Il y a quelques années, je devais prendre une décision, mais la peur qui était en moi ne me permettait pas de le faire. J’avais alors rencontré celui qui est finalement devenu mon mari. Certes, je savais intellectuellement que c’était la personne qui me convenait, mon cœur dansait et manquait des battements, et pourtant, je n’étais pas capable de sauter à l’eau et de dire : oui.
De manière générale, prendre des décisions n’est pas une chose si simple. Il y a beaucoup de paramètres et de facteurs à prendre en compte, beaucoup d’inconnues et d’incertitudes, surtout lorsqu’il s’agit d’une décision concernant quelque chose dans lequel nous avons échoué par le passé. Et moi, j’avais échoué. Alors comment pouvais-je compter sur moi-même pour savoir, cette fois-ci, faire le bon choix ?
Par chance, ce jour-là, j’ai rencontré Tamar, mon enseignante, et je lui ai raconté toute l’histoire de mon échec. Je pensais qu’elle allait briser mes peurs, qu’elle allait me dire que je n’avais aucune raison d’avoir peur, que nous paraissions être un couple parfait, que le cœur ne ment pas… Mais ce qu’elle m’a dit a été complètement différent, et cela a changé ma vie. « C’est vrai, cela fait peur », m’a-t-elle dit, « personne ne peut te promettre que tout se passera exactement comme tu le souhaites ou le veux.
Mais ce qui pourra t’aider à retrouver du courage, c’est la force de regarder la peur droit dans les yeux. Regarde les faits tels qu’ils sont, sans te laisser troubler. Mais rappelle-toi encore et encore : tu n’es pas seule. Certes, si tout dépend de ton intelligence, de ta capacité à lire l’avenir, de ta capacité à résoudre les problèmes, il est possible que ça ne réussisse pas — mais ne t’appuie pas uniquement sur tes capacités. Fais ce que tu peux, car avec les défis viennent aussi les forces. Mais Celui qui sait tout orchestrer, créer des occasions auxquelles tu n’aurais jamais pensé et t’aider à les rencontrer chaque jour de nouveau — c’est le Créateur du monde. Et c’est précisément sur cela et uniquement sur cela, que tu peux décider.
Alors j’ai décidé ; et je suis positivement surprise. Merci Créateur du monde, chaque jour à nouveau…
La Paracha Chéla’h Lékha raconte l’histoire des explorateurs. Les enfants d’Israël se tenaient face à une situation inconnue : ils devaient entrer dans une nouvelle terre. Ils comprennent qu’il y a ici un défi, et que ses conséquences pourraient bouleverser la situation.Que fait-on dans une telle situation ? Ils envoient des explorateurs recueillir des renseignements. Ainsi, douze explorateurs partirent recueillir des informations et revinrent vers le peuple pour raconter ce qu’ils avaient vu. Et effectivement, c’est exactement ce qui arriva : ils virent, ils enquêtèrent, et finalement… ils furent punis. Quasiment aucun commentateur ne manque de poser la question : pourquoi les explorateurs ont-ils été punis ? Ont-ils fait autre chose que ce qu’on leur avait demandé ? Ils ont recueilli des données et raconté au peuple ce qu’ils avaient vu de leurs propres yeux. Qu’y a-t-il eu de mal dans cela ?
Cette question a reçu de nombreuses explications et l’une d’elles a été merveilleusement formulée par le Rabbi de Loubavitch. Il est vrai que les explorateurs avaient été envoyés pour recueillir des informations. Mais lorsqu’ils sont revenus, ils ne se sont pas contentés de présenter des données objectives ; ils ont ajouté leur interprétation personnelle des choses. De plus, ils ont oublié qu’ils n'étaient pas seuls dans cette histoire. Personne ne leur a demandé de mentir. Effectivement, les habitants du pays étaient des géants, effrayants et semblaient invincibles. Cette information, ils devaient la transmettre. Mais l’ajout dans leurs paroles — selon lequel il était impossible de conquérir la terre — c’était cela, la faute.
Lorsque les explorateurs ont exprimé leur interprétation, ils ont en réalité renié la capacité du Saint béni soit-Il à les aider. Cela est évident que si le peuple d’Israël avait tenté de conquérir la terre seul, sans l’aide du Créateur, il est logique qu’il n’y serait pas parvenu. Mais ils n’étaient pas seuls ! Jusqu'à il n’y a pas si longtemps, ils étaient encore esclaves en Égypte. Quelques instants auparavant seulement, le Saint béni soit-Il les avait fait sortir avec des signes et des miracles. Il avait changé l’ordre de la nature, fendu la mer, les avait conduits à sec au milieu des flots et avait noyé leurs ennemis sous leurs yeux. Alors conquérir la terre — Il ne pourrait pas ?!
Nos Sages disent : « Le couple de chacun et la Parnassa sont aussi difficiles que l’ouverture de la mer Rouge. » Difficile ? Pour qui est-ce difficile ? Pour le Saint béni soit-Il ?! Celui qui a créé le monde aurait-Il du mal à envoyer à une personne son conjoint ou un gagne-pain ? Dans l’une de ses lettres, le Rabbi de Loubavitch écrit une idée incroyable à ce sujet (Iguérot Kodech, 8, 276) : selon lui, la difficulté de l’ouverture de la mer rouge n'était pas de fendre la mer. Le Saint béni soit-Il a déjà fait des choses plus difficiles que cela. La difficulté de l’ouverture de la mer rouge consistait à pousser l’homme à sauter à l'eau. Amener une personne à avoir la conviction que le Saint béni soit-Il lui donnera les forces nécessaires pour faire ce qu’il doit faire. Faire en sorte qu’une personne ait confiance en D.ieu, qui lui prépare de belles surprises et qu’elle aura la capacité d’y faire face. Au moment de l’ouverture de la mer rouge, rien ne s’est passé jusqu'à ce que Na’hchon ait sauté dans l’eau. Il a sauté et à ce moment la mer s’est ouverte. Rien qu’à ce moment, pas avant. C’est cela, l’ouverture de la mer.
Le Saint béni soit-Il attend que nous Lui fassions confiance suffisamment pour relâcher notre emprise… et sauter !
Qu’entre en nous la certitude qu’Il sera là pour nous donner ce qu’il y a de meilleur pour nous. Que nous ayons la foi qu’Il nous accompagnera dans tout ce que nous devrons traverser dans notre vie. Nous n’aurons jamais une connaissance suffisante qui nous garantira que tout se passera parfaitement. Mais si nous nous arrêtons, vérifions ce qui dépend de nous — cela suffit. Ce qui restera ensuite, ce sera sauter dans l’eau, et avoir confiance que, avec l’aide de D.ieu, des surprises positives nous attendent encore. Que nous ayons confiance en Lui et croyons qu’Il nous a donné tout ce dont nous avons besoin pour traverser le voyage de notre vie. Car jamais nous n’aurons un savoir suffisant, jamais il n’y aura de garanties que tout ira bien. Mais si nous avons demandé conseil, vérifié, fait ce qui était en notre pouvoir — alors c’est suffisant.
Ce qu’il reste à faire, c’est sauter dans l’eau et avoir confiance qu’avec l’aide d’Hachem, de bonnes surprises nous attendent encore…
Adapté et traduit du livre "Léyéter Bitakhon"




