Alors que la mer se refermait sur leurs bourreaux, les enfants montrèrent du doigt D.ieu en proclamant : « Voici Celui qui nous a élevés et nourris ! ». Quel lien avec le doigt pointé de la mariée sous le dais nuptial ? La Rabbanite ‘Haguit Chira délivre un beau message aux mariés… 

« C’est par le mérite des femmes pieuses que nous fûmes délivrés d’Egypte et c’est par leur mérite que nous serons délivrés dans le futur », nous enseignent les Sages dans le Midrach Yalkout Chimoni.

Le Midrach dans Chémot Rabba nous relate la manière extraordinaire dont les femmes hébreux attirèrent à elles leur époux afin d’assurer la continuité de leur peuple en Egypte.

Les Hébreux, alors soumis à un rude esclavage, n’avaient plus de force pour retrouver leurs épouses et s’unir à elles. A la fin de leurs journées rythmées par un labeur exténuant et les coups incessants des contremaîtres égyptiens, les hommes s’écroulaient sur leur couche, sans force et abattus.

C’est alors que leurs femmes entreprenaient de redonner à leurs maris l’envie de les retrouver : munies de seaux, elles allaient au puits et la Providence faisait en sorte que l’eau puisée était chargée de petits poissons. Elles cuisaient ensuite les poissons qu’elles servaient avec diligence à leurs maris, tandis qu’elles chauffaient l’eau et les aidaient à se laver. Ainsi restaurés, les hommes retrouvaient la force et le désir de s’unir à leurs vertueuses épouses et c’est ainsi que la survie du peuple juif fut assurée, malgré les dures épreuves auxquelles il était soumis.

Sous les pommiers

Au terme de leur grossesse, les femmes hébreux donnaient naissance sous les pommiers, comme il est dit (Cantique des Cantiques 8,5) : « C’est sous le pommier que j’ai éveillé ton amour, là où ta mère te mit au monde ». Puis, elles confiaient le sort de leurs bébés au Tout-Puissant, qui mettait à la disposition de ces derniers deux rochers : l’un duquel coulait le miel, et l’autre duquel coulait de l’huile.

C’est ainsi, sous la protection miraculeuse de D.ieu, que ces enfants grandissaient. Dès qu’ils étaient en mesure de marcher, ils retournaient chez leurs parents qui s’étonnaient de les voir si bien portants… « Quelqu’un de bienveillant dont nous ignorons le nom a pris soin de nous et nous a nourris durant toutes ces années », répondaient les enfants, sous les regards intrigués de leurs parents.

Ce n’est que bien plus tard, lorsque les Hébreux assistèrent au miracle de l’ouverture de la Mer des Joncs et qu’ils entonnèrent un chant en l’honneur de D.ieu, le Cantique de la Mer, que les parents comprirent ce qu’il s’était passé. « Voici mon D.ieu, je Lui rends hommage ! » (Chémot 15,2), proclamèrent alors les enfants hébreux en pointant du doigt Hachem qui Se dévoilait aux yeux de Son peuple. Ils venaient de Le reconnaitre : oui, c’était bien D.ieu qui avait pris soin d’eux en Egypte !

Le doigt de la Emouna

Ce doigt que les enfants pointèrent vers le haut, mes chères amies, est le doigt de la Emouna (foi en D.ieu). Sous son dais nuptial, aux côtés de son ‘Hatan, la Kalla pointe elle aussi son doigt en attente de l’anneau qui viendra s’y poser, au son des paroles saintes : « Voici que tu m’es consacrée par cet anneau, conformément à la loi de Moché et d’Israël ».

Or ce n’est pas là un simple hasard : ce doigt pointé vers le haut signifie lui aussi, comme lorsque les enfants d’Israël entonnèrent le Cantique de la Mer : « Voici mon D.ieu, je Lui rends hommage ! » Car en effet, la mariée indique à son époux que tout ce qu’ils sont appelés à vivre ensemble au cours de leur vie commune est le produit de la Providence Divine. Les joies comme les peines, les réussites comme les échecs, tout est dû à la volonté Divine et se doit d’être appréhendé sous l’œil de la foi.

Chères amies, la vie de couple n’est pas toujours simple. Les incompréhensions viennent s’ajouter aux différences de caractère, qui elles-mêmes se juxtaposent aux divergences d’opinions et se heurtent au choc du vécu qui n’est forcément pas le même… Pourtant, une chose doit être claire à leurs yeux : tout est voulu par D.ieu et vise notre bien le plus absolu ! Rien n’est dû au hasard et tout est parfaitement calculé pour nous aider à progresser dans le sentier de notre vie commune.

Envisagés de la sorte, les aléas de la vie ne sont plus là pour entraver notre ascension, ils sont au contraire là pour nous propulser plus haut encore ! 

La bague au doigt

Quant au ‘Hatan, celui-ci dépose sur le doigt de sa fiancée une bague ronde, tout en prononçant la formule qui fera d’eux un couple marié selon la loi juive. La forme ronde de la bague vient elle aussi nous délivrer un précieux message : en effet, la particularité d’un anneau, c’est qu’après avoir effectué des tours, il revient toujours au même point. Il s’agit d’un cycle infini : l’anneau tourne encore et encore, mais finalement, il revient toujours à son point de départ.

En déposant un anneau au doigt de son épouse, le ‘Hatan lui signifie : « Quelles que soient les épreuves que nous traverserons, toi et moi reviendrons toujours au point de départ, qui est l’amour qui nous unit à ce moment. Peu importe les aléas de la vie que nous sommes appelés à surmonter, nous nous retrouverons toujours à nous aimer l’un l’autre ».

Mes chères amies, lorsque vous vous tiendrez – très rapidement avec l’aide d’Hachem – sous la ‘Houppa aux côtés de votre ‘Hatan, gardez bien à l’esprit les messages de foi et d’amour de la bague au doigt !

Rabbanite ‘Haguit Chira, adapté par E. Boukobza