Le septième jour de Pessa’h est le dernier jour de la fête de Pessa’h. Ce jour s’inscrit dans la suite directe de la sortie d’Égypte, lorsque le peuple d’Israël a marché pendant sept jours dans le désert en quittant l’Égypte. Le septième jour, Pharaon, qui avait regretté de les avoir laissé partir, arriva à leur niveau. Il les rattrapa alors qu’ils se trouvaient devant la mer, ils étaient donc piégés de tous côtés : il ne restait plus qu’à Pharaon et sa puissante armée expérimentée de les rattraper et de les ramener en Égypte.

Le peuple juif se sentit pris entre le marteau et l’enclume, car, un instant plus tard, le marteau allait les frapper, et ils replongeraient en esclavage. Que fait-on dans des moments si menaçants ? À la manière des Juifs, des cris d’angoisse jaillirent du cœur, adressés au Maître du monde qui les avait conduits jusque-là. « Les enfants d’Israël s’écrièrent vers D.ieu. »

Mais le Maître du monde ne voulait pas ici de cris de prière, dans cette situation, il n’y avait qu’un seul moyen de s’extraire de la situation. Il prescrivit à Moché Rabbénou : « Ordonne aux Bné Israël de se mettre en marche. » Continuez tout simplement à avancer.

Quoi ? Vers où ? Sauter dans l’eau ? C’est un suicide total.

Mais Moché Rabbénou, le dirigeant choisi pour faire la médiation entre le Maître du monde et Son peuple élu, sait communiquer le message. Il leur explique dans un langage simple : le Maître du monde veut que vous entriez dans l’eau. « Et que se passera-t-il par la suite ? Nous allons tous nous noyer ? », tremblent-ils. « Ce n’est pas du tout votre affaire, leur répond Moché, dans tous les cas, vous êtes entre Ses mains, ce qui doit advenir adviendra de toute manière. »

Quelle est l’explication ? Pourquoi entrer dans l’eau ?

Bien que le peuple ait déjà assisté au cours de l’année précédente à des miracles et prodiges au-delà des lois de la nature, mais, jusqu’à ce jour-là, on ne leur avait rien demandé. Les miracles s’étaient manifestés en conséquence de la volonté de D.ieu, après la mise en garde donnée par Moché à Pharaon. Ce jour-là, alors qu’ils étaient au bord de la mer, on leur demandait pour la première fois quelque chose, un effort grâce auquel ils pourraient être sauvés et auraient droit au grand miracle qui devait survenir.

Quel effort de la part du peuple serait suffisamment soutenu pour avoir droit à un grand miracle ? Dans ce genre de situations, il y a un conseil magique : la Emouna, la foi totale dans le Créateur du monde.

Moché Rabbénou leur expliqua : on exige de vous une Emouna puissante et authentique, jusqu’au sacrifice. Le Maître du monde veut que vous entriez dans la mer avec une foi absolue et une confiance entière qu’un miracle se déroulera ici, sans l’ombre d’un doute.

Le peuple élu, composé de croyants fils de croyants, comprend de suite l’enjeu, et l’accepte. Ils sautent dans l’eau et commencent à avancer. L’eau leur arrive jusqu’à la taille et ils continuent à avancer. L’eau arrive maintenant jusqu’au cou et ils continuent à avancer de plus belle, animés d’une foi aveugle dans le Créateur, sans aucun calcul.

Jusqu’à ce que le miracle se produise ! La mer se fend devant eux et ils commencent à avancer à travers la mer comme sur la terre ferme.

Nous ne nous étendrons pas sur les nombreux miracles ayant lieu dans la mer, tels qu’ils sont décrits par le Midrach. Mais, contrairement aux autres miracles dont ils avaient bénéficié jusqu’à présent, tout ceci a eu lieu grâce à une chose : « Ils ont cru en D.ieu et en Son serviteur Moché. »

On connaît ce célèbre texte de nos Sages : « Trouver une subsistance est aussi difficile que l’ouverture de la Mer des joncs. » Et aussi : « Trouver un conjoint est aussi difficile que l’ouverture de la mer des Joncs. » Quelle est la comparaison entre la subsistance, le conjoint et l’ouverture de la mer des joncs ? Cela vient nous enseigner que, dans les deux cas, pour réussir, il faut une Emouna absolue, même aveugle, dans le Créateur de l’univers. La délivrance survient alors.

Nos Sages nous dévoilent que, dès la Création du monde, le Saint béni soit-Il avait posé comme condition à la mer que le jour venu où les Bné Israël sortiraient d’Égypte et devraient traverser la mer, elle se fendrait. Alors pourquoi cela a-t-il été aussi difficile ? Pourquoi cela ne s’est-il pas produit immédiatement lorsque le peuple est arrivé au bord de la mer ?

Le Maître du monde voulait que le peuple juif se renforce d’abord dans sa foi et, ensuite, la délivrance aurait lieu. Bien que la délivrance nous attende au coin de la rue, tout est prêt, il ne faut que la Emouna. C’était la difficulté ici, il fallait quelque temps pour que le peuple d’Israël se renforce du point de vue de la Emouna.

Ségoula

De même pour trouver un conjoint, ou un travail. La délivrance est déjà prête et à notre disposition, mais elle ne peut intervenir sans Emouna dans le Créateur qui se consacre à la formation des couples, et si nous n’avons pas foi dans le Créateur qui nourrit de la plus grande à la plus petite des créatures.

Les livres de ‘Hassidout sont tous d’avis que le septième jour de Pessa’h est un jour très propice aux délivrances dans ces deux domaines : la Parnassa et le Couple. C’est à ces deux sujets qu’il est dit qu’il est difficile de les obtenir, au même titre que l’ouverture de la mer des joncs.

Ce jour-là, une fenêtre d’opportunité s’ouvre à nous, dans le sillage de la supplique adressée par le peuple d’Israël, et les délivrances dont ils ont bénéficié sont à portée de main. Le jour de l’ouverture de la mer, nous pouvons aussi, chacun d’entre nous, fendre notre mer personnelle, qui nous semble totalement insurmontable. Mais, comme nous l’avons expliqué, en nous armant d’une foi inébranlable dans le Créateur de l’univers, nous pourrons également traverser la mer à sec.

Rav Yéchayahou Wind