En cette période de Pourim, je ressors mes chaussons de danse, mes pinceaux et mes rêves de liberté.
Je me souviens de mon adolescence, lorsque je portais des pantalons pattes d'éléphant, des habits colorés et que, dans mes longs cheveux noués en chignon, j'avais toujours un pinceau et au cou un médaillon « Peace and Love ».
Aujourd’hui, malgré la tourmente, je continue à porter cette même âme d’artiste et de rêveuse, avec cependant la conscience que tout vient d’Hachem, le Maître du Monde.
Nous vivons une époque où la guerre a laissé des disparus, des blessés, et où nos cœurs se serrent à chaque alarme, en priant pour la protection de nos proches.
Personnellement, je ne peux pas me réjouir de la mort de nos ennemis : mon cœur n'a pas de place pour la haine ou la vengeance ; il est déjà rempli par l'amour que je porte à ma fille.

Ce Pourim, ma Sheyna, déguisée en petite clownette avec son grand sourire malicieux et plein d'amour, me rappelle une vérité fondamentale : Hachem, le Roi du Monde, est Celui qui gouverne tout. Il a permis à un dirigeant iranien, tout comme à Haman autrefois, de se croire tout-puissant, immortel, invulnérable. Mais Il a renversé la situation, rappelant que la grandeur humaine est fragile, que l’orgueil précède la chute et que c’est Lui seul qui détient le véritable pouvoir.
Nous, femmes du peuple d’Israël, devons nous inspirer de l’humilité d’Esther. Les guerres menées dans l'histoire juive contre nos ennemis n’étaient pas par soif de sang, haine ou vengeance, mais une défense nécessaire pour protéger notre peuple, dans un esprit saint.
David Hamélekh menait des guerres pour rétablir la gloire d’Hachem avec la conscience que tout vient de Sa volonté, et que notre force ne réside pas dans la violence de nos mains ni dans nos glaives.
J’aime le judaïsme parce qu’il ne prône pas la guerre comme une fin en soi, contrairement à d’autres confessions ou idéologies. La différence est que, dans notre tradition, la force vient de la foi et de la prière, pas de la haine ou de la vengeance.
Alors en ce Pourim, ce que je souhaite transmettre à Sheyna, mon petit clown, est que notre cœur reste rempli de cette foi profonde que c’est Hachem qui dirige tout, et que notre rôle est de Lui faire confiance, de prier et d’agir avec humilité.
Tout comme nous avons vécu un véritable Pourim, où Hachem a commencé à mettre en place la victoire sur ‘Amalek, alors, avant même la fête de Pessa'h, nous vivrons avec l’aide de D.ieu, la délivrance finale et la sortie de cet exil.

La Maman de Sheyna




