Il semblerait que le fait d’être mère fait surgir nos plus grandes insécurités. Lorsque je devins maman pour la première fois, je me demandais constamment : est-ce que j’agis comme il faut ?

Est-ce que je lui donne suffisamment à manger pendant la journée ? Doit-on lui donner le bain comme ça ?

Lorsqu’ils grandissent, c’est encore plus difficile. Dois-je lui permettre de porter son pull préféré chaque jour? Puis-je accepter qu’il ne mange que des pâtes ?

J’avais toujours en tête une petite voix harcelante qui me disait : « Tu as tout faux ! »

C’est la raison pour laquelle il est si important pour un parent d’épouser les principes de la psychologie positive. Une mère qui comprend ses points forts, propres à elle seule, aura plus d’assurance dans ses capacités parentales. Elle sera plus productive, pourra mieux interagir avec ses enfants et exercer plus efficacement son rôle de parent. Elle et ses enfants afficheront plus de bonheur et de bien-être.

Dr Haïm Ginott, un éminent psychologue des années 60 et 70, a évoqué la question des forces dans ses cours d’éducation. Une mère se sentait coupable, car son enfant lui avait demandé d’être la « mère de la classe » et elle lui avait répondu non. Elle se plaignit auprès du Dr Ginott : « Pourquoi suis-je comme ça ? Pourquoi ne puis-je ressembler aux autres mères ? »

Dr. Ginott répondit avec fermeté :

Une telle question ne sème que la confusion. Elle présuppose que nous devons ressentir la même chose que les autres. Mais c’est faux. Nous ne sommes pas quelqu’un d’autre, nous sommes nous-mêmes. Vous êtes vous-même. Nous revenons à la même idée. Nous ne pouvons ressentir que ce nous ressentons. Et nous avons réellement des sentiments différents - chacun d’entre nous - non seulement sur l’idée d’être la mère de la classe, mais sur tout. Une mère aime faire des gâteaux avec ses enfants, tandis qu’une autre ne supporte pas de les avoir dans les jambes dans la cuisine ; une autre aime rassembler ses petits enfants autour d’elle pour leur raconter des histoires, alors que pour une autre maman, c’est inconcevable. Nous avons tous nos points forts et nos limitations.
 

Voici cinq questions que nous pouvons nous poser et qui peuvent nous aider à trouver nos forces, notre caractère unique et notre style individuel, pour être de bons parents, productifs et efficaces.

1. Quel aspect du rôle de maman trouvez-vous stimulant ? Qu’est-ce qui est facile pour vous ?

Nous passons souvent beaucoup de temps à nous concentrer sur nos points faibles. Notre robe ne convient pas à la fête, notre maison n’est pas assez propre, nos enfants pas assez polis et notre voisine fait tout beaucoup mieux que nous. Nous devons cesser de nous concentrer sur nos erreurs présumées et concentrer nos efforts sur la recherche de nos domaines de compétence. Ce sont nos points forts. C’est notre part du rôle de maman et d’éducatrice qui nous est le plus naturel. C’est ce qui nous donne un sentiment de satisfaction et de complétude.

Réfléchissez à ce que vous aimez faire avec vos enfants. L’heure du bain ou servir à vos enfants leurs plats préférés est-elle l’une de vos activités favorites ? Appréciez-vous l’heure de border vos enfants ou le moment de vous installer confortablement pour lire un bon livre ? Aimez-vous sortir avec vos enfants en ville pour leur montrer une nouvelle exposition au musée, ou préférez-vous préparer du popcorn et regarder des vieux films avec tout le monde installé sur le canapé ? Pour une raison ou une autre, nous nous poussons à faire des choses pénibles, que nous n’apprécions pas. Or ironiquement, nos points forts, ce sont les activités que nous faisons sans effort.
 

2. Quand vous sentez-vous bien dans votre rôle de parent ?

Est-ce les câlins et les bisous de vos enfants, ou enseigner à vos enfants à nouer les lacets de chaussures et à monter à vélo ? Appréciez-vous lorsque votre enfant vous répète une leçon qu’il a apprise, comme le cycle du papillon ou la vie du castor ? Ou appréciez-vous les activités manuelles, telles que le dessin ou la couture ?

La plupart des clients ne me racontent pas leurs meilleurs moments de parents. Ils me confient surtout les moments où ils se sont trompés. Dans l’un de mes cours, j’ai décidé de changer cette approche. Tout le monde a dû raconter une situation où ils pensaient avoir agi comme il faut. Les parents ont alors réalisé : « Je ne suis pas si mauvais que ça. » Vous concentrer sur les aspects positifs de votre rôle de parent vous permettra de mieux vous apprécier pour tout ce que vous faites.
 

3. Quelles sont vos cinq qualités majeures, et comment les employez-vous pour améliorer votre relation avec vos enfants ?

Voici une courte liste de traits de caractère qui peut vous aider à déterminer ces 5 qualités :

Vous êtes honnête, gai, indépendant, artistique, intelligent, sportif, spirituel, bon vivant, décontracté, bienveillant, spontané, réfléchi, pratique, flamboyant, au bon cœur, courageux, logique, calme, discret, coopératif, aimant donner, ponctuel, sympathique, chaleureux, diplomatique, aventurier.

Vous devez cultiver vos qualités et trouver des moyens de communiquer avec vos enfants en mettant à profit ces traits de caractère dont vous êtes le plus fier.

Si vous possédez un bon cœur, que vous avez de la compassion, alors il vous sera facile de compatir avec votre enfant et vous trouverez facilement des moyens de communiquer avec votre enfant. Si vous avez un esprit indépendant, alors enseigner à vos enfants des compétences de base pour qu’ils gagnent eux-mêmes une certaine indépendance sera naturel pour vous. Si vous êtes une maman flamboyante et aventurière, vous enseignerez à vos enfants à apprécier la vie et à trouver de la joie dans l’inattendu.
 

4. Quel aspect du rôle de maman vous dépasse ?

Soyez honnête avec vous-même. Certaines mamans ont plus d’énergie que d’autres. Définissez clairement vos capacités et travaillez avec elles. Si vous êtes très exigeante pour des tâches de maman typiques, prenez de l’aide. Embauchez une baby-sitter ou une femme de ménage. Si ce n’est pas possible, ayez une discussion franche avec votre époux, ou demandez à votre mère, belle-mère ou sœur de vous aider.

Des mamans sensibles et délicates peuvent se sentir débordées, car elles font trop pour leurs enfants. Parlez à vos amies plus indépendantes pour savoir comment inciter vos enfants à aider. Des mamans indépendantes, d’un autre côté, peuvent reculer devant un enfant trop sensible. Des mères trop émotionnelles peuvent rendre la faveur et enseigner à ces mamans comment mieux gérer le monde des sentiments. Une maman aventurière peut avoir du mal à gérer les emplois du temps et les contraintes du rôle de parent. Elle voudra peut-être employer son imagination pour réaliser ses tâches de manière plaisante et originale.

Etre réaliste avec vous-même et reconnaître vos faiblesses de manière souple vous permet de dépenser votre énergie à trouver des solutions créatives et pratiques pour gérer vos limitations.
 

5. Que faites-vous pour « recharger vos batteries » et vous détendre ?

Les mamans ont besoin de temps pour elles-mêmes. C’est une nécessité. Les mamans ont besoin de se détendre et de vivre tout simplement. Les exigences d’une famille peuvent vous laisser en état d’épuisement. Chacune a sa propre manière de se détendre. Trouvez vos préférences personnelles.

Aimez-vous les cours de spinning, la lecture d’un bon livre, confortablement installée, une conférence intéressante ou une rencontre entre amis ?

Réfléchissez également à une activité que vous aimiez enfant et que vous avez oubliée depuis un bon moment. J’aimais le patin à glace lorsque j’étais enfant. Lorsque mon enfant a pris des cours de patin, j’en ai pris aussi. J’ai redécouvert un loisir du passé. Au lieu d’aller à la salle de sports, j’allais une fois par semaine à la patinoire. Prenez note de ce qui vous détend et tentez d’introduire autant que possible des moments de détente dans votre emploi du temps.

Remarquez que je ne propose jamais de vous poser la question suivante : que fait votre meilleure amie, dans son rôle de parent, qui vous donne un sentiment d’infériorité et pourquoi ne pas l’imiter ? Qu’est-ce qui vous donne le plus grand sentiment de culpabilité ? Comment votre mère a-t-elle exercé son rôle de parent et pourquoi n’avez-vous pas fait tout pour l’imiter ?

Pour arriver au fond de vos points forts, propres à vous uniquement, les questions que vous devez poser sont celles qui vous forcent à vous tourner vers l’intérieur et à jeter un coup d’œil sur vous-même d’une manière positive et productive.

Nos points forts sont les domaines où nous sommes bons naturellement et qui nous donnent de l’énergie. Pour accroître notre joie, notre contentement et notre plaisir avec nos enfants et nos familles, nous devons cultiver et bâtir nos compétences de parent.

Très simplement, la clé de notre bonheur et, au bout du compte, de celui de nos enfants est de trouver ce que nous aimons dans notre rôle de mère et de concentrer nos efforts dans ce domaine.

Adina Soclof