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Accusation éternelle des nations sur la terre d'Israël ?

Rédigé le Lundi 5 Janvier 2026
La question de Yan T.

Bonjour Rav,

En lisant Rachi sur la Paracha Béréchit qui laisse entendre qu'il y aurait eu une contestation des nations sur la création d'Erets Israël, je me demande s'il y aurait déjà eu une accusation des nations à l'encontre d'Israël du temps où la terre de Canaan a été conquise ?

Comment donc comprendre la situation actuelle avec ce que je considère comme les "colons jordaniens" en Israël ?

Merci Rav.

La réponse de Rav Avraham GARCIA
Rav Avraham GARCIA
8825 réponses

Chalom Ouvrakha,

Au début de Béréchit, Rachi nous écrit : "La Torah aurait pu commencer par Ha'hodech Hazé Lahem... Pourquoi commence-t-elle par la Création ?
Afin que, lorsque les nations diront à Israël : 'Vous êtes des voleurs, vous avez conquis la terre de sept peuples', Israël puisse répondre : 'Toute la terre appartient à Hachem et Il l'a donné à qui Il souhaite'."

Il ressort clairement de Rachi que l'accusation des nations n'est pas hypothétique, mais prévue, structurelle, presque inévitable. Elle n'est pas née à l'époque moderne, elle est inscrite dès le commencement de la Torah.

Cette question existait déjà du temps de Yéhochoua'. Les Cananéens ne se percevaient pas comme envahisseurs, mais comme des habitants légitimes.

Or la Torah ne fonde pas le droit d'Israël sur une victoire militaire ou sur un droit naturel, mais sur un droit divin, la Torah écrit: "La terre est à Moi" (Vayikra 25, 23)

C'est précisément là que se situe la discorde, car les nations raisonnent en termes de possession humaine, historique ou démographique, alors que la Torah raisonne en termes de volonté du Créateur.

Ainsi, l'accusation n'a jamais cessé, car elle ne porte pas sur les faits, mais sur le principe même.

Il est très important de noter que la Torah n'essaie pas de convaincre les nations.
Elle donne une réponse à Israël, pas au monde.

Rachi n'écrit pas : "afin que les nations acceptent", mais afin qu'Israël sache quoi répondre et leur dise.

L'argument n'est pas diplomatique. Celui qui n'accepte pas l'existence d'un Maître du monde ne peut, par définition, accepter cette réponse.

Sans entrer dans une analyse politique (qui n'est ni le rôle de la Torah ni celui du Rav), on peut dire, sur le plan de la pensée juive, que la situation actuelle n'est pas une anomalie, mais la continuité exacte de ce que la Torah a annoncé.

Effectivement et vous l'avez bien senti, les revendications territoriales contemporaines ne sont que la forme moderne d'une contestation très ancienne.

Le conflit n'est pas d'abord géographique, mais théologique, à savoir qui est le Maître du monde ?

C'est pourquoi aucune solution purement humaine, rationnelle ou juridique n'a jamais suffi à faire taire cette contestation.

Enfin, de nombreux Méfarchim expliquent que cette contestation est aussi une épreuve pour Israël [voir Netsa'h Israël 1, 3, 11].

Sommes-nous en Erets Israël, comme certains dirigeants du sionisme laïc ont bien voulu nous le faire croire, un peuple parmi les nations ? Ou comme un peuple porteur d'une mission, lié à la terre par la Torah et ses Mitsvot ?

C'est dans ce sens que le Ramban [A'haré Mot 18, 25] écrit que la sainteté de la terre dépend aussi du comportement d'Israël en elle.

Tant que nous n'aurons pas assimilé cette idée, la souffrance malheureusement demeurera.

Baroukh Hachem, les Juifs reviennent à la Torah de plus en plus, et nous attendons le Machia'h.

Kol Touv.

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