Ce que l’on redoutait tant s’est finalement produit : un accord entre les États-Unis et l’Iran.
Il était évident que Téhéran n’allait pas renoncer à ses projets nucléaires ni à son “ambition” de détruire Israël. La question était plutôt de savoir si Trump allait céder face à eux ou, au contraire, frapper militairement. Le verdict est désormais tombé, au grand désespoir du gouvernement israélien, qui voit s’éloigner son espoir de neutraliser la menace iranienne. Selon certains spécialistes, cet accord serait même pire que celui signé par Obama en 2015.
Cette volte-face du chef d’État américain a de quoi surprendre, lui qui a pourtant prouvé, par le passé, son soutien à Israël. On pourrait passer des heures à tenter de comprendre ce retournement de situation, mais cela ne changerait rien au fait accompli : le peuple juif vivant à Sion se retrouve seul, isolé, face à des menaces d’extermination qui, par ailleurs, n’émeuvent personne dans le monde.
En Israël, on essaie de garder le moral : “Nous en avons vu d’autres, lors de la guerre d’Indépendance en 1948, de la guerre des Six Jours en 1967, ou encore en 1973, pendant la guerre de Kippour. Nous avons alors vaincu nos ennemis sans aide extérieure ; nous surmonterons aussi ce défi face à l’Iran !” S’agit-il d’une confiance en soi excessive, de cette nonchalance propre aux Israéliens, ou d’une forme d’“accoutumance au miracle” ? Quoi qu’il en soit, du point de vue géopolitique, cet accord constitue un véritable coup de massue.
Mais en réalité, le peuple hébreu n’est jamais seul. Le Rocher qui le protège, et qui ne l’a jamais abandonné durant 2000 ans d’exil, est toujours présent. Sa protection dépasse infiniment toutes les forces humaines. “Qui T’égale parmi les forts, Éternel, qui est comme Toi... Toi qui accomplis des merveilles !”
Cependant, cette protection divine est conditionnée. Il nous faut prouver notre fidélité à Ses enseignements, en particulier pour mériter de résider sur la terre d’Israël, comme la Torah l’énonce clairement au début de la Parachat Békhoukotaï. En réalité, c’est ce point qui devrait le plus nous inquiéter.
Concrètement, une grande partie des Juifs vivant en Israël ne sont pas pratiquants. À leurs côtés, nombreux sont toutefois ceux qui sont restés attachés à la tradition ou qui s’en sont rapprochés. Le peuple juif forme une seule unité, et les mérites des uns constituent une source de bénédiction pour tous. Cela reste vrai tant que nous nous considérons comme un seul peuple et tant que l’on permet à ceux qui tiennent à respecter les Mitsvot et à étudier la Torah de le faire pleinement.
Or, depuis un certain temps, une tendance se développe en Israël, soutenue notamment par le système judiciaire : celle d’étouffer toute expression religieuse dans l’espace public israélien. On cherche ainsi à briser le statu quo établi par Ben Gourion, qui préservait certaines valeurs juives au sein de la société, tel que le mariage juif. On encourage également la sécularisation du jour du Chabbath. Plus récemment encore, on tente de supprimer les droits des pères de famille qui étudient la Torah à plein temps. On va même jusqu’à emprisonner de jeunes étudiants de Yéchivot pour la seule “faute” de consacrer leurs journées à cette occupation, comme en Union soviétique il y a cinquante ans !
Combattre la Torah est en soi extrêmement grave. Mais cela revient aussi à dire : “Tes Mitsvot ne m’intéressent pas.” D’une certaine manière, c’est scier la branche sur laquelle nous reposons : en renonçant à ce mérite, on se prive soi-même de la protection divine !
Ne serait-ce pas là la véritable raison d’un tel changement dans la politique américaine envers Israël ?




