Aujourd’hui, j'aimerais vous parler d’une femme exceptionnelle : mon amie Déborah.

Quand je l'ai connue, elle avait 18 ans. (Oui, ça remonte à 20 ans, ne faites pas le calcul, ça donne des rides).

À l'époque, son régime alimentaire de base était composé à 90 % de films romantiques bien clichés, de paillettes et d'une foi absolue dans le Grand Amour avec un A majuscule.

Née en Israël dans une famille de rescapés de la Shoah, elle avait grandi en France mais vivait en mode 100% sioniste : sa chambre ressemblait carrément à une boutique de souvenirs de Jérusalem, avec des drapeaux partout.

Son kiff absolu ? Les bébés. C’était son rêve, mais aussi son métier, puisqu'elle bossait en crèche.

À ce moment-là, de mon côté, le tableau était… légèrement différent. J’étais à la fac de Droit et de Sciences Po, lookée en mode gothique option corbeau, et encartée au MJS (Mouvement des Jeunes Socialistes).

Elle, elle était à l'UEJF.

Clairement, c’était le choc des titans. Deux mondes qui se percutent à grande vitesse.

L’amour et le romantisme ? Un complot commercial. Sortir les violons ? Très peu pour moi. Et en bonne gauchiste de l'époque, le sionisme me laissait carrément froide.

Mon plan de vie ultra-strict : faire carrière dans la magistrature. Le « plan bébé » n'était même pas sur mon radar.

Et pourtant… le destin a de l'humour.

C’est avec elle que j’ai validé mon premier doctorat en films romantiques, option « on s'enfile un pot de Nutella à la petite cuillère ».

Puis, elle m'a traînée dans ses Chabbaths et ses fêtes de famille traditionalistes. Et là, gros bug dans ma matrice. Ma vie a pris un virage à 180 degrés.

J’ai troqué mes fringues de « gogoth » passe-partout pour la lumière. Ma passion pour le droit s'est transformée en passion pour la Halakha.

Moi qui étais une psychopathe des lois, capable de vous citer le Code pénal et le Code de procédure pénale par cœur, je me suis mise à disséquer la Halakha. J'ai checké les avis du Rav 'Ovadia, du Rav Abba Chaoul, du Ben Ich 'Haï et du Rama comme si ma vie en dépendait.

Ensuite ? Entrée officielle dans le monde merveilleux des Chiddoukhim.

Mon nouveau rêve ? Une famille, de la Kédoucha, des chants de Chabbath et un bon Dvar Torah.

Quant au projet bébé… c’est devenu une obsession totale.

Résultat : j’ai plaqué la France pour Israël, et je suis devenue la maman d'une magnifique petite fille trisomique. Qui l'eût cru ?

Alors, un immense merci, Déborah.

Merci de m’avoir ouvert ces portes. Merci de m'avoir complètement retourné le cerveau (et le cœur) avec ton innocence, ton humour, ta pureté et ta bonté incroyable.

Aujourd’hui, Déborah est très malade. Celle qui m'a tout donné a maintenant besoin de notre force.

Je demande donc à toute la communauté de faire exploser le compteur des prières pour elle.

Ouvrons les portes du Ciel pour Déborah bat Sarah : on veut une Réfou'a Chéléma (guérison complète), un bon Zivoug, sa Aliyah et un beau bébé en bonus.

Bref, tout ce dont elle rêvait à 18 ans, qu'Hachem le lui donne sur un plateau. 

                                                      La Maman de Sheyna