Bonjour Rav,
Tous les jours, durant la 'Amida, je m’arrête après chaque bénédiction pour prier dans ma tête. Par exemple, après la bénédiction de "Hanoune Hamarbé Lisloa'h", je m’interromps et je prends un instant pour m’excuser auprès d’Hachem pour toutes mes erreurs. Il en est de même pour "Rofé 'Holé 'Amo Israël", où je m’arrête pour penser aux malades proches de moi afin de demander leur guérison, etc.
Est-ce que j’ai le droit de m’arrêter de cette manière, ou dois-je me contenter de l’arrêt spécifique dans la bénédiction de "Chomé'a Téfila", qui est réservé aux prières strictement personnelles ? Y a-t-il d’autres endroits où il est permis de s’interrompre pour prier dans sa tête, si jamais cela est interdit entre les bénédictions ?
Merci Rav.
Bonjour,
Il faut tout d'abord savoir qu'une grande importance est accordée aux demandes que l’on ajoute à sa prière, car la prière est une injonction de la Torah qui nécessite concentration et sincérité. Ainsi, les requêtes personnelles que l’on ajoute selon les besoins qui se renouvellent chaque jour proviennent généralement des profondeurs du cœur et renforcent la qualité de la prière.
Aussi, les prières personnelles doivent être dites plutôt à voix haute que simplement pensées en silence [voir Choul’han 'Aroukh Ora’h ‘Haïm 101, 2].
Pour en revenir à votre question, il est permis de rajouter des prières personnelles verbalement, dans les paragraphes correspondant à la demande spécifique au sein de la ‘Amida, sous certaines conditions :
1) Entre les paragraphes, on ne rajoute pas verbalement de demandes personnelles ; celles-ci doivent donc être formulées uniquement avant de conclure la bénédiction correspondant à la demande spécifique (avant Baroukh Ata...) [Rama Ora’h 'Haïm 119, 1].
2) Cela est permis uniquement si la demande est actuelle. Par exemple, demander la guérison pour une personne effectivement malade ou la subsistance si l’on est dans le besoin. En revanche, il n’est pas permis de faire des demandes portant sur des situations futures comme « ne jamais tomber malade », sauf dans la bénédiction de Chomé'a Téfila, où même les prières pour l’avenir sont autorisées [Michna Beroura 119, 1].
3) Dans les trois premières et les trois dernières bénédictions, il est formellement interdit d’ajouter quoi que ce soit.
4) Il est recommandé de ne pas formuler de manière fixe et quotidienne la même demande personnelle. C’est pourquoi il convient de sauter parfois cette formule ou de la modifier de temps à autre. Cela est valable aussi bien dans la bénédiction de Chomé'a Téfila que dans les autres bénédictions intermédiaires [Voir Taz 122, 2 et Piskei Techouvot 119, 1].
Enfin, bien qu’il soit autorisé de rajouter des demandes personnelles dans les conditions précitées, le Michna Beroura (122, 8) recommande de préférer dire toutes ses requêtes personnelles après avoir terminé la ‘Amida, juste avant la dernière phrase ("Yihyou Leratson Imré Fi"), plutôt que de les insérer dans Chomé'a Téfila. Cela permet notamment de pouvoir répondre au Kaddich ou à la Kédoucha sans interruption problématique, selon tous les avis.
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Soyez béni !