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Notre machine à laver inonde la maison : mon mari ne veut pas la réparer !

Rédigé le Mardi 21 Avril 2026
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Mon mari refuse de faire réparer la machine à laver. Elle fonctionne mais elle fuit et je dois donc rester à côté pendant 1h30 pour la mettre en pause le temps que l'eau redescende, puis la faire repartir, et ce trois fois à 15 minutes d'intervalle, sous peine de voir mon cellier inondé.

Il dit que ce n'est pas dans la Kétouba vu que la femme doit laver le linge à la main.

J'ai trois enfants Baroukh Hachem, donc beaucoup de machines (mon deuxième fait toujours pipi au lit donc il y a énormément de draps), et ça me prend du temps de surveiller la machine. Du coup, la propreté de la maison n'est pas optimale, car je dois aussi trouver du temps pour faire à manger, les devoirs des enfants, et m'occuper du dernier qui a 7 mois et que j'allaite encore.

Il me reproche du coup de ne pas remplir mes obligations de la Kétouba.

Doit-il faire réparer/remplacer la machine, ou est-il dans le vrai ?

Merci Rav.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
44654 réponses

Bonjour,

Il est très étonnant qu'un être humain dont les ancêtres s'étaient tenus au pied du mont Sinaï puisse se comporter de cette manière. Talmud Yebamot 79a, Bétsa 32b.

J’aimerais sincèrement comprendre l’attitude de votre mari et accomplir la Mitsva de le juger favorablement, comme il convient toujours de le faire. J’ai cherché à voir les choses sous un angle plus indulgent, à trouver une explication qui pourrait justifier une telle manière de faire, mais, à ce stade, malgré mes efforts, je n’y suis pas encore parvenu [voir fin de la réponse].

Explications :

Ketouba ou pas Ketouba, la vie normale dans un foyer ne se construit pas sur des obligations techniques. On ne doit pas chercher à faire le minimum, chacun doit naturellement faire bien plus que ce qui est écrit.

A aucun endroit de la Ketouba on ne peut lire qu'il est autorisé au mari de compliquer volontairement la vie de son épouse, ni de fermer les yeux sur une situation qui lui fait perdre du temps et de l’énergie.

A aucun endroit de la Kétouba il n’est écrit que l’épouse doit accepter des situations qui épuisent, ni qu’elle doit subir indéfiniment le comportement animal de son époux. Bien au contraire, la Torah insiste sur l’obligation du mari de veiller au bien-être de son épouse, de la respecter, de lui faciliter la vie et d'éviter toute forme de négligence qui pourrait entraîner de la peine ou de la fatigue inutile.

Talmud Baba Métsia 59a, Yebamot 62b, Rambam, Hilkhot Ichout, chapitre 15, Halakha 19, Choul'han ‘Aroukh - ‘Hochen Michpat, chapitre 228, Halakha 3.

Lorsqu’une machine à laver ne fonctionne pas correctement et devient, plusieurs fois par semaine, une source d’angoisse en immobilisant l’épouse pendant des heures pour éviter une inondation, et que le mari fait la sourde oreille, on n’est plus dans un foyer normal, mais face à une négligence qui mérite d'être sévèrement punie.

Un tel mari mériterait d'être jeté dans une cage à lions n'ayant rien mis en bouche depuis une semaine.

Venir ensuite reprocher à son épouse de ne pas remplir ses "obligations" est, non seulement, injustifié, mais très risqué pour le mari. Talmud Baba Métsia 59a.

Il est possible que votre mari ne mesure tout simplement pas la réalité de la situation. Tant qu’une personne n’a pas vécu concrètement une contrainte, il lui est parfois difficile d’en percevoir le poids réel. Rester immobilisé une heure et demie devant une machine, dans la crainte permanente d’une inondation, tout en devant gérer une maison et des enfants, est une épreuve que l’on ne comprend pleinement que lorsqu’on y est confronté.

Il est donc possible qu’il ne s’agisse pas, à la racine, d’une volonté de nuire ou de compliquer la vie, mais d’un manque de perception de la difficulté.

Dans ce cas, une démarche constructive pourrait être de lui faire constater concrètement la situation, par exemple en lui demandant de prendre lui-même en charge une machine dans ces conditions ou de vous observer lorsque vous êtes "en pleine action", afin qu’il prenne conscience, de manière directe, de ce que cela implique réellement.

Cependant, même selon cette analyse indulgente, cela n’enlève rien à son obligation de se soucier activement du bien-être de son épouse et d’agir en conséquence.

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.

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