Nous approchons à grands pas du jour le plus tragique et le plus dévastateur du calendrier juif, celui du jeûne de Ticha’ Béav. En effet, lors de cette même journée, les deux Beth Hamikdach ont été détruits, et, de surcroît, une panoplie d’événements tragiques sont survenus, tel que l’expulsion des juifs d’Espagne. La Torah nous enseigne que le peuple juif est en fait la cause même des tragédies qui le happent. Le premier Beth Hamikdach a été ravagé en raison de l’immoralité à laquelle les juifs se livraient, alors que l’effondrement du deuxième a été causé par la Sinat ‘Hinam, la haine gratuite. Que pouvons-nous apprendre de ces événements tragiques et quelle attitude féminine peut-on leur attribuer ?

Le Rav David Sitbon offre une réflexion fort intéressante à propos de la destruction des deux Beth Hamikdach. En effet, il souligne que les fautes ayant engendré la destruction du premier Temple, soit celle de l’idolâtrie, de l’adultère et du meurtre, constituent les trois péchés capitaux de la Torah. Si, à D.ieu ne plaise, l’homme se trouve dans une situation de vie ou de mort, il a la permission et même l’obligation de transgresser les préceptes de la Torah afin de sauver sa vie. À l’exception de trois, qui sont ceux énumérés plus haut. Nous pouvons donc imaginer la gravité extrême de ces fautes ! Cependant, en dépit de ce phénomène, le deuxième Temple à été construit quelque temps après la destruction du premier. Comment se fait-il ?

Par contraste, le deuxième Temple, qui a été détruit à cause de la Sinat ‘Hinam, la haine gratuite, n’a toujours pas été reconstruit ! La Torah nous enseigne ainsi, à notre grand étonnement, que la haine gratuite est, jusqu’à un certain point, plus grave que les trois fautes capitales qui ont causé la perte du premier Temple.

Mais quel est le lien avec les femmes juives ? Il serait présomptueux d’affirmer que les Bnot Israël n’aient participé à aucune des fautes qui sont à l’origine de la perte des Baté Mikdach. Cependant, je crois qu’elles pourraient être la clé qui suscitera la reconstruction du troisième. En effet, puisque ce sont les femmes qui sont le pilier du foyer juif, et, par-dessus tout, celui de l’éducation des enfants, elles peuvent inculquer à leurs progénitures les méfaits incommensurables de la Sinat ‘Hinam, la haine gratuite, et à quel point il est essentiel pour la survie du peuple juif de pratiquer son contraire, celui de la Ahavat ‘Hinam, l’amour gratuit.

Il est essentiel d’admettre que chaque branche et mouvement de pensée faisant partie du judaïsme orthodoxe représente une différente manière de servir Hachem. Chaque courant a lieu d’être simplement afin d’offrir un focus particulier et une manière d’exprimer l’âme de tout un chacun. L’on ne peut juger un mouvement pour la simple raison qu’il est différent du nôtre. La femme, avec sa patience, sa sensibilité et son tact, a la capacité de transmettre à chacun de ses enfants ce concept fondamental.

Puissions-nous, grâce à la Ahavat ‘Hinam, aux efforts des femmes d’Israël, voir l’érection du troisième Beth Hamikdach et la venue du Machia’h, Bimhéra Béyaménou, Amen !