J’ai grandi avec cette petite voix intérieure qui me disait : « Attention, tu pourrais mal faire… » et je me rends compte aujourd’hui que je passais la majeure partie de mon temps à être dans la crainte.
Adolescente, cette culpabilité m’a suivie partout, et quand j’ai fait Téchouva, elle n’a pas disparu : elle s’est transformée en peur de D.ieu, peur de mal faire, peur de ne pas être à la hauteur, peur de la punition.

Et là, on touche les T-O-C (Troubles Obsessionnels Compulsifs…) spirituels. En hébreu, ça s’appelle Nervim, traduction évidente.
Je vérifie cinquante fois si mon riz est bien Cachère, si chaque aliment est correct. Comme si ma vie en dépendait, par peur d’une punition divine !!!
Et je me demande parfois : est-ce que je ne fais pas un transfert ?
Ma peur de mal agir, ce mauvais pli de l’enfance, au lieu de rester intérieure, se déplace maintenant sur chaque grain de riz !!!
Un peu comme cet ancien fan de Johnny, qui désormais se projette sur son nouveau Rav-gourou pendant sa Téchouva.
Même mécanisme, juste des objets différents !
Depuis que je suis maman, j’ai découvert quelque chose d’incroyable : l’amour inconditionnel. Celui que me donne ma fille.
Mon cœur fait un bond à chaque fois que ses petits yeux bridés sourient.
Plus encore que sa bouche, ses yeux expriment un amour pur, complet, qui ne demande rien en retour. Et là, je me dis qu’Hachem doit vraiment nous aimer, nous, êtres humains imparfaits. Si un simple sourire de bébé peut faire exploser mon cœur, qu’en est-il de l’amour de D.ieu pour nous ?
La Torah nous rappelle que D.ieu n’est pas un surveillant sévère. Il veut notre évolution personnelle, un peu comme un coach bienveillant. Il nous accompagne, Il attend notre retour vers Lui, pas notre perfection.
Aujourd’hui, je me demande : est-ce que je continue à servir D.ieu par peur et par névrose… ou est-ce que j’ai commencé à guérir mes blessures d’enfance et que je peux enfin créer avec Lui une relation de confiance et d’amour ?
Je réalise soudain que, pour m’élever spirituellement, je dois m’inspirer de nos grands-mères, qui savaient créer avec D.ieu une relation forte de confiance et d’amour.
Et si la vraie Téchouva était en fait de faire taire cette peur pathologique qui m’habite (et me fait croire que je suis pieuse…), pour m’ouvrir à une relation vivante et apaisante avec Hachem ?
Et toi… quelle petite voix entends-tu ? Celle qui te retient dans le remords et la culpabilité, ou celle qui t’inspire à avancer ?
La Maman de Sheyna






