Bonjour Rav,
Quelle serait l'attitude ou l'action requise dans le cas où l'on croise un animal agonisant ? Dans mon cas, j'ai croisé un petit oiseau sur le dos ne bougeant presque plus, mais essayant encore légèrement de se débattre.
Bien qu'il me semblait étrange de ne rien faire pour lui, je ne savais pas ce que préconise la Torah dans ces cas-là.
Existe-t-il des règles ou des usages à ce sujet ?
Merci Rav.
Chalom Ouvrakha,
Certains sont d'avis que l'interdiction de faire souffrir un animal concerne uniquement une souffrance que nous lui causons, mais si l'animal souffre tout seul, comme dans votre cas, il n'y a pas d'interdit formel, puisque la souffrance n'a pas été causée par nous-mêmes. [Echel Avraham Ora'h 'Haïm 305-20 ; Dibrot Moché Baba Metsi'a 30, 2]
Ainsi, si on voit un animal affamé [qui n'est pas le nôtre], nous n'avons pas d'obligation stricte de le nourrir. [Torat Chabbath 305, 22] Néanmoins, il est évident qu'il est bien de porter secours à un animal qui souffre [Echel Avraham susmentionné].
D'autres sont d'avis que nous devons éviter la souffrance des animaux, même si nous n'en sommes pas la cause [Min'hat 'Hinoukh Mitsva 80 note 10 ; Choul'han 'Aroukh Harav ; Kitsour Choul'han 'Aroukh 191, 1 ; Toldot Ya'akov Yoré Dé'a 33 ; 'Helkat Ya'akov 1, 31 ; 'Aroukh Hachoul'han 324, 2].
D'autres encore vont plus loin en incluant le cas d'un animal malade, envers lequel on aurait une obligation de la Torah de le guérir pour lui éviter la souffrance [voir Choul'han 'Aroukh 536, 3 ; Keren Ora sur Mo'ed Katan 10b ; Ora'h Mécharim 15, 1 ; Tal Torah Nédarim 41b, voir Ritba et Méiri sur place].
Puisqu'il est peut-être question d'un ordre Toraïque, on devra s'appliquer à porter secours à un animal souffrant.
Cependant, cette obligation ne sera en vigueur uniquement si ce n'est pas trop dérangeant [voir Even Haézel Hilkhot Rotséa'h chapitre 13] et que le temps nous le permet [voir Kétavim du Rav Chlomo Zalman Auerbach Baba Metsi'a 32b ; Min'hat 'Hinoukh Mitsva 80 note 6] et que cela ne cause pas une perte d'argent importante [Choul'han 'Aroukh Harav Din Tsa'ar Ba'alé 'Haïm 3 ; Kountrass Aharon 3].
Si on ne peut pas guérir ou soigner l'animal, ou que cela est impossible, il est permis de mettre fin à ses souffrances [si on en est capable], idéalement avec un vétérinaire.
Kol Touv.