Lorsqu’on aborde un sujet aussi vaste que la Torah, il faut d’emblée préciser qu’il s’agit là non seulement d’une science et d’une connaissance infinie, mais aussi et surtout d’un outil destiné à transformer l’être humain.

Rapportons tout d’abord quelques anecdotes qui permettront de saisir un tant soit peu la grandeur infinie de la Torah.

Le Gaon de Vilna, qui vivait il y a environ 250 ans, connaissait la totalité du Chass (le Talmud de Babylone) dès l’âge de 12 ans. Il rédigea des dizaines d’ouvrages sur la Torah et en possédait une connaissance encyclopédique. Un jour qu’il affichait un air mélancolique, contrairement à son habitude, un de ses élèves l’interrogea sur la raison de son humeur. Le maître consentit à lui expliquer la chose : « Cette nuit, j’ai fait un rêve dans lequel m’est apparu Eliyahou Hanavi (le prophète Elie). Celui-ci a cité une phrase de la Parachat Lekh Lékha : « ‘Alou banéguev » (« Commencez votre tournée dans le pays par le sud »). Ce furent les mots prononcés par Moché Rabbénou lorsqu’il envoya douze princes explorer la terre d’Israël. Eliyahou Hanavi m’a livré 2260 commentaires différents sur ces trois mots ! À l’aide d’un seul d’entre eux, il a pu me dévoiler toutes les forces qui animent l’être humain[1]. Ce fut une révélation extraordinaire. Mais ce matin, après m’être réveillé, j’ai continué à méditer ces commentaires avant la récitation de la Birkat Hatorah.[2] »

Du fait que le Gaon de Vilna eut transgressé sa propre décision halakhique, il fut puni et oublia la totalité des 2260 commentaires… Voilà pourquoi il était tellement attristé.

(Notons que trois semaines après ces évènements, Eliyahou Hanavi apparut une nouvelle fois au Gaon de Vilna pour lui répéter ces explications. Le Gaon de Vilna prit garde cette fois à ne pas penser à ces Divré Torah avant la récitation de la Birkat Hatorah.)

Cette histoire, comme celles qui suivent, nous permet d’avoir un bref aperçu de ce qu’est l’envergure de la Torah.

La Guémara (Talmud de Babylone ou de Jérusalem) quant à elle, rapporte : « Rabbi 'Akiva enseignait des monticules de Halakhot sur les Taguim (les petits traits verticaux qui ornent certaines lettres de l’alphabet hébraïque). »

Une autre Guémara raconte : « Rabbi Eliézer disait : « Si tous les océans étaient d’encre, cela ne suffirait pas pour mettre par écrit ce que je connais de la Torah, et ce que je connais de la Torah n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan par rapport à ce que mes maîtres m’ont enseigné. »  En dépit de tout cela, sur le verset : « La Torah de Hachem est parfaite, elle restaure l’âme », le Gaon de Vilna explique : « La Torah de Hachem est intacte, telle un livre que personne n’a étudié. » Toute la connaissance accumulée au cours des millénaires par les millions d’enseignants et d’étudiants en Torah ainsi que les millions de livres rédigés sur le sujet ne représentent en réalité qu’une goutte d’eau dans l’océan de la connaissance de la Torah.
 


[1] Selon le Gaon de Vilna, l’humain possède au total 70 facultés morales, intellectuelles et spirituelles. 

[2] Chose interdite, toujours selon le Gaon de Vilna.