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Bien immobilier acquis en couple : mon mari veut la totalité en cas de séparation

Rédigé le Lundi 23 Février 2026
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Mon mari et moi venons d’acquérir notre premier bien que nous souhaitons mettre en location.

Nous sommes mariés depuis 7 ans et n’avons pas encore la chance d’avoir un enfant. Je travaille tous les jours mais mon salaire est beaucoup plus petit que le sien. Il n’empêche qu’il n’a pas cessé de me dire que c’est grâce à mes fiches de paie que nous avons en partie réussi à obtenir un prêt (lui est à son compte).

Aujourd’hui, il veut que nous signons un contrat stipulant qu’en cas de divorce, 'Has Véchalom, le bien lui reviendrait en totalité car il estime que l’apport qu’il a donné est plus grand que le mien, et que c’est lui qui ramène le plus d’argent.

Je lui ai dit que je signerai le contrat car je ne suis pas matérialiste, mais au fond ça me fait de la peine.

Que dit la Torah ?

Merci Rav.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
43755 réponses

Bonjour,

Avant même d’entrer dans les détails juridiques, il faut rappeler un principe fondamental : la Torah ne voit pas le mariage comme une association commerciale, mais comme la construction d’une seule entité. "Ils deviendront une seule chair" Béréchit, chapitre 2, verset 24. Une maison de Torah n’est pas une société à parts variables selon les fiches de paie.

Agir comme mentionné dans la question est la meilleure manière de faire disparaître la paix et de troubler l'atmosphère chaleureuse qui règne dans le foyer même si vous êtes prête à apposer votre signature sur le contrat en question.

Chaque homme doit honorer son épouse, donc, votre mari doit éviter ce geste maladroit et vous faire paraître, au moins, à part égale !

Rabbi Yossi n'a jamais appelé son épouse "Ma femme", il l'appelait "Ma maison". Talmud Chabbath 118b. Donc, si vous recevrez 100 % du bien, on ne taxera pas votre mari d'exagération.

Votre mari reconnaît lui-même que vos fiches de paie ont permis l’obtention du prêt. Donc, sa vision du partage n'est pas juste. Mais même s’il en avait été autrement, la Torah ne mesure pas la valeur d’une épouse à la hauteur de son salaire.

Il doit savoir que vous vous occupez de maison [et de bien d'autres choses]. N'est-ce pas une activité professionnelle en soi ? Pourquoi devrait-on fixer la valeur d'une personne en fonction de son bulletin de salaire ?

Aucune somme au monde ne peut être une rémunération pour votre travail intense, pas même ce que gagne Jeff Bezos ou Elon Musk.

Rabbi 'Akiva était aussi grand que Moché Rabbénou en Torah, il disait que "toute" sa Torah ainsi que celle de ses élèves appartenait à son épouse. Talmud Ketoubot 63a, Nédarim 50a.

Donc, son idée ne devrait même pas lui effleurer l'esprit. Dites-lui qu'il ne faut pas être ingrat, il doit être reconnaissant ! L'épouse est le pilier de la maison. C'est grâce à elle que le mari tient sur ses pieds, c'est grâce à elle que la joie se dégage de la maison. Talmud Yébamot 62b.

N'est-ce pas suffisant pour qu'il évite de vous planter un couteau dans le dos ?

Votre mari doit fuir le mauvais chemin et le sentier des méchants, il méritera les bénédictions d'Hachem et il restera aux côtés de sa chère épouse jusqu'à 120 ans, sous le même toit.

Il est possible que votre mari ait, dans son esprit, des raisons qu’il juge sérieuses, peut-être des craintes, des blessures passées ou une volonté sincère de prévenir d’éventuelles difficultés. Parfois, lorsqu’un couple traverse des moments fragiles, certains se protègent "au cas où" ; non pas par mépris, mais par peur de perdre ce qu’ils "pensent" avoir construit [c.q.f.d.]. Il est, donc, conseillé de lui parler afin de comprendre ce qui se cache vraiment derrière cette attitude. Peut-être découvrirez-vous une angoisse, ou simplement une obéissance mécanique à des conseils parentaux / amicaux qu’il n’a jamais remis en question. L’écouter, calmement, sans colère, permettra peut-être d’ouvrir un espace de dialogue sincère où chacun pourra exprimer ses blessures et ses besoins [et vous nous en ferez part].

Parlez calmement avec lui, non sous l’angle juridique, mais sous l’angle du ressenti : expliquez-lui que ce n’est pas une question d’argent, mais de place et de considération. Souvent, lorsqu’un homme comprend que sa demande blesse, il reconsidère sa position.

En conclusion, il est clair que sa façon de voir les choses ne nourrit ni la paix, ni la confiance, ni la lumière du foyer. Elle installe une distance, là où la Torah demande de ne former qu’un seul être comme il est dit : "Védavak Béichto, Véhayou Lébassar E’had" ["Il s'attachera à son épouse et ils deviendront une seule chair"]. Béréchit, chapitre 2, verset 24.

Qu’Hachem ouvre le cœur de votre mari pour qu’il voie la grandeur de votre rôle et qu’Il renforce votre couple dans la paix, la tendresse et la confiance. Que vous puissiez ensemble mériter bientôt la joie d’un enfant, dans une maison remplie de lumière et de joie.

Mes mains tremblent, je ne suis plus en mesure de poursuivre l'écriture.

Qu’Hachem vous protège et vous bénisse.

Votre mari doit lire cette brève réponse.

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