c Question au Rav : Pourquoi mettre la main sur la tête lors d'une bénédiction ?

Pourquoi mettre la main sur la tête lors d'une bénédiction ?

Rédigé le Dimanche 11 Avril 2021
La question de Anonyme

Bonjour,

Quand on bénit une personne, est-ce mieux de mettre notre main sur sa tête ou il n'y a pas en soi de raison particulière ? Si oui, pourquoi et pourquoi précisément sur la tête ?

Merci pour tout.

La réponse de Rav Yona GHERTMAN
Rav Yona GHERTMAN
53 réponses

Chalom,

Nous constatons dans la bénédiction de Ya'acov à Ephraïm et Ménaché que le Patriarche impose une main sur la tête de chaque enfant avant de les bénir [Béréchit 48, 14]. Rachi précise que cette bénédiction est un modèle pour les futures bénédictions [cf. son commentaire sur Béréchit 48, 20].

Ainsi, nous reproduisons l'attitude de Ya'acov par cette apposition des mains sur la tête lors de la bénédiction reprenant le texte de la Birkat Cohanim [Bamidbar 6, 24-26]. Ceci est valable en ce qui concerne la bénédiction des enfants, mais également lorsque les maîtres bénissent les élèves, ou les 'Hatanim, etc. [cf. Torah Temima Bamidbar 6, 131 et Yé'havé Da'at 5, 14]. En outre, on notera que certains se sont opposés à mettre les deux mains sur la tête d'une personne, car cela serait réservé aux Cohanim [cf. Torah Temima, op. cit.], mais la Halakha pratique est de le permettre [Yé'havé Da'at, op. cit.].

Cependant, en ce qui concerne les bénédictions faites par le rabbin après une montée à la Torah ou pour un malade ("Mi Chébérakh"), l'habitude n'est pas de poser les mains sur la tête. Il n'y a rien d'interdit non plus à le faire (d'un homme vers un homme ; mais d'un homme vers une femme, c'est totalement interdit). On peut supposer que ce genre de bénédictions étant plus fréquentes et générales, il n'y a pas nécessairement le même degré de proximité entre celui qui bénit et celui qui reçoit la bénédiction, que dans la bénédiction entre un père et son fils, ou entre un maître et son élève. Or, l'apposition des mains sur la tête semble être dans ce contexte un signe d'affection [cf. toutefois le 'Hizkouni sur Béréchit 48, 14 selon qui l'apposition des mains de Ya'acov sur ses petits-enfants avait pour but de les élever au niveau des tribus].

En conclusion, s'il s'agit de la bénédiction des pères vers les enfants, ou des maîtres vers leurs élèves, ainsi qu'envers les 'Hatanim, il est toujours préférable d'apposer les mains sur la tête, à l'instar de Ya'acov envers Ephraïm et Ménaché. Telle n'est cependant pas l'habitude lors du "Mi Chébérakh" suivant les montées à la Torah ou lors des prières pour les malades.

A votre disposition pour plus de précisions.

Kol Touv.

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