Bonjour Rav,
Doit-on dire "Mé'hila" à tout le monde ou existe-t-il des cas où il serait mieux de s’abstenir, par exemple avec des gens sur qui on a mal parlé mais qu’on ne côtoie pas, ou avec un ancien Chiddoukh, pour éviter de rouvrir la plaie ?
Merci Rav.
Bonjour,
1. La veille de Yom Kippour [ou de Roch Hachana], on a l’habitude de demander pardon à ceux qui nous entourent [voisins, amis, proches de la famille, épouse, époux, etc.], même si l’on ignore avoir causé du tort, de peur d’avoir pu blesser quelqu’un sans le savoir. Il faut surtout demander pardon à ses parents, car il arrive souvent qu’on leur fasse de la peine sans s’en rendre compte. Choul'han ‘Aroukh - Ora’h ‘Haïm, chapitre 606, Halakha 2 et 'Arokh Hachoul'han, chapitre 606, Halakha 4.
2. Lorsqu’on demande pardon à son prochain, il faut préciser la faute que l’on a commise envers lui. Mais si l’on sait que cela risque de l’embarrasser ou de lui faire honte, on ne doit pas entrer dans les détails : il suffit alors de demander pardon de façon générale. Michna Broura, chapitre 606, passage 3.
3. Si la personne offensée ignore complètement qu’on lui a fait du tort, et que le fait de le lui révéler risque de lui causer de la peine : il y a une discussion sur la conduite à adopter.
Selon Rabbi Israël Salanter, il ne faut pas lui révéler la faute, car on n’a pas le droit de faire souffrir autrui dans le but d’obtenir son propre pardon.
Mais selon le ‘Hafets ‘Haïm [Klal 4, Halakha 12], il faut lui dire la vérité, même si cela lui fera de la peine, et ce, afin d’obtenir un pardon sincère. Tel est aussi l’avis de Rabbénou Yona [Cha'aré Techouva, Cha'ar 3, passage 207]. Celui qui suit leur opinion ne commet pas d’erreur. Mais certains préfèrent adopter l'opinion de Rabbi Israël Salanter.
4. Il ne faut pas chercher à apaiser son prochain pendant qu’il est encore en colère ; il vaut mieux attendre que sa colère se calme, puis tenter de le réconcilier. En revanche, il ne faut pas trop tarder non plus : dès que l’occasion se présente et qu’il est possible de l’apaiser, il faut le faire sans attendre.
5. Lorsque l'on demande pardon, il faut montrer à la personne offensée que l’on regrette sincèrement le tort qu’on lui a causé, et insister avec sincérité, non pas simplement pour "s’acquitter de son devoir" car lorsque la personne blessée ressent la sincérité du regret et voit l’humilité de celui qui demande pardon, sa colère s’apaise naturellement, la compassion se réveille en elle, et elle ne souhaite plus que l’autre soit puni. C’est pourquoi, il est préférable que celui qui a fauté se déplace lui-même pour apaiser son prochain, plutôt que d’envoyer un intermédiaire à sa place.
Il est même souhaitable de ne pas envoyer d’émissaire au préalable pour préparer la réconciliation. Cependant, si l’on estime qu’un intermédiaire serait plus efficace ou si l’on ne peut pas se rendre soi-même immédiatement, on peut envoyer d’abord un messager, puis venir ensuite en personne.
6. Si vous faites allusion à un cas bien précis, je vous invite à me contacter par le biais du service téléphonique - Question au Rav - tous les jours, de 09h30 [heure française] à 00h30. Depuis la France, au 01.80.20.50.00. Depuis Israël, au 02.374.15.15. Tapez sur la touche 2 pour le service Question au Rav.
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.