un chemin de Techouva il y a trois ans, et il n'est pas anormal que votre entourage n’avance pas au même rythme que vous.

2. Il y a une règle importante à retenir : on ne rapproche pas les gens de la Torah en les poussant vers la Torah. Et lorsqu’il s’agit de ses propres parents, de ses frères ou de ses sœurs, cette règle est encore plus importante. Michlé, chapitre 3, verset 17 : "Ses voies sont des voies agréables, et tous ses sentiers aboutissent au bonheur."

3. Si vos remarques provoquent des tensions, si votre père ou vos sœurs ont le sentiment que vous exagérez ou que vous cherchez à leur imposer votre manière de vivre, il vaut mieux savoir s’arrêter. Vous n’avez pas besoin de répondre à chaque remarque, ni de démontrer à chaque fois que vous avez raison. Parfois, le meilleur moyen de faire passer un message est de ne pas le faire passer !

4. Il faut aussi savoir que convaincre quelqu’un dans un domaine aussi vaste que la Torah et la Halakha demande beaucoup de connaissances, de l’expérience, de la pédagogie et surtout une certaine capacité à répondre aux questions et aux objections qui peuvent surgir. Lorsque l’on est soi-même au début de son parcours, même avec toute sa bonne volonté, on ne possède pas encore le recul et le « répondant » nécessaires pour mener ce genre de discussions. Les chances de parvenir à convaincre sont donc assez faibles, tandis que les risques de créer une tension sont, eux, presque inévitables.

5. Votre famille doit constater que votre Téchouva vous rend plus agréable, plus patiente, plus respectueuse, plus sereine et plus heureuse. C’est cela qui pourra véritablement les attirer.

6. Ne cherchez pas à les convaincre de suivre le même chemin que vous. Cherchez plutôt à leur donner envie de regarder ce chemin avec respect. Comment ? Par vos Tefilot, votre comportement, votre savoir-vivre, votre patience, votre capacité à accepter qu’ils ne pensent pas comme vous et, surtout, en évitant les frictions.

7. Lorsqu’une question de Halakha se présente et que vous êtes certaine de ce que vous dites, vous pouvez bien entendu répondre simplement si l’on vous demande une explication. Mais si vous sentez que la discussion tourne à la confrontation, il est préférable de dire calmement : « C’est ce que j’ai appris de mon Rav », puis de passer à autre chose. Vous n’avez pas à transformer chaque repas familial en cours de Halakha.

8. En ce qui concerne le Lachone Hara' : si vous pensez qu’une conversation dépasse les limites permises, vous pouvez faire votre propre effort pour ne pas y participer avec finesse [!!], sans reprendre systématiquement les autres.

9. Ne mesurez pas votre Téchouva au nombre de Mitsvot que vous avez réussi à faire respecter autour de vous. Votre travail est d’avancer vous-même. Celui des autres appartient à Hachem [et sera aussi le résultat de vos prières].

10. Vous dites avoir passé les fêtes avec le sentiment d’être en conflit avec votre famille. Il faut justement tirer une leçon de cette expérience : la joie des fêtes et la paix familiale sont également des valeurs de la Torah. Dévarim, chapitre 16, verset 15.

11. Avancez donc dans votre chemin avec détermination, mais avec beaucoup de douceur. Vous verrez qu’avec le temps, si votre entourage constate que votre Téchouva vous a rendue meilleure et plus heureuse, votre comportement parlera beaucoup plus fort que vos explications.

12. Et surtout, ne vous dites pas : « Si tout le monde est contre moi, c’est forcément que j’ai un problème. » Demandez-vous plutôt : « Est-ce que ma manière de transmettre ce que j’ai appris produit le résultat que je recherche ? » C’est beaucoup plus constructif et beaucoup plus bénéfique.

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu’Hachem vous protège et vous bénisse.

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