Maman d’une petite fille avec trisomie 21, souvent les gens font des commentaires en mode « conseil », sans réaliser que cela peut être vexant.
Ces conseils sont adaptés à une vie parfaite. Pas à la mienne, qui ressemble à un roman où chaque page réserve une situation improbable et inattendue, un mélange entre Gaston Lagaffe et le journal de Bridget Jones. À chaque chapitre, quelque chose de complètement farfelu se produit.

Et puis arrivent ces fameuses remarques, celles qui semblent anodines mais qui frappent quand même…
« Fais du tri dans les jouets de Sheyna, ce n’est plus un nourrisson… Mais enfin !! Elle n’a pas de jeux adaptés à son âge !!? Comment pourrait-elle alors s’éveiller et se développer correctement ? »
Sheyna, malgré son âge, ne s’intéressait pas aux jeux auparavant. Et maintenant, avec son retard, elle découvre les jeux de bébé. Alors je me dis qu'avant de donner un conseil, même amical, il est important d’essayer de se mettre dans les chaussures de la personne en face.
Le principe de juger positivement son prochain ne consiste pas simplement à avoir une vision « sympa » sur l’autre.
C’est retrouver de l’empathie, ressentir l’autre et comprendre vraiment son monde, ses contraintes et sa réalité.
C’est un peu comme sur l’ordinateur : quand on veut zoomer, il y a une petite loupe avec un “+”.
Eh bien, c’est pareil : le regard positif, c’est mettre une loupe sur une situation en essayant de déchiffrer les hiéroglyphes de l’autre. Zoomer sur son monde. Puis seulement proposer un conseil.

Ma fille aime, pour le moment, les jeux de nourrisson.
Et ce n’est pas grave, c’est son rythme.
Mais moi, en tant que mère, je me sens parfois remise en question.
Pour mon interlocuteur, je ne serais donc pas capable d’acheter les bons jeux pour mon enfant, de faire le tri…
Ce n’est qu’un exemple qui semble anodin, mais qui se répète souvent.
Et nous sommes tous touchés par cela, d’une façon ou d’une autre.
Je m’invite moi-même, et je nous invite tous, à zoomer et à nous interroger : si elle agit comme cela, il y a certainement une raison.
Je veux travailler sur cette notion, à savoir mettre plus souvent les lunettes de l’autre pour comprendre avant de juger, et pour proposer un conseil avec empathie et bienveillance.

Avant de poser un jugement, puis en conséquence, d’émettre notre avis (que nous voulons bon), essayons vraiment de comprendre le monde de l’autre.
Parce que derrière chaque action, chaque choix, il y a une réalité fragile et précieuse que seul un regard attentif peut percevoir.
Et vous… avez-vous déjà reçu des remarques qui semblaient anodines, mais qui vous ont en réalité touchés ou blessés ?
Avez-vous vécu des situations délicates où vous vous êtes sentis profondément incompris et jugés ?
Partageons nos expériences de ces petits moments qui semblent banals mais qui pèsent parfois lourd.
Pour mieux comprendre, soutenir et grandir ensemble.

La Maman de Sheyna






