Nous aspirons tous à recevoir de l’aide divine dans notre combat quotidien contre le Yétser Hara, mais, pour la mériter, il est nécessaire d’agir, afin de manifester à Hachem notre volonté profonde de nous améliorer. Le Gaon de Vilna affirme que l’homme ne peut recevoir de l’aide divine qu’après avoir fait tout ce qui en son pouvoir pour combattre son mauvais penchant.

• Méthode n°1 : faire taire le mauvais penchant

La première méthode de combat est de faire taire le mauvais penchant en repoussant les pensées qu’il nous suggère. On raconte que le Rav Mévorky était couché dans son lit lorsqu’il ressentit l’envie de sentir la poudre de tabac qui se trouvait dans la chambre voisine. Il s’adressa alors au mauvais penchant : « Si je me lève et vais dans la chambre voisine chercher la boite de tabac, tu auras gagné, car j’aurais suivi mes instincts. Si je reste au lit, tu auras gagné, car j’aurai fait preuve de paresse ! » Le Rav se rendit donc dans la pièce voisine sans toucher au tabac et il retourna dans son lit, pour à la fois ne pas suivre ses instincts et ne pas faire montre de paresse.

• Méthode n°2 : repousser la lutte à plus tard

Dans la plupart des cas, le Yétser Hara nous pousse à agir immédiatement, sans réfléchir. Il faudra donc repousser la lutte à plus tard, au lendemain ou encore à la prochaine fois.

Cette méthode est spécialement opérante pour limiter les plaisirs (sommeil, nourriture, etc.), pour acquérir le zèle et surmonter sa paresse ou encore pour maîtriser sa colère.

Lorsque le Yétser Hara vous incite à fauter, repoussez l’action à plus tard.

En revanche, s’il vous empêche de faire une Mitsva en renforçant votre paresse, commencez à agir tout de suite et repoussez la paresse.

• Méthode n°3 : procéder par étapes

En général, si vous commencez à progresser légèrement, le Yétser Hara vous attaquera d’une autre façon : il vous découragera en vous montrant tout ce qu’il vous reste à améliorer.

Si vous vous trouvez face à une épreuve qui vous semble insurmontable, cherchez à changer de point de vue. Il est possible que ce qu’Hachem attend de vous, pour l’instant, soit de surmonter une partie de l’épreuve. Décomposez-la en parties réduites afin de combattre le Yétser Hara.

• Méthode n°4 : détourner les mauvaises pensées

Par exemple, lorsque des pensées étrangères viennent troubler votre prière, ne pensez pas : «  Je ne dois pas les laisser entrer, je ne dois pas les laisser entrer ». Cherchez plutôt à les détourner : vous êtes dans le palais du roi, les anges dansent autour de vous avec enthousiasme…

• Méthode n°5 : aucune concession

Le Yétser Hara commence toujours par nous attaquer en nous influençant à transgresser des fautes minimes. Par la suite, lorsqu’il se renforce, il nous incite à commettre des fautes plus importantes. C’est la raison pour laquelle il est fondamental de ne faire aucune concession, même infime, au mauvais penchant.

• Méthode n°6 : fuir le Yétser Hara

Un jour où il n’y avait personne, la femme de Potifar, qui cherchait à séduire Yossef, lui tira son  vêtement. À ce sujet il est écrit : « Il abandonna son vêtement dans sa main, s’enfuit et sortit dehors.  » Or, il est difficile de comprendre que Yossef ait laissé son vêtement à la femme de Potifar, puisqu’il savait qu’elle allait utiliser cette fausse preuve pour l’accuser auprès de son mari et ainsi se venger. Nos Sages répondent qu’il craignait que le Yétser Hara ne le surprenne, il prit donc la fuite aussi vite que possible, malgré le risque d’être accusé injustement.

À l’image de Yossef Hatsadik, prenez la fuite dès que vous pressentez une attaque du Yétser Hara. Cela peut être se sauver d’un endroit où se trouvent des personnes infréquentables, fuir de son lit le matin en cas de paresse, etc.

• Méthode n°7 : deux méthodes de Moussar

Ces deux méthodes exposées précédemment ont en commun d’utiliser la force de l’imagination. Le Yétser Hara se sert en effet de notre imagination sans aucune intervention de la raison. Les méthodes suivantes utilisent quant à elles l’imagination guidée par la raison.

– La peur des autres

En cas d’attaque du Yétser Hara, imaginez que quelqu’un que vous respectez vous regarde, ou encore que votre faute sera dévoilée à votre entourage.

– Le mérite de nos ancêtres

Le Yétser Hara s’introduit parfois en vous faisant croire que la Mitsva que vous souhaitez accomplir n’est valable que pour les Tsadikim, que vous n’êtes pas au niveau de vos aspirations spirituelles, etc. La réponse à cette attaque est contenue dans la Michna : « Sache d’où tu viens » Rappelez-vous que vous êtes les descendants de Tsadikim : Avraham, Its’hak et Yaakov et que vous avez donc le niveau d’accomplir toutes les Mitsvot et de devenir vous-même un Tsadik. En revanche, si le Yétser Hara de l’orgueil vous attaque, la réponse se trouve dans la fin de la même Michna : « Sache où tu te diriges […] vers un lieu de poussière, de vers et de vermine ».

Nous avons apporté dans cet article plusieurs conseils et méthodes pour lutter contre le Yétser Hara. Dans ce combat, il ne faudra pas vous décourager, les Tsadikim eux-mêmes font des erreurs, comme il est écrit : « Le Tsadik tombe sept fois et se relève ». Ils savent que la chute fait partie de la progression dans le Service divin, c’est pourquoi ils ne se découragent pas et tirent des enseignements de leurs échecs.

La valeur de l’accomplissement des Mitsvot dépend de nos efforts et de notre application et chacun de nos combats contre le mauvais penchant a une valeur.