Traduire des livres de Kabbala, permis ?

Rédigé le Mercredi 6 Janvier 2021
La question de Jean Claude S.

Bonjour,

La loi juive permet-elle de traduire des livres de Kabbale dans une langue étrangère (français, anglais...) ? Existe-t-il des restrictions ?

Bien à vous.

La réponse de Rav Gabriel DAYAN
Rav Gabriel DAYAN
24514 réponses

Bonjour,

"La traduction est un art plutôt qu'une aptitude mécanique". Si cela est vrai pour des textes simples, cela est encore plus vrai pour notre Torah qui cache de nombreuses facettes et cela est encore plus vrai pour cette partie de la sagesse divine qu'est la Kabbale. Une simple traduction de textes Kabbalistiques trahira, sans aucun doute, leur vrai sens. De nombreuses notions Kabbalistiques nécessitent certaines explications introductives sans lesquelles les textes et les idées resteront hermétiques, incompréhensibles et impénétrables. Ce sera une profanation du Nom Divin impardonnable. D'autre part, il n'est pas permis de dévoiler à tout un chacun cette partie de la Torah réservé uniquement à ceux ayant atteint un certain niveau spirituel.

Voir Talmud 'Haguiga 11b, Rambam, Hilkhot Yéssodé Hatorah, chapitre 4, Halakha 10-11 :

"Tout ce que nous avons exposé sur ce sujet n’est qu’une goutte [qui s’égoutte] d’un seau. Ce sont des notions complexes, qui ne sont toutefois pas aussi subtiles que [les concepts exposés dans] les premier et le second chapitre [Ma'assé Merkava]. L’explication de toutes les notions [exposées] dans le troisième et quatrième [chapitre] est appelée Ma'assé Béréchit. Les Sages d’antan ont enjoint de ne pas exposer ces notions en public, mais de les enseigner individuellement.

Quelle différence y a-t-il entre [les restrictions concernant l’enseignement] du concept de Ma'assé Merkava et du concept de Ma'asé Béréchit ? Ma'assé Merkava ne doit même pas être exposé individuellement ; [seuls] les intitulés sont communiqués [individuellement, et ce,] à une personne sage, à même de raisonner d’elle-même, tandis que Ma'assé Béréchit est enseigné individuellement, même s’il [le disciple] ne soit pas capable de raisonner de lui-même, on lui enseigne tout ce qu’il est à même de comprendre sur le sujet. Pourquoi n’enseigne-t-on pas [Ma'assé Béréchit] publiquement ? Parce qu’il n’est pas donné à tout le monde de comprendre le sens et l’explication de toutes ces notions, [connaissance] qui nécessite un esprit large."

Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.

Qu’Hachem vous protège et vous bénisse.

Mékorot / Sources : Rambam.
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