« Mon Histoire » est un projet de documentation et de préservation de milliers de témoignages et de souvenirs de personnes ayant eu des rencontres personnelles avec le Rabbi de Loubavitch. Un livre en hébreu vient aujourd’hui de paraître, contenant un recueil de tels récits fascinants, offrant un aperçu captivant de la personnalité et de la figure du Rabbi. Parmi les récits du livre, nous avons choisi cinq histoires de personnes qui racontent comment un conseil ou une orientation du Rabbi a changé leur vie à jamais – et peut-être la vôtre aussi.
1. Ne jamais désespérer : Il est toujours avec toi
Yaakov Shifman avait treize ans lorsque son père fut atteint d’un cancer agressif. Son état se dégrada rapidement. La rencontre de Yaakov avec le Rabbi allait pourtant changer sa vie…
Le Rabbi se leva, se dirigea vers sa bibliothèque, prit un volume du Talmud et lui dit : « Ton père est très malade et sa fin approche. Avec l’aide de D.ieu, tout ira pour le mieux, mais ton père sera abattu, et toi aussi tu risques de l’être. Tu as besoin de quelque chose qui te donne de la force. Je veux t’enseigner quelque chose qui t’aidera à continuer d’avancer. »
Il ouvrit le traité Berakhot et lui enseigna l’histoire du roi ‘Hizkiyahou. Lorsque ce dernier tomba gravement malade, le prophète Isaïe vint lui annoncer que ses jours étaient comptés et qu’il devait se préparer à mourir. Mais le roi refusa de céder au désespoir. « Non, je mets ma confiance en Hachem », déclara-t-il. Même lorsque le prophète lui dit qu’il était déjà trop tard, car le décret avait été prononcé, ‘Hizkiyahou se tourna vers la prière, conformément à l’enseignement de nos Sages : « Même lorsqu’une épée tranchante est posée sur le cou d’un homme, il ne doit jamais cesser d’espérer la Miséricorde divine. »
Je me tenais de l’autre côté du bureau du Rabbi. Mais au milieu de l’étude, le Rabbi me fit signe de contourner la table et de venir lire avec lui dans la Guémara. Il traduisait lentement chaque mot en yiddish, me montrant le texte du doigt, comme un père enseigne à son fils. Il me demanda de répéter plusieurs fois jusqu’à être certain que j’avais parfaitement compris le message : « Même au bord du précipice, il ne faut jamais perdre espoir. Il ne faut pas sombrer dans le désespoir ou la dépression. Il faut continuer à se tourner vers Hachem et accepter Sa volonté. »
Deux mois et demi plus tard, mon père décéda. Sans ce que le Rabbi m’avait transmis, je serais probablement tombé dans le désespoir. J’avais très peu de proches pour s’occuper de moi, et je n’étais qu’un adolescent. J’aurais pu facilement m’égarer. J’ai traversé des moments très difficiles. Mais chaque fois, je me rappelais ce que le Rabbi m’avait enseigné, et cela me remettait sur le bon chemin. Si aujourd’hui je suis un Juif pratiquant, un homme équilibré qui a eu le mérite de fonder une belle famille, je le dois à ce jour où le Rabbi a pris tant de temps pour moi et m’a expliqué : « Lorsque tu rencontres une difficulté et que tu as l’impression d’être tombé tout au fond, souviens-toi d’une chose : ne désespère jamais. Car le Saint béni soit-Il est avec toi, même là. Ouvre-Lui ton cœur, et Il t’aidera. »
2. Quelque chose qui vaut la peine de vivre
Le docteur Ruth Benjamin est psychologue clinicienne. Née dans une famille chrétienne, elle s’est convertie au judaïsme à l’âge de vingt-cinq ans. Sept ans plus tard, elle eut le mérite de rencontrer le Rabbi lors d’une entrevue privée. Le Rabbi s’entretint avec elle au sujet des patients qui remettaient en question la valeur de leur existence. Il lui expliqua qu’elle avait la responsabilité de les aider à comprendre qu’ils ont une mission et une responsabilité dans ce monde…
Je lui racontai alors l’histoire d’un de mes patients souffrant de tendances suicidaires. J’avais réussi à le faire hospitaliser à temps, ce qui lui avait sauvé la vie. Plus tard, il était revenu me voir et m’avait dit : « C’est grâce à vous que je suis encore en vie. Maintenant, donnez-moi une raison, quelque chose qui vaille la peine que je continue à vivre. »
Je ne savais pas quoi lui répondre. Je demandai donc au Rabbi ce que je pouvais dire à un patient qui pose une telle question. « Dites-lui qu’il fait partie du monde du Saint béni soit-Il », répondit le Rabbi. « Cela signifie qu’il a des comptes à rendre à son Créateur. Lorsque vous accompagnez des personnes ayant des tendances suicidaires, vous devez les amener à comprendre que le suicide est comparable à un meurtre. En effet, notre corps ne nous appartient pas. Il n’est pas à nous. Nous n’avons pas le droit de lui faire du mal de quelque manière que ce soit, et certainement pas de lui retirer la vie. »
Cette idée transforma profondément ma façon de travailler en tant que thérapeute et, sans aucun doute, permit de sauver la vie de nombreux patients…
3. Fais cela chaque matin et chaque soir… et ta vie sera plus paisible et plus heureuse
Irving Wolinsky grandit à Brooklyn mais, adolescent, il s’éloigna de la pratique religieuse. Plus tard, il traversa une période particulièrement difficile : son cabinet dentaire était au bord de la faillite, sa mère souffrait d’une grave maladie cardiaque, son épouse traversait une dépression post-partum et, comme si cela ne suffisait pas, l’armée américaine s’apprêtait à l’envoyer combattre en Corée. Un jour, il accepta de rencontrer le Rabbi. Voici son témoignage…
J’ai exposé au Rabbi tous mes problèmes. Je lui ai d’abord parlé de la maladie de ma mère et de ma crainte de la perdre prochainement. Je lui ai ensuite raconté la dépression dont souffrait mon épouse après la naissance de notre enfant. Enfin, je lui ai parlé de ma propre situation : malgré trois années d’activité dans ma profession, je rencontrais de graves difficultés financières. L’avenir me paraissait bien sombre et je craignais de rester pauvre toute ma vie. Malgré tous mes efforts, rien n’avançait.
Après m’avoir écouté, le Rabbi me questionna sur mon passé religieux. Je lui racontai combien mon grand-père maternel avait marqué mon enfance. Je me souvenais de nos visites à la synagogue et du fait que nous récitions ensemble le Chéma' avant de dormir : "Chéma Israël, Hachem Elokénou, Hachem E'had." Le Rabbi me dit : "Tu devrais le réciter chaque soir afin de passer une nuit calme et sereine, puis le redire le matin afin que ta journée se déroule dans la paix." Il ajouta que la pose quotidienne des Téfilin pourrait également m’aider.
Puis il me demanda si je travaillais le Chabbath. Je dus reconnaître que oui. Le Rabbi répondit : "Lorsque tu déménageras, comme tu l’envisages, il serait bon d’organiser les horaires de ton cabinet de façon à ne pas avoir à travailler le Chabbath." Il ne le formula pas explicitement, mais j’eus l’impression qu’il me faisait comprendre que ma situation financière s’améliorerait si je respectais le Chabbath.
Après mon service militaire, j’ouvris un cabinet à Bayside. La plupart des habitants travaillaient dans les villes voisines et ne pouvaient consulter un médecin que le week-end. D’un point de vue professionnel, fermer le cabinet le Chabbath paraissait totalement irrationnel. Pourtant, je me dis : "Peut-être que cela vaut la peine d’essayer de suivre le conseil du Rabbi." Je décidai donc de cesser de travailler le Chabbath. À ma grande surprise, bien que mon cabinet soit fermé le jour le plus fréquenté de la semaine, il ne cessa de prospérer. Le nombre de patients augmentait constamment. Mes revenus progressaient de semaine en semaine et de mois en mois. Étant de nature très rationnelle, j’essayais de comprendre la logique de ce phénomène, mais je n’y parvenais pas.
Je commençai également à mettre les Téfilin chaque matin et à réciter le Chéma', comme le Rabbi me l’avait conseillé. Peu à peu, je ressentis davantage de satisfaction dans ma vie. Je devins plus calme et plus serein. Ma mère, dont l’état semblait désespéré, vécut encore dix années supplémentaires. Mon épouse guérit de sa dépression. Et mon état d’esprit passa de l’abattement à un profond sentiment de bonheur et d’accomplissement. Sur le plan matériel aussi, j’ai connu une grande réussite. Et jusqu’à aujourd’hui, j’attribue entièrement cette réussite aux conseils du Rabbi…
4. Chacun peut devenir une grande personne
Le Rav Norbert Weinberg travaillait dans l’éducation des enfants et des adolescents à New York. Avec le temps, il commença à ressentir une profonde frustration : malgré tous ses efforts, il ne voyait aucun résultat. Lors d’une rencontre avec le Rabbi, sa vision des choses changea complètement…
J’ai partagé mon dilemme avec le Rabbi. Je lui ai expliqué que le fait de ne constater aucun progrès chez les enfants me plongeait dans un grand découragement. Je ne voyais plus aucun intérêt à leur enseigner quoi que ce soit. Que devais-je faire ? Peut-être valait-il mieux quitter le domaine de l’éducation et entreprendre des études de médecine ou de droit ?
Le Rabbi me répondit : "Tu me demandes quelle importance il y a à enseigner à ces enfants. Mais ces jeunes ne sont pas responsables de leur situation ; ils ne sont qu’au début de leur vie. Chacun d’entre eux peut devenir un jour une grande personne au sein du peuple juif. Tu me demandes si cela vaut la peine de leur enseigner ?! Même un condamné à mort doit réciter une bénédiction avant de boire un verre d’eau, tout comme un juste est tenu de le faire. Comment pourrais-tu priver cet enfant de l’occasion de prononcer une bénédiction ? Enseigner à un enfant à réciter une bénédiction — qu’y a-t-il de plus grand que cela ?"
J’étais complètement bouleversé. Durant toutes les années où j’avais travaillé dans l’éducation, jamais une telle perspective ne m’était venue à l’esprit. À la fin de notre entretien, le Rabbi ajouta encore : "Ne te préoccupe pas de ce qu’ils deviendront plus tard, de ce qu’ils observeront ou non. Toi, fais simplement tout ce qui est en ton pouvoir et investis-toi auprès d’eux de ton mieux. Quant aux Mitsvot qu’ils accompliront, elles possèdent leur propre force."
Cette rencontre transforma profondément ma vie et me donna la force de continuer. À partir du moment où j’ai compris que chaque Mitsva que je réussirais à semer dans le cœur d’un enfant possédait une valeur et une puissance éternelles, j’ai su que mes efforts ne seraient jamais vains. J’ai adopté cette idée comme principe de vie. Et grâce à l’influence que le Rabbi a eue sur moi, j’ai eu à mon tour le mérite d’influencer la vie de nombreux autres Juifs…
5. Ne jamais renoncer à qui que ce soit
Le professeur Shlomo Eckstein fut président de l’Université Bar-Ilan. Dans les années 1950, il servit comme émissaire du mouvement Bné 'Akiva au Mexique. Il partagea avec le Rabbi les difficultés rencontrées dans son travail auprès des jeunes…
« Nous investissons énormément d’efforts dans l’éducation et donnons aux enfants juifs toutes nos forces. Pourtant, il arrive souvent qu’une partie d’entre eux s’éloigne. Ils quittent non seulement Bné 'Akiva, mais aussi toute l’atmosphère de la communauté juive, allant jusqu’à abandonner complètement leur judaïsme. Notre question est la suivante : où trouver les forces pour faire face à ces déceptions ? »
Le Rabbi me regarda et me répondit : « Le roi David dit dans les Psaumes : "Ceux qui sèment dans les larmes récolteront dans la joie." Cela signifie que lorsqu’une personne "sème dans les larmes", qu’elle investit tout son cœur pour diffuser la lumière et la chaleur du judaïsme, il lui est garanti qu’elle "récoltera dans la joie". Chacun doit consacrer tous ses efforts à l’éducation juive. Peut-être ne mériteras-tu pas forcément de voir toi-même le résultat final qui en sortira, mais sois certain qu’il en découlera assurément quelque chose de bon. »
Les paroles du Rabbi nous inspirèrent profondément dans notre travail. Pourtant, je ressentais encore que nous ne faisions pas assez et que nous ne voyions pas suffisamment de résultats. C’est pourquoi, quelque temps plus tard, je décidai d’écrire une lettre au Rabbi, lui demandant de nous apporter un encouragement supplémentaire.
Moins de deux semaines plus tard, la réponse arriva. L’idée centrale de sa lettre était que quiconque a la capacité d’influencer les autres – en particulier ceux qui œuvrent dans le domaine de l’éducation juive – ne doit jamais renoncer à un seul de ses élèves, même aux plus difficiles. Je pris ces mots très à cœur et transmis ce message à tous les éducateurs de Bné 'Akiva ainsi qu’aux enseignants avec lesquels j’étais en contact.
Après avoir quitté mes fonctions de recteur et de président de l’Université Bar-Ilan, mon fils Eitan, fondateur en Israël de « Retorno », un centre de traitement des addictions, me proposa de me joindre à son travail. C’est une véritable mission de sauvetage de vies. Les jeunes que nous accompagnons à Retorno sont souvent des adolescents que même leurs propres familles ont rejetés. Et chaque jour, je repense aux paroles du Rabbi : « Quiconque a la capacité d’influencer les autres… ne doit jamais renoncer à un seul de ses élèves, même aux plus difficiles. »
Après toutes ces années passées à Retorno, j’ai appris à apprécier encore davantage ce que le Rabbi nous avait dit soixante ans plus tôt : lorsque nous investissons tout notre cœur, notre labeur finit toujours par porter ses fruits…




