Bonjour Rav,
Un policier juif a le droit de travailler pendant Chabbath en Israël ?
En est-il de même s'il travaille en France ?
Bonjour,
Nous trouvons déjà dans le Talmud et le Choul’han Aroukh une autorisation d’enfreindre un interdit d’ordre rabbinique afin de protéger le grand public d’un préjudice corporel, et, ce, même lorsqu’il ne s’agit pas d’un cas de danger.
Voir Talmud Chabbath 42a, ainsi que Rachi sur place (passage "Gahélet"). C’est également la décision du Choul’han Aroukh (Ora’h ‘Haïm 334:27). D’autres avis se montrent encore plus indulgents : voir Rav Haï Gaon, Rabbénou ‘Hananel, le Rachba et le Ran (sur le Rif, ad loc., 19b).
Ainsi, cette source pourrait, théoriquement, servir de base d’autorisation pour certaines opérations policières, et a fortiori lorsqu’il s’agit d’un danger, ou même d’un risque de danger ; dans un tel cas, il serait également permis d’enfreindre même un interdit d’ordre Toranique.
Cependant, en pratique, il faut faire preuve d’une grande vigilance : toutes les opérations policières n’entrent pas dans le cadre de cette permission.
Voici deux petits exemples :
1) Écrire : tout acte d’écriture qui n’est pas nécessaire en soi pour un cas de sauvetage vital ou pour réaliser une grande opération d’intérêt public, mais dont la nécessité ne provient que d’un facteur externe (par exemple une réglementation en vigueur qu’il serait possible de modifier), n’a pas lieu d’être autorisé [voir Responsa Tsits Eli'ézer (4, 4)].
2) Incarcération : lorsqu'il y a nécessité d’assurer la sécurité du public et d’améliorer la vie sociale, il est permis de procéder à une incarcération pendant Chabbath. En revanche, là où il n’y a pas d’impératif, et qu’il est possible de placer une surveillance autour de son domicile afin d’empêcher sa fuite, on ne doit pas l’incarcérer [voir Responsa Tsits Eli'ézer (4, 4), Hilkhot Medina, vol. 1, Cha'ar 4].
Tout cela n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan des problématiques de transgressions auxquelles les policiers peuvent être confrontés chaque Chabbath. Sans prévention et préparations sérieuses, il est strictement interdit de travailler en tant que policier pendant Chabbath, en France comme en Israël. À défaut, la transgression du Chabbath risque de se répéter inutilement.
C’est pourquoi, si votre question n’est pas seulement théorique, ou si vous envisagez d’entamer une carrière dans la police, je vous invite à nous consulter rapidement par le biais du service téléphonique, afin de faire le point de manière précise, depuis la France, au 01.80.20.50.00. Depuis Israël, au 02.374.15.15. Tapez sur la touche 2 pour le service Question au Rav.
Pour plus de détails, vous pouvez aussi consulter les sources suivantes :
Responsa Hékhal Its’hak, Ora’h ‘Haïm, Siman 32
Responsa Tsits Eli'ézer, vol. 4, Siman 4
Hilkhot Medina, vol. 1, Cha'ar 4, chap. 4
Responsa Yaskil 'Avdi, vol. 5, Ora’h ‘Haïm, Siman 44
Soyez béni !