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Pourquoi le Talmud Babli prime sur le Yérouchalmi ?

Rédigé le Mardi 25 Août 2026
La question de Anonyme

Bonjour Rav,

Pourquoi le Talmud Babli prime-t-il sur le Talmud Yérouchalmi ?

Est-ce seulement en raison de sa richesse en termes de traités couvertes ?

Merci beaucoup Rav.

La réponse de Rav Avraham GARCIA
Rav Avraham GARCIA
9034 réponses

Chalom Ouvrakha,

L’idée selon laquelle la Halakha prime comme le Bavli, notamment en raison de la richesse de ses formulations et de son développement, a déjà été évoquée par certains A’haronim (voir Imré David du Rav Weintrob, Parachat Vayikra, p. 373).

Il y a encore plusieurs autres raisons. L’une d’entre elles est déjà rapportée par le Rif à la fin d’Erouvin, qui constitue l’une des premières sources concernant la primauté du Yérouchalmi sur le Bavli.

Le Rif écrit que le Talmud Bavli a été rédigé après le Yérouchalmi, environ 100 ou 140 ans plus tard. Or, nous avons la règle de "Halakha Kébatraï", selon laquelle la Halakha suit le dernier intervenant. En effet, le dernier intervenant possède les connaissances et les enseignements de ceux qui l’ont précédé, et il est donc en mesure de trancher en tenant compte de leurs positions.

On retrouve ce principe dans d'autre Richonim [le Maaarik (Chorech 84), l’Echkol, Hilkhot Séfer Torah, note 14, le Ritba (Yoma 57a), le Rachba rapporté dans le ‘Harédim, chapitre 58, la préface du 'Hinoukh, ainsi que dans le Yad Malakhi, tome 2, le 'Hout Chani, p. 13b, Malkhout Torah Chébé’al Pe, p. 53, Ha'hout Haméchoulach, Siman 10, et Kotelénou, p. 74].

Cette primauté est tellement forte qu’elle peut même conduire les habitants d’Erets Israël à ne pas suivre le Yérouchalmi, mais uniquement le Bavli (voir Rachbach Siman 251, et Ein Its’hak, tome 3, p. 526).

On pourrait encore ajouter ce que le Ramban écrit (Siman 96), à savoir qu’il existe de nombreuses erreurs de copie dans le Yérouchalmi, ainsi que de nombreuses versions, au point qu’il est très rare de trouver quelqu’un qui parvienne à en comprendre parfaitement les propos. Voir également le 'Havot Yaïr, Siman 24.

D’ailleurs, on retrouve chez plusieurs décisionnaires une certaine réticence quant à l’interprétation des propos du Yérouchalmi [notamment le Maharalnah, à la fin du Siman 120, le Beth Yossef au début du Siman 228, le ‘Hazon Ich, Demaï 15,10, ainsi que Ein Its’hak, p. 70, note 1 et 6].

Kol Touv.

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