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Accompagner une employée en voiture

Rédigé le Mercredi 11 Décembre 2019
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Mon fils est marié Baroukh Hachem.

Il est religieux et est un homme de confiance.

Malgré tout, sa femme et moi nous demandons s'il a le droit d'accompagner sa binôme (celle qui le seconde dans son cabinet dentaire) en voiture, sachant qu'elle aussi est religieuse et mariée ?

Ils habitent dans le même quartier et travaillent dans le même cabinet.

Si oui, peut-il la faire monter devant ou est-ce obligatoire qu'elle se mette derrière ?

Merci pour votre réponse.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
28931 réponses

Bonjour,

1. L’employeur n'accompagne pas son employée [à la maison], sauf s'il s'agit d'une extrême urgence. Que l'employée prenne place à l'avant du véhicule ou à l'arrière.

Je pense que Rabbi Rephaël Baroukh Tolédano et les autres géants de la Torah du Maroc זצוקללה"ה auraient opté pour cette manière de voir les choses.

Mais que peut-on faire, de nos jours, les jeûnes sont confrontés au monde moderne et ne sont plus sensibles à ce genre d'exigence.

Ils ont étudié dans des établissements universitaires où l'atmosphère était parfumée d'un air pollué et où l'entourage était ouvert à tout vent, sans aucune limite. 

Assez souvent, il ne sert à rien de leur proposer des arguments, car on passerait pour des extra-terrestres.

Mais les Téfilot, incessantes et du fond du cœur, peuvent, toujours, être bénéfiques, tôt ou tard.

Si vous demandez à votre fils ce qu'il penserait si sa femme se faisait accompagner par son patron [à elle], cela pourrait, éventuellement, lui éclaircir les idées.

2. Si votre fils s’entête à agir « à la mode de chez eux », son employée prendra place à l'arrière du véhicule et non, à l'avant.

Je le dis et je le répète, la Torah ne nous appartient pas pour que nous osions l’adapter aux "besoins" de l’époque et des hommes [voir édito du magazine Torah-Box numéro 100]. Nous ne faisons que retransmettre ce que nos maîtres nous ont enseigné :

Un employeur ne doit pas accompagner l'une de ses employées sauf s'il s'agit d'un cas d'urgence.

Nous sommes sur le terrain et, parfois, nous nous trouvons sur le front. Nous pouvons vous assurer qu'à travers le monde, il y a des catastrophes qui ont commencé avec bien moins qu'une telle manière de faire.

Au début, le Yétser Hara' [mauvais penchant] est aussi fin qu'un fil à coudre, mais avec sa patience, il devient aussi imposant qu'une grosse corde.

Alors, il est impossible de s'en défaire.

Une telle conduite peut s’avérer dangereuse et comporter de nombreux risques.

Elle peut amener vers le débordement, la légèreté et la fausse joie [délirante ou démesurée].

Voir Talmud Kétoubot 13b, Talmud ‘Houlin 11b, Talmud Nidda 30b, Rambam, Hilkhot Issouré Bia, chapitre 22, Halakha 15, Gan Naoul, volume 1, chapitre 5, Halakha 5-8.

Chaque parole échangée, non indispensable - même s’il s’agit d’une parole d’honneur -, est une très grave interdiction.

Voir Pirké Avot, chapitre 1, Michna 5, Talmud Erouvin 53b : « Rabbi Yossi Haguelili …Haya Lekha Lomar Béézé Lélod », Rambam Hilkhot Yéssodé Hatorah, chapitre 5, Halakha 9.

Il faut fuir les chemins qui mènent vers la faute comme si l’on fuyait un incendie.

Voir Talmud Kiddouchine 81a : « Noura Bé Amram ! ».

Nos Sages, les ‘Hakhamim, enseignent :

"Partage ton Yom Tov en deux parties, l'une destinée aux profits du corps, et l'autre, pour prier et étudier". Voir Talmud Pessa’him 68b.

D'autre part, ils nous mettent en garde :

"Que votre réjouissance ne tourne pas à la légèreté."

Hachem dit :

"Lorsque les nations ont des jours de fête, elles en abusent. Elles s'adonnent à la boisson jusqu'à l'ivresse et deviennent frivoles et agressives.

Mais Mon peuple, Je peux lui donner des fêtes sans aucune crainte. Ils mangent et boivent lors des repas de fête dans un esprit calme et serein, afin d'accomplir Ma volonté de faire une Mitsva. Ils se rendent, également, au Beth-Haknesset et au Beth-Hamidrach pour prier et étudier."

Voir Yalkout Chimoni, Parachat Pin’has, passage 782 et Parachat Tazria, paragraphe 547, passage Ouvayom Hachemini Yimol.

Le Rambam écrit :

"Le tribunal doit désigner des forces de police, chargées de patrouiller à l'occasion des Fêtes dans les endroits publics tels que les jardins, les parcs, et les rives des fleuves, pour éviter que ne se forment des réunions d'hommes et de femmes qui pourraient dégénérer en débauche. Le tribunal a également le devoir d'informer l'ensemble de la communauté de l'obligation de respecter ces lois, même à l'intérieur de la maison."

Rambam, Hilkhot Yom Tov, chapitre 6, Halakha 21.

Cette Halakha est mentionnée dans le Choul'han 'Aroukh, chapitre 529, Halakha 4.

Malheureusement, de nos jours, il n'est plus possible d'agir de la sorte.

Il convient donc à chacun de déployer tous les efforts possibles et de prier pour que disparaissent ces rassemblements de jeunes filles et jeunes garçons pendant les Chabbat et les fêtes, dans certains lieux publics, aux abords de certaines synagogues et surtout, dans les lieux de travail.

Malheureusement, notre Beth Hamikdach n’est pas encore reconstruit car les limites entre les hommes et les femmes ne sont absolument pas respectées de la meilleure manière. Voir Talmud Kétoubot 13b, Talmud ‘Houlin 11b, Talmud Nidda 30b, Rambam, Hilkhot Issouré Bia, chapitre 22, Halakha 15.

Ma réponse aurait pu être bien plus longue et bien plus fournie, mais parfois, la clarté se trouve dans les enseignements les plus abrégés.

Voir Talmud Pessa’him 3b.

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu’Hachem vous protège et vous bénisse.

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