Bonjour Rav,
Une IA (intelligence artificielle) testée avec une grande fiabilité (suppositions), serait-il autorisé de l'utiliser dans un tribunal rabbinique comme outil d'aide au jugement ?
Merci Rav.
Bonjour,
L’usage de l’intelligence artificielle dans la recherche et la préparation d’un dossier Halakhique ou judiciaire peut, certes, présenter un intérêt : elle permet de rassembler rapidement une grande quantité d’informations, de citations, de références, et peut servir d’outil utile au Dayan ou au juge, mais, il est absolument impossible de faire appel à une intelligence artificielle pour trancher ou participer à une décision de justice entre deux parties.
Le Din-Torah exige bien plus qu’une accumulation de données. Il requiert une compréhension fine des personnes, une écoute attentive, une intuition morale, une capacité d’interroger, et un sens du discernement que seule une âme humaine, investie de Yirat Chamayim, peut posséder.
Le rôle du Dayan ne se limite pas à citer des textes : il doit avoir un flair très particulier, deviner les intentions, sonder les attitudes, apprécier la sincérité et la complexité des arguments, donc, de nombreux détails qu’aucun logiciel ne saurait gérer.
L'intelligence artificielle peut enrichir la réflexion, assister et servir d’aide technique ou documentaire, mais elle ne pourra pas juger. Le dernier mot, le Psak-Din, revient et reviendra toujours à l’homme, seul dépositaire de la mission de juger « selon la vérité et la paix ».
Il faut ajouter un point très important.
Tous les cas qui arrivent devant un tribunal ne sont pas forcément écrits noir sur blanc dans les textes. Ils sont riches et détaillés, mais la réalité l’est tout autant. Les situations changent, les circonstances varient, et il arrive que l’on se retrouve face à un cas qui ne correspond pas exactement à un exemple déjà mentionné.
Dans ce genre de situation, le rôle du juge n’est pas seulement de chercher une citation précise. Il doit étudier les faits avec attention, comparer les éléments, comprendre quels principes sont en jeu et voir à quelle catégorie Halakhique le cas peut être rattaché. S’il n’existe pas de référence directe, il faut alors raisonner par ressemblance, rapprocher la situation d’un cas similaire, en comprendre les bases et en déduire la règle qui convient.
Ce travail demande du discernement, de la profondeur et une vraie capacité d’analyse. Il ne s’agit pas simplement de trouver une information dans une base de données, mais de réfléchir, de peser les sources et d’évaluer si la comparaison est réellement valable.
Une intelligence artificielle peut proposer des textes proches ou suggérer des parallèles. Mais c’est au juge de décider si la ressemblance est pertinente, si l’analogie tient la route et si la conclusion est juste.
Même lorsqu’il n’y a pas de réponse explicite dans les écrits, la décision finale repose donc sur le jugement humain. L’outil peut aider dans la recherche, mais il ne peut pas remplacer l’analyse responsable et l’autorité du juge, qui seul peut appliquer les principes à une situation concrète et rendre une décision adaptée.
Nous sommes à votre disposition, Bé’ézrat Hachem, pour toute question supplémentaire.
Qu'Hachem vous protège et vous bénisse.