Vendredi dernier, ma Sheyna a eu deux ans.

Et notre vie est exactement à l'image du repas que j'ai cuisiné pour sa fête.

Sa nounou et moi, on a tout préparé ensemble, main dans la main.

Un bon chili con carne mexicain, coloré et bien chaud.

Il y a la viande hachée des jours de fatigue où l'on piétine...

Les tomates et les poivrons rouges pour l'amour qui nous anime...

Et les épices qui piquent, comme les mauvaises nouvelles qui secouent la tête...

Le Blog de ‘Hava, maman d'une petite trisomique -

Mais ensemble, on met du maïs et des haricots rouges bien solides.

Parce que, face aux épreuves, autour de Sheyna, on reste soudés.

On met tout ça dans des tacos, on croque la vie, on fait la fête.

Malgré les tempêtes, on garde le sourire.

Pour le dessert ?

Un gâteau à plusieurs couches, comme notre histoire.

Sa nounou et moi, on a empilé les saveurs et les victoires.

Tout en bas, le gâteau vanille tout rose et le pudding vanille, tout rose aussi, pour la douceur.

Par-dessus, le gâteau au chocolat et le pudding au chocolat (aussi), bien denses.

C'est notre base, notre Émouna solide, là où tout commence.

On a arrosé le tout d'un coulis de fraises des bois, de crème chantilly Parvé,

Et de plein de décos, des bonbons et des chocolats multicolores pour la vie.

Ce gâteau, c'est la surprise de ses progrès qui nous remplit de joie !

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Regardez-la : avant, elle se traînait seulement à la force des bras.

Aujourd’hui, le quatre-pattes est là. Elle va où elle veut, pas à pas.

À table, elle attrape sa cuillère, plonge dans sa bouillie toute seule.

Une victoire bien sucrée, une fierté qui efface les larmes.

Mais au milieu de toutes ces couleurs, Hachem a remis une couche un peu plus dure.

Un nouveau défi qui s'ajoute : on a découvert son problème d’audition.

Le chili devient d'un coup un peu trop épicé. Le cœur se serre, c'est sûr.

Mais avec la nounou, on va l'entourer, on va trouver la solution.

Puis samedi matin est arrivé.

Le calme de Chabbath s'est installé.

Au menu, du réconfort : un bon gratin dauphinois pour réchauffer nos cœurs.

Ces petites patates en rondelles coupent avec le rythme de la semaine.

Elles prennent le temps de cuire doucement dans le lait, sans hâte.

Puis vient le passage au four, pour que tout soit doré, parfait,

Avec plein de fromage fondant qui enveloppe tout ce qu'on a fait.

Ce gratin, c'est la douceur qui vient apaiser le piment de la veille.

C’est la preuve qu’après la tempête, Hachem nous console et veille.

Alors, je me retrousse les manches.

J'apprends la langue des signes.

Moi qui parle à cent à l'heure, sans jamais m'arrêter, il faut que je m'aligne !

Mes mains miment les mots.

Mes lèvres articulent doucement.

Sheyna apprend à avancer...

Et moi, j'apprends à ralentir le mouvement.

Comme ces patates qui cuisent lentement dans leur lait chaud,

J'apprends à savourer chaque seconde, à poser mes mots.

C'est la plus belle des leçons : elle grandit, et moi, je me pose enfin.

Et parfois, quand je vois le regard lourd des gens,

Je me dis qu’Hachem l’a cachée dans un cocon secret.

Au moins, ma fille n'entend pas les mots méchants,

Les remarques sur son handicap et les jugements discrets mais appuyés.

Son silence est un bouclier, une bulle de pureté,

Où la bêtise du monde ne peut pas entrer.

On a cuisiné, on a partagé les tacos, le chili et tout ce gâteau multicolore.

On avance en équipe, une couche après l'autre.

On est là, encore plus forts.

Bon anniversaire, ma princesse de deux ans.

Tu es notre miracle de chaque instant. 

                                                            La Maman de Sheyna