C'est avec une peine immense que nous avons appris le décès à Casablanca de Mme Simone Sim'ha Perez, des suites du coronavirus, à l'âge de 75 ans. Sa disparition prématurée laisse dans la consternation totale la communauté juive, d'autant plus qu'elle intervient quelques jours après celle de son fils, Ari Perez (52 ans), lui aussi décédé du virus !

La communauté juive de Casablanca est hélas elle aussi très durement touchée par la pandémie actuelle puisque sur les 800 membres qu'elle compte, 50 ont été testés positifs.
 
Mme Perez était institutrice d'école. Très appréciée par ses élèves et ses collègues, elle enseigna durant des décennies de manière désintéressée. Il y a quelques années, elle tomba gravement malade et dès son rétablissement, elle finança en signe de reconnaissance l'écriture puis l'intronisation d'un Séfer Torah à l'occasion de laquelle une grande fête fut organisée. 
 
Son fils Ari ('Haïm Henry) était une personnalité très célèbre de la communauté juive marocaine. Grand philanthrope, il ne perdait pas une seule occasion de prodiguer le bien et de soutenir les institutions de Torah. Pour beaucoup, il était l'exemple à suivre, celui d'un homme qui, en dépit de sa réussite financière, ne se départit jamais de ses valeurs . Le respect qu'il témoignait à ses parents, Emile et Simone, était exemplaire et il était l’illustration des valeurs fondamentales du judaïsme, en incarnant la modestie, le 'Hessed et la solidarité.
 
Les Rabbanim qui l'ont connu ont ainsi témoigné du fait qu'il était Rodèf Tsédaka Ouma'assim Tovim, c'est-à-dire un homme qui poursuivait littéralement le bien et les bonnes actions. Ses proches et ses amis ont aussi rappelé son hospitalité remarquable et ont comparé sa maison à celle du Patriarche Avraham, qui recevait avec largesse tout un chacun sans compter. Lors des Hiloulot des Tsadikim marocains notamment, sa maison était grande ouverte, de grandes et magnifiques tables étaient dressées et tous étaient reçus avec largesse.
Sa perte ainsi que celle de sa maman plongent dans le deuil leur famille, leurs proches et tous ceux, nombreux, qui les ont côtoyé. 
 
La grandeur d'Ari Perez, sa discrétion, l'a suivi jusqu'à sa dernière demeure. Il a sublimé sa vie par un enterrement d'un dépouillement total, accompagné par seuls 10 hommes, sans Hespédim et sans les honneurs qu'il méritait. Dans sa mort aussi, il constitue pour nous un exemple d'humilité : l'homme vient au monde dépouillé de tout bien et il le quitte dans le même état. Ce qu'il reste de lui sont ses bonnes actions ; celles d'Ari resteront à jamais gravées dans les mémoires.
 
Les Juifs du Maroc ont désespérément besoin de nos Téfilot en ces temps troublés. Prions pour la guérison de nos frères juifs à travers le monde et afin que nous puissions tous célébrer les fêtes de Pessa'h réunis, délivrés, à Jérusalem !
 
Merci à notre ami Gabriel Amar pour ces informations depuis Casablanca. On souhaite à lui, son épouse et ses proches, une bonne santé.