Nous apprenons le décès, à Paris, du Rav ‘Haïm Peretz, éminent Talmid ‘Hakham, Dayan et maître de Torah, l’une des grandes figures de la Torah tunisienne en France.

Né à Sfax en Tunisie où son père officiait comme Dayan (juge rabbinique), orphelin très jeune, il dut travailler dès son enfance pour aider sa famille. Sa vie bascula lorsque Rabbi Matslia’h Mazouz, impressionné par ses capacités exceptionnelles et son assiduité, décida de soutenir financièrement sa famille afin de lui permettre de se consacrer pleinement à l’étude de la Torah. Il devint l’un de ses élèves les plus remarquables.

Après son mariage, Rav ‘Haïm Peretz s’installa en France. Ses débuts furent particulièrement difficiles : ne parlant pas français, il accepta même de balayer une synagogue pour gagner quelques sous. Mais rien ne pouvait l’éloigner de son véritable monde : la Guémara.

Avec les années, il devint Rav, puis Dayan au Beth Din de Paris, notamment pour les affaires de divorces, et enseigna durant des décennies la Torah, notamment à la Yéchiva Torah VéRa’hamim. Il fut également très proche du Rav Nissim Rebibo.

Rav Méïr Mazouz disait de lui qu’il était déjà, dans sa jeunesse, « le meilleur des élèves », soulignant son immense niveau en Torah.

Mais peut-être que ce qui définissait le mieux Rav ‘Haïm Peretz était son amour absolu de l’étude. Il était l’un des derniers véritables « Mé'ayenim », ces maîtres capables de s’immerger entièrement dans une Souguia, sans compter ni les pages ni les heures.

Lorsqu’il fallut l’évaluer pour devenir Dayan, Rav Avraham Elmaleh ne lui posa pas une série de questions de Halakha : il lui proposa simplement d’étudier ensemble un passage difficile de Guémara. Ils s’y plongèrent si profondément que le temps passa sans qu’ils s’en rendent compte. À l’issue de cette étude, il déclara qu’il était digne d’être nommé Dayan.

Même durant ses dernières années, marquées par de très lourdes souffrances et des traitements réguliers de dialyse, Rav ‘Haïm Peretz refusa d’abandonner ses cours de Torah. Il continua à enseigner chaque semaine depuis son domicile.

Dimanche dernier encore, quelques jours seulement avant son décès, il donnait son dernier cours.

Il a rendu son âme à son Créateur à la sortie de Chabbath Parachat Réé, laissant derrière lui des décennies de Torah, de Dayanout, de transmission et de rapprochement des Juifs de leur héritage.

Le monde de la Torah en France perd aujourd’hui l’un de ses grands maîtres, un homme dont toute l’existence semblait résumée par une seule question :

« מאי קאמרה גמרא ? » — Que dit réellement la Guémara ?

Son cercueil devrait être acheminé de France vers Israël dans les prochains jours. Les informations concernant la Levaya seront communiquées ultérieurement.

תהא נשמתו צרורה בצרור החיים — ת.נ.צ.ב.ה.