Le rire fait tomber les barrières de pudeur ?!

Rédigé le Mercredi 2 Mai 2018
La question de Marion F.

Chalom,

Il me semble avoir entendu ou lu un Rav dire que le rire faisait tomber les barrières entre hommes et femmes (je pense qu'il parlait de Tsniout, mais je ne me rappelle plus vraiment).

Pourriez-vous me dire si cela vient du judaïsme ?

Si oui, pourriez-vous me donner plus de détails à ce sujet ?

Toda Rabba.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
25601 réponses

Bonjour,

1. En effet, lorsque le rire s’installe entre les hommes et les femmes, il peut s’avérer dangereux et comporter de nombreux risques.

En général, il peut amener vers le débordement, la légèreté et la fausse joie [délirante ou démesurée].

Voir Talmud Kétoubot 13b, Talmud ‘Houlin 11b, Talmud Nidda 30b, Rambam, Hilkhot Issouré Bia, chapitre 22, Halakha 15.

2. Il est frappé d’interdit. Voir Gan Naoul, volume 1, chapitre 5, Halakha 5-8.

3. Chaque parole échangée, non indispensable - même s’il s’agit d’une parole d’honneur - est une très grave interdiction.

Voir Pirké Avot, chapitre 1, Michna 5, Talmud Erouvin 53b, « Rabbi Yossi Haguelili …Haya Lekha Lomar Béézé Lélod », Rambam Hilkhot Yéssodé Hatorah, chapitre 5, Halakha 9.

4. Il faut fuir la faute comme si l’on fuyait un incendie.

Voir Talmud Kiddouchine 81a : « Noura Bé Amram ! ».

5. Bien que le rire et la joie soient toujours conseillés, d’une manière générale, mais lorsqu'il s'agit d'un homme et d'une femme non mariés, il y a de très nombreuses lois à respecter et de nombreuses barrières et limites à ne pas dépasser.

Voir, par exemple, Dévarim, chapitre 28, verset 47, Choul'han 'Aroukh - Ora'h 'Haïm, Chapitre 560, Halakha 5 et Choul'han 'Aroukh - chapitre 697, Halakha 1, Voir Gan Naoul, volume 1, chapitre 5, Halakha 5-8.

6. Durant les fêtes de Souccot, lorsque la musique retentissait de toute part dans le Beth Hamikdach, et que la joie était à son apogée, nos maîtres ressentirent un certain danger.

De suite, ils instituèrent une séparation entre les hommes et les femmes.

Voir Talmud Soucca 51a.

7. Dans le même ordre d’idée, le jour du mariage on casse un verre. Pour des détails à ce sujet, cliquez sur le lien suivant :

http://www.torah-box.com/question/pourquoi-casser-un-verre-sous-la-houppa_13974.html

8. Nos Sages enseignent :

"Partage ton Yom Tov en deux parties, l'une destinée aux profits du corps et l'autre, pour prier et étudier". Voir Talmud Pessa’him 68b.

D'autre part, ils nous mettent en garde :

"Que votre réjouissance ne tourne pas à la légèreté."

Hachem dit :

"Lorsque les nations ont des jours de fête, elles en abusent. Elles s'adonnent à la boisson jusqu'à l'ivresse et deviennent frivoles et agressives.

Mais Mon peuple, Je peux lui donner des fêtes sans aucune crainte. Ils mangent et boivent lors des repas de fête dans un esprit calme et serein, afin d'accomplir Ma volonté de faire une Mitsva. Ils se rendent, également, au Beth-Haknesset et au Beth-Hamidrach pour prier et étudier."

Voir Yalkout Chimoni, Parachat Pin’has, passage 782 et Parachat Tazria, paragraphe 547, passage Ouvayom Hachemini Yimol.

Le Rambam écrit :

"Le tribunal doit désigner des forces de police, chargées de patrouiller à l'occasion des Fêtes dans les endroits publics tels que les jardins, les parcs, et les rives des fleuves, pour éviter que ne se forment des réunions d'hommes et de femmes qui pourraient dégénérer en débauche. Le tribunal a également le devoir d'informer l'ensemble de la communauté de l'obligation de respecter ces lois, même à l'intérieur de la maison."

Rambam, Hilkhot Yom Tov, chapitre 6, Halakha 21.

Cette Halakha est mentionnée dans le Choul'han 'Aroukh, chapitre 529, Halakha 4.

Malheureusement, de nos jours, il n'est plus possible d'agir de la sorte.

Il convient donc à chacun de déployer tous les efforts possibles et de prier pour que disparaissent ces rassemblements de jeunes filles et jeunes garçons pendant les Chabbat et les fêtes, dans certains lieux publics ou aux abords de certaines synagogues.

Dans certaines communautés, il est habituel de jeûner pendant trois jours durant les deux premières semaines des mois de 'Hechvan et Iyar.

Cet usage est rapporté dans le Choul'han 'Aroukh, chapitre 492, Halakha 1.

La raison est la suivante :

Nos Sages ont craint que l'excès de joie ressentie durant les fêtes [Tichri et Nissan], pourrait amener certaines personnes à commettre des fautes, ce qui pourrait leur causer du tort ainsi qu'à l'ensemble de la communauté.

Voir Baère Hétev, chapitre 492, passage 1.

Ces trois jours de jeûne ne sont pas fixés durant le mois des fêtes, mais, durant le mois suivant, pour ne pas porter atteinte à la sainteté des mois en question.

Voir Choul'han ‘Aroukh Harav, chapitre 492, Halakha 2 et chapitre 429, Halakha 9.

D'après la majorité des décisionnaires, après la fête de Chavou'ot, nos Sages n'ont pas ressenti le besoin d'instaurer ces trois jeûnes, vu que les risques de transgressions sont réduits : un seul jour de fête [ou deux, en dehors d'Israël].

Voir Cha'aré Techouva, chapitre 492, passage 1.

Espérons que la situation n'a pas changé de nos jours !!!

Dans les communautés Ashkénazes, le premier Chabbath du mois de 'Hechvan et Iyar [après la lecture du Séfer Torah], on fait une bénédiction particulière pour tous ceux qui jeûneront durant ces trois jours [le lundi et le jeudi de la première semaine du mois et le lundi de la semaine suivante].

Durant ces trois jours de jeûnes, on récite des prières bien spécifiques, rappelant les Seli’hot récitées pendant le mois d'Eloul et avant Yom Kippour.

Le Séfer Torah est sorti pour y lire certains passages.

Dans certaines communautés Ashkénazes, on récite des prières propres à ces jours et le passage qui est lu dans le Séfer Torah est celui des jours de jeûne.

Voir Choul'han ‘Aroukh, chapitre 492, Halakha 1 et Michna Broura, passage 5-6.

Le constat de ces quelques idées est suffisamment édifiant pour se passer de commentaires.

Je suis à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu’Hachem vous protège et vous bénisse.

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